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Aussant, le mal du pays

11/09/2014 08:30 EDT | Actualisé 11/11/2014 05:12 EST

Difficile de dire pour le moment si Jean-Martin Aussant sera de la course au leadership du Parti québécois.

Curieux que, dans la même semaine, justement celle où se tient un caucus péquiste, il fasse parvenir une lettre - «Si j'étais militant péquiste» - au Devoir et reçoive l'onction de Jacques Parizeau. Dans une entrevue à Paul Arcand, l'ancien premier ministre a en effet professé la grande admiration qu'il voue à celui qui serait son héritier naturel.

On décode que les souverainistes pressés s'organisent et n'adhèrent pas tous aux idées de Jean-François Lisée et Bernard Drainville qui cherchent à échapper au carcan du calendrier référendaire. Les deux candidats potentiels évacuent, on le sait, la tenue d'un référendum dans un premier mandat au gouvernement.

Aussant est de l'école de Parizeau qui avait poussé la tenue d'un référendum, un an et demi après son élection malgré des augures assez mauvais. «Je m'inquièterais certainement qu'on propose de repousser l'audace à un deuxième mandat lors qu'elle n'aura jamais autant de traction qu'en arrivant au pouvoir. Retarder l'audace, c'est ne pas en avoir. Reporter une urgence, ce n'est pas la reconnaître. Je crois fermement que des convictions assumées peuvent encore faire gagner des élections», a-t-il écrit depuis son observatoire londonien. Vlan dans les dents !

L'ancien chef d'Option nationale (ON) lance une charge dévastatrice quand il affirme que s'il était péquiste, il ne confierait pas le Costa Concordia au même équipage. D'ex-ministres et conseillers politiques sont sûrement tombés de leur chaise en se faisant qualifier de naufrageurs (ce qui rappelle incidemment un livre de Jean-François Lisée). Il faut reconnaître que la campagne électorale de Pauline Marois a été l'incarnation de l'amateurisme et de l'absence de gouvernail.

Certains se demanderont pour qui se prend Jean-Martin Aussant.

Je sais qu'il existe un buzz médiatique à son endroit, qu'il est musicien, qu'il a fondé un parti indépendantiste sans artifice, qu'il a un bagage académique impressionnant et occupé des postes importants dans le monde de la finance. En termes de résultats électoraux, c'est plutôt mince. Député discret, pour ne pas dire obscur, de Nicolet-Yamaska, il a fait parler de lui en quittant le PQ en désaccord avec sa chef sur la souveraineté. Il a fondé ON dont il était le leader incontesté, mobilisé une certaine jeunesse, qu'il a abandonnée quand il a réalisé bien tardivement qu'il préférait être près de sa famille.

Option nationale a séduit les médias, mais pas l'électorat: 0,73% du vote en 2014 (Aussant n'y était plus) et 1,89% en 2012 soit 82 539 votes. Il a été battu en outre dans son comté. Si j'étais un militant ONiste je lui en voudrais d'avoir lâché si rapidement.

On devrait cependant savoir bientôt s'il lorgne la cabine du capitaine.

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