LES BLOGUES

Au jeu de la séduction, Lisée a perdu

23/05/2017 06:58 EDT | Actualisé 23/05/2017 06:59 EDT

Le chemin des victoires de Jean-Francois Lisée a frappé un mur. Québec solidaire lui a fait un bras d'honneur en fin de semaine.

Le chef du Parti québécois a tout misé sur la thèse improbable de la convergence PQ-QS pour battre les libéraux aux élections de 2018, comme si l'on pouvait additionner bêtement des solidaires et des péquistes aux convictions bien trempées, sous prétexte qu'il sont indépendantistes et «progressistes».

Le programme de QS est beaucoup trop à gauche pour un parti qui navigue au centre avant les élections et à droite quand la situation l'oblige.

En optant pour cette stratégie, le chef du PQ concédait que sa formation politique est incapable dorénavant de prendre le pouvoir seule. C'est un aveu de faiblesse pour le parti des René Lévesque et Jacques Parizeau

Le député Pascal Bérubé, leader de l'opposition en Chambre, s'est fait remonter les bretelles après avoir dit, bien candidement, que le PQ ne peut gagner sans l'appui des solidaires.

Même la décision de reporter la tenue d'un référendum au-délà de l'horizon politique n'a pas à ce jour ramener les électeurs au PQ.

Deux sondages dévoilés au cours des derniers jours indiquent que le PQ perd du terrain et est devancé par la CAQ de François Legault.

QS a littéralement niaisé le PQ, multipliant les délais et les propos contradictoires sur la convergence. Jean-François Lisée et Véronique Hivon ont fait les yeux doux à Amir Khadir et Manon Massé avant de donner un laissez-passer à Gabriel Nadeau-Dubois pour se faire élire dans Gouin.

C'était bien mal mesuré le ressentiment et la méfiance que bien des solidaires nourrissent envers le PQ. QS grignote des points dans les sondages, mais il peut difficilement gagner des comtés en dehors de la serre chaude de l'est de Montréal.

L'intérêt politique de QS est de détenir la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire, peu importe sa couleur, comme le faisait le NPD au niveau fédéral. Une alliance circonstancielle permet aux gauchistes de préserver leur virginité et de ne pas être liés par les décisions impopulaires d'un gouvernement.

Le sondage du Journal de Québec de samedi révèle que les Québécois sont préoccupés par les urgences dans les hôpitaux (38%), les impôts et les taxes (28%), l'emploi (21%), la gestion de l'État (20%), la corruption (à peine 16%)... La langue et la culture ferment la marche à 9%.

Jean-François Lisée a commis une erreur stratégique majeure. Le chemin des victoires, s'il existe pour le PQ, devait prendre à droite, sur le territoire de la CAQ, pas à gauche. C'était peut-être trop demander à l'auteur du livre «Pour une gauche efficace».

Au jeu de la séduction le chef de l'opposition a perdu et a quelques mois pour convaincre les Québécois que le PQ est toujours l'alternative au quasi-monopole libéral.