LES BLOGUES

Ping-Pong, 5e partie: Le magasinage en ligne ou en boutique?

27/12/2014 09:56 EST | Actualisé 26/02/2015 05:12 EST

Grégory Casper et Dominique Trudeau, tous deux publicitaires et chroniqueurs, continuent aujourd'hui leurs parties de Ping Pong, la 5e de 26 parties sur la société de consommation du 21e siècle.

pingpong

À suivre toutes les deux semaines dans le Huff.

--

Skype

26 décembre 2014

Montréal 12:23

Paris 18:23

Doop, Doop Doop,

DT : Salut !

GC : Salut Dom ! Dis-moi, j'ai l'impression que ça y est, c'est l'hiver chez toi ! Chez moi à Paris, il fait tout gris, mais chez toi c'est tout blanc, non ?

DT : Oui et non, il y avait un gros manteau de neige sur la montagne et dans la forêt. Et les rues étaient toutes blanches avec de gros bancs de neige partout. Un sacré beau début d'hiver... Mais la pluie à un peu gâcher le paysage. Un autre truc à noter : il y a beaucoup plus d'actions dans ma banlieue profonde... Une myriade de petits camions de Postes Canada, de Purolator et de UPS sillonnent nos rues enneigées. Une vraie chorégraphie digne de la scène des camions dans le film « Charlie et la chocolaterie »!

GC : Charlie est la Chocolaterie ? Rien que ça ? ;) Tu veux dire que tout ça, c'est les traîneaux du Père Noël numérique ?

DT : Oh oui ! Il y en avait tout plein avant Noël et encore cette semaine ! J'ai comme l'impression que les Québécois magasinent de plus en plus en ligne.

GC : Ici aussi, plus du tiers des cadeaux de Noël ont été commandés via le web. Il y a toujours beaucoup de monde dans les rues et les magasins sont pleins comme si tout était gratuit, mais les Français achètent aussi beaucoup sur le web. Toi ça donne quoi ta ration de magasinage web / boutique ?

DT : Près du quart le planifiait. Une légère hausse d'environ 3 points par rapport à 2013. Ça augmente d'année en année. Tranquillement, mais sûrement.

GC : Moi j'avoue sur ce coup je ne suis pas dans la moyenne. 100% de mes cadeaux de Noël je les ai acheté en "physique". Je trouve que magasiner et acheter en physique ça fait partie du plaisir. J'aime l'expérience shopping. Toi ?

DT : En fait, tu es plutôt dans la grande majorité. Deux tiers des gens chez toi et trois quarts des gens ici pensent probablement comme toi, ou ont d'autres raisons pour ne pas « shopper » en ligne. C'est encore beaucoup. Si J'aime l'expérience de magasinage « physique »? Naturellement. Bon, pas nécessairement quand c'est la folie de Noël et du Boxing Day, mais sinon, oui, j'adore me promener, toucher et même parfois marchander dans les boutiques. Mais ça ne nous empêche pas de magasiner une partie de nos achats en ligne. À Noël comme le reste de l'année. En fait, ce nous aimons beaucoup à la maison, c'est mélanger les genres. Magasiner physique, acheter en ligne ce qui n'est pas disponible en magasin et... parfois retourner certains achats... physiquement. Pas mal efficace comme système. Vous, votre expérience/historique d'achat en ligne, c'est comment?

GC : J'avoue que ça dépend beaucoup des produits. En général les produits achetés en ligne sont ceux qu'on ne trouve pas en magasin. C'est donc d'abord une condition d'accès. Ensuite c'est la recherche du meilleur prix et de la bonne affaire. Les sites ne sont pas soumis aux mêmes lois sur les promotions ou les soldes par exemple. Le luxe lui, même s'il est parfois acheté en ligne, profite d'une réelle expérience enrichie en magasin. Les gants blancs, le fait qu'on t'ouvre la porte en te disant, « Bonjour Monsieur », tout cela compte quand on rentre dans une maison, même pour seulement « regarder ». Ce qui est impossible en ligne.

DT : Accès et prix... c'est bien pour ça naturellement. Ici, le « Bonjour Monsieur », on le veut pas mal discret et le plus souvent inexistant... mais oui, l'expérience magasin est unique et irremplaçable. En fait, un autre inconvénient assez majeur que je trouve à l'achat en ligne c'est au niveau de l'achat local ou hyper local. Un peu à la manière des grandes surfaces qui s'installent dans certaines localités, le magasinage en ligne à grande échelle pourrait asphyxier encore davantage les petits commerces locaux qui ne sont pas les mieux équipés à se battre dans cette nouvelle arène commerciale.

GC : Oui je suis d'accord avec toi et quand on parle de local ou d'ultra local on pense avant tout à l'alimentation et à la nourriture, mais j'ai eu le problème avec mon livre. Par exemple, quand j'ai parlé de mon livre à Montréal on m'a de suite demandé où on pouvait le trouver. Et j'étais fier de dire qu'il était distribué par Archambault par exemple. Mais en fait je me suis rendu compte que les gros distributeurs n'étaient pas du tout les préférés des Québécois et que j'aurais mieux fait d'essayer d'aller voir des petits libraires de quartiers. Au final les personnes qui ont acheté mon livre ici l'ont surtout fait via Amazon, ce qui prouve bien ce que tu dis. Pour revenir à l'alimentaire et à l'ultra local, il y a en France quelques coopératives et des sites internet tels que lemarchecitoyen.net ou lepanierpaysan.com qui proposent des paniers bio de fruits et légumes (voire de viandes) issus de fermes proches, pour manger local. Je crois que chez vous c'est équiterre, qui propose ça. Ce sont des services que tu utilises?

DT : Nous sommes en régions, nous avons donc un accès direct un producteurs, aux fermes, sans passer par les paniers. Le local, oui, c'est l'alimentation, mais c'est vrai que c'est aussi les petites boutiques, les artisans, les librairies de quartier qui sont souvent à fois productrices et distributeurs. Quand c'est possible, c'est notre devoir d'encourager l'économie locale et la vie de quartier ou de village. C'est préserver le tissu social ainsi que notre qualité de vie à tous. Et après tout, c'est bien de mettre le nez dehors et prendre l'air quelques fois! Mais attention aux camions de livraison. Il y en a partout alors il faut bien regarder avant de traverser la rue ;)

GC : Surtout quand ça glisse par chez vous ! Ici le problème c'est plutôt le sérieux de la Poste ou de Chronopost, les Français qui nous lisent comprendront ce que je veux dire !

DT : ;-) Et que dirais-tu de parler de qualité et de durabilité dans notre prochain Ping-pong? La culture d'obsolescence est omniprésente... Faudrait bien en jaser, tu veux bien ?

GC : Avec plaisir ! D'autant que j'ai dû acheter une nouvelle machine à laver (lave linge) il y a 2 mois, alors même qu'une seule pièce aurait suffi pour la réparer... Je te raconterai ça !

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

La folie du Black Friday

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter