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Budget de cassés avant les élections

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Le deuxième budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau, est un budget de cassés. Le gouvernement Marois se lancera donc sur le sentier électoral en misant, parce qu'il n'a pas le choix, sur l'austérité et la lucidité.

Pas de bonbons électoraux dans ce budget car on n'en a pas les moyens. Au contraire, le gouvernement péquiste ose hausser les frais de garderie de 2$ sur 2 ans et annonce que les tarifs seront indexés par la suite, une mesure qui aurait dû être prise depuis longtemps.

Le budget escompte déjà les fruits d'une hausse de tarif d'électricité de 5,8% demandée par Hydro-Québec et à l'étude devant la Régie de l'énergie.

Le ministre Marceau déclenche les hostilités avec les fédérations de médecins et les employés de l'État.

Dans le budget il fait savoir qu'il veut étaler sur une plus grande période les augmentations négociées pour les deux prochaines années. En moyenne, leur salaire a été majoré de 8,9% depuis 2008.

Dans le cas des fonctionnaires, dont l'entente viendra à échéance dans un an, il prévient qu'il y aura un plafond lié à la performance de l'économie. Selon les chiffres du ministère, la croissance de leurs revenus a été de 3,6% en moyenne.

Le budget cible les étudiants étrangers qui devront payer plus cher pour étudier au Québec.

Le ministre Marceau a surpris, par ailleurs, en lançant que des commissions scolaires seront regroupées.
On doit comprendre que les petites commissions sont menacées de disparition. Cette mesure devrait rapporter au bas mot , dit-il, 125 millions$, ce qui parait bien utopique sur une courte période.

Le budget annonce, en outre, une révision des structures gouvernementales et une ambitieuse réforme du financement dans la santé.

Le gouvernement souhaite que l'argent suive le patient ce qui remet en cause le mode de financement historique des hôpitaux. C'est une véritable révolution qui se pointe à l'horizon, révolution lancée par le gouvernement libéral. Le rapport du groupe d'experts a été rendue public avec le budget. Les cyniques croient qu'il ira rejoindre la tablette des rapports sur la santé dont on a oubliés l'existence.

Par ailleurs, pour contenir le déficit le ministre Marceau veut limiter à 3% la hausse des budgets des deux grands secteurs, santé et éducation, le reste des ministères se contentant de 0,8%. Compte tenu des coûts de système, c'est pour le moins ambitieux.

«C'est le budget dont le Québec a besoin», soutient le ministre qui confirme les constats accablants du Vérificateur général. Le Québec est pris dans un corset financier qu'il doit serrer d'un cran pour éviter la décote par les agences de crédit.

Dans ce contexte difficile, on aurait dû éviter dans le texte de ce budget les formules ronflantes du type «maîtres et prospères chez nous», «nous reprenons le flambeau...et les rênes de notre économie».

Ce budget ne sera pas voté, le nom ferme des deux oppositions fournit à la première ministre Pauline Marois le prétexte qu'elle attendait pour «tirer la plug» avant que l'opposition ne le fasse.

C'est fou ce que le discours du PQ a changé depuis 18 mois, on croirait au retour des Lucides.

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