L'élection partielle dans le comté d'Argenteuil constitue un carton jaune pour le gouvernement Charest qui traverse la pire crise depuis qu'il a pris le pouvoir il y a 9 ans. Le Parti québécois a pris ce bastion libéral qui donnait de confortables majorités à l'ex-ministre David Whissel et qui a déjà été représenté par Claude Ryan.
Roland Richer, un retraité de 71 ans, a battu Lise Proulx, bien connue dans le comté et adjointe de David Whissel. Pas étonnant que le premier ministre Jean Charest, qui devait prendre la parole dans Argenteuil, ait dû changer ses plans. Pauline Marois, qui jubilait après l'élection complémentaire de Bonaventure en décembre dernier - le PQ avait progressé de 8% -, a bien des raisons cette fois-ci de connaître une certaine griserie, finies les victoires morales.
Tous les observateurs avaient les yeux fixés sur la bataille entre le PQ et la CAQ, estimant que les libéraux allaient sauvegarder les deux comtés teintés rouges.
La Coalition Avenir Québec de François Legault a raté son premier rendez-vous électoral, finissant 3ème dans Argenteuil et LaFontaine. La CAQ présentait un candidat-vedette, Mario Laframboise, ex-député bloquiste et président de l'Union des municipalités. Ce dernier est allé chercher un pourcentage de votes plus élevés que l'ADQ en 2008 (11%), drainant une partie du vote libéral, mais il ferme la marche parmi les grands partis.
Dans LaFontaine le président du PLQ, l'avocat Marc Tanguay, prend la relève de Tony Tomassi qui fait face à la justice. À souligner: la CAQ a fait une certaine percée dans ce comté en allant chercher plus de 1500 voix. En 2008, l'ADQ y avait amassé un marginal 6% de votes.
On ne peut extrapoler les résultats d'une partielle et les appliquer à une élection générale tant il y a de facteurs en jeu, notamment les enjeux locaux (les services de santé dans Argenteuil). Mais perdre un château-fort, ça fait mal et ça soulève des doutes pour un parti au pouvoir.
Des organisateurs déplorent que la crise étudiante ait occulté toute la politique et fait oublier ces deux élections. Il sera intéressant d'examiner le taux de participation.
Hier soir, le premier ministre s'est consolé en affirmant que l'élection de Lise Proulx n'est que «partie remise». Il est vrai que les électeurs dans ces deux circonscriptions auront le privilège de confirmer, ou non, leurs choix dans 3 mois à peine si on se fie aux signes avant-coureurs d'une élection générale.
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J'ai honte de la ministre de la culture, de la stupidité crasse. Daniel Griffin
Et finalement, il faut bien le dire : si bien des électeurs en ont ras-le-bol du PLQ, cette attitude est sans doute plus prévalente chez les électeurs des partis autres que le PLQ et en a peut-être poussé plusieurs à se présenter aux urnes en plus grand nombre, alors que chez les Libéraux, la seule pensée de ne pas (devoir / pouvoir) voter pour leur parti a dû en inciter plus d'un à ne pas prendre part au scrutin.
La question qui se pose, c'est donc de savoir si le résultat dans Argenteuil représente une tendance durable ou pas. Désolé d'être «le cheveu sur la soupe», mais si j'étais péquiste, je ne dormirais pas tout de suite sur mes deux oreilles.
Le PLQ a perdu Argenteuil. Soit.
Le PQ jubile. Soit.
Mais la «griserie» de Pauline Marois est-elle justifiée pour autant?
Compte tenu de la situation de crise qui perdure depuis 3 mois, il fallait s'attendre à des revirements, même dans les comtés qui sont libéraux depuis «mémoire d'hommes» [d'hommes pas si vieux, tout de même – j'ai pas dit de mémoire d'Homme (^_^) ].
Faut-il en conclure que cette victoire augure le début du futur règne du PQ? Pas si sûr.
Le PQ a remporté 36 p. cent des suffrages, contre 33 pour le PLQ. C'est dire qu'un pourcentage presque égal (31%) n'a voté ni pour l'un ni pour l'autre.
Le PQ a gagné par 501 voix de majorité. Sur 18 000 votes, le PQ et le PLQ ont respectivement récolté 6500 et 6000 votes et des poussières. Un nombre presque égal d'électeurs (5500) n'a donc voté ni pour l'un, ni pour l'autre.