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Le féminisme au Québec est mal en point.

Le Conseil du statut de la femme a totalement été neutralisé par les Libéraux.

22/09/2017 06:00 EDT | Actualisé 22/09/2017 09:55 EDT
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Le début de cette trahison de la cause des femmes a commencé en 2009 alors que la FFQ se plaçait dans une position de défense du voile islamique pour les fonctionnaires et ouvrait la porte tout grand à des femmes qui militaient en faveur de l'islam politique.

Lise Ravary du Journal de Montréal rapporte, jeudi, une information intéressante au sujet de la FFQ qui mérite qu'on s'y attarde. Fania Noël, à l'origine du camp d'été décolonial interdit aux Blancs, en France, durant l'été 2016, occupe présentement un poste de responsabilité de première vue à la FFQ. Elle en est la coordonnatrice générale. Cette militante racialiste venant de la mouvance française des Indigènes de la République est généreuse lorsque vient le moment de parler de sa posture féministe. Quiconque souhaite se familiariser avec sa pensée peut le faire en tapant son nom sur Google. Si Fania Noël avec son féminisme sectaire, fermé aux hommes et aux Blancs, se retrouve à ce poste-là, c'est bien parce que la FFQ est devenue l'ombre d'elle-même.

Tout ça me pue au nez. Les grandes perdantes sont les femmes. Le Québec en entier.

Pendant ce temps-là, alors que les contre-pouvoirs se retrouvent ainsi amoindris, des militants identifiés à la gauche (enfin une certaine gauche on s'entend) multiplient les quolibets en direction de féministes laïques en les traitant «d'islamophobes» alors qu'elles défendent une version universaliste du féminisme.

2009, une année charnière pour la FFQ

Le début de cette trahison de la cause des femmes a commencé en 2009 alors que la FFQ se plaçait dans une position de défense du voile islamique pour les fonctionnaires et ouvrait la porte tout grand à des femmes qui militaient en faveur de l'islam politique. Il se jouait, alors, quelque chose de fondamental que peu d'analystes avaient saisi. Car là où les islamistes débarquent, la situation des femmes finit toujours par se corser.

Quant à moi, je dénonçais vigoureusement cette attitude avec d'autres femmes courageuses comme Louise Mailloux. Ma lettre: J'accuse la FFQ de trahir le combat des femmes avait fait le tour du Québec. À vrai dire, cette dérive n'a jamais cessé. Avec le temps, elle s'est même accentuée. Rappelez-vous de l'exclusion en 2012 de nos deux amies, Leila Lesbet et Michèle Sirois, lors des États généraux sur le féminisme organisés par la FFQ ? Les raisons évoquées étaient bien vagues. Cependant, la rupture idéologique entre les pro-voiles et les anti-voiles dans la fonction publique était réelle.

Le Conseil du statut de la femme et ses potiches

Mais encore là en 2009, nous avions un Conseil du statut de la femme (CSF), puissant et visionnaire, qui s'opposait à la FFQ et défendait fermement l'interdiction du port des signes religieux dans la fonction publique. L'autorité de Christiane Plechat sa présidente était incontestable. Elle tenait le fort, avec comme seule boussole, les droits des femmes. Le syndicat de la fonction publique allait dans ce sens, avec une femme à sa tête, Lucie Martineau. La neutralité religieuse était, donc, dans l'air du temps. D'ailleurs, quoi de plus naturel qu'étendre la neutralité politique à la neutralité religieuse?

Le Conseil du statut de la femme a totalement été neutralisé par les Libéraux.

Où en est-on aujourd'hui? Le Conseil du statut de la femme a totalement été neutralisé par les Libéraux. On y nomme des amies, des potiches de service qui font ce que les officines officielles attendent d'elles. En cette matière, la capacité de corruption du système libéral s'avère très efficace. Certaines femmes se montrent très «conciliantes», d'ailleurs. Je dirai même qu'au Québec, on ferme facilement la gueule aux gens. Je sais, ce n'est pas très gentil d'écrire ça. Mais bon. Que voulez-vous, lorsque Louise Cordeau, nouvelle présidente du CSF, déclare que l'égalité des droits entre les hommes et les femmes est «presque acquise» et qu'elle n'a pas l'intention de se prononcer sur le port du voile intégral dans l'espace public, voilà qui me chagrine un peu. Beaucoup même. Un poste l'attend probablement à Paris ou à Londres. S'il n'y a plus rien à faire, pourquoi ne rentre-t-elle pas chez elle? Quand la lâcheté est promue au sommet de l'État, comment se surprendre de cette impuissance qui frappe le Québec?

Un petit détour par l'Algérie

Alors, pour me remonter le moral, je vais glaner des nouvelles du côté de la presse algérienne. Sait-on jamais? Et là, devinez quoi? J'apprends que l'État interdit le port du voile intégral dans les établissements scolaires. Tiens, donc! Il se trouve que celle qui est à l'origine de cette décision est une femme, Nouria Benghabrit, (elle n'a rien avoir ni avec la FFQ ni avec le CSF, ça, c'est certain). Je l'ai connue alors que j'habitais en Algérie et que nous militions ensemble dans le même parti politique. C'est une femme solide qui n'a peur de rien.

Voilà un pays où l'islam est religion d'État qui interdit le voile intégral dans ses établissements scolaires alors qu'au Québec, on tourne au rond depuis des années, sans jamais prendre de décision. Je ne comprends pas. Vraiment pas. Pire encore, Ottawa s'agite, parce qu'on affiche une timide volonté d'aller de l'avant. Hé Ottawa, on t'a pas sonné !

Mon père, un homme doux, humble et cultivé est d'une grande intransigeance en politique lorsque vient le moment de traiter de la question de l'islamisme. Il est tellement prévisible. Il garde toujours la même ligne vis-à-vis de l'islamisme. C'est NON. Convaincu qu'aucune discussion ne peut être envisagée entre démocrates et non-démocrates. Car toute «entente» tourne toujours à l'avantage des non-démocrates. Seuls les démocrates sont capables de tenir compte de l'autre. Alors, la stratégie des non-démocrates consiste à arracher le maximum de compromis jusqu'au moment où ils sont en mesure de renverser la table. J'avoue que notre expérience algérienne, forgée dans la résistance, nous aide à garder le cap vis-à-vis de l'islamisme. Nos amis démocrates iraniens nous ont aidés à trouver notre chemin pour adopter la meilleure attitude.

C'est peu dire que leur expérience nous a servis.

Et la nôtre à qui servira-t-elle ? Je me le demande bien.

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