David Boudeweel-Lefebvre

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Le train de Mitt Romney peut enfin quitter la gare

Publication: 8/04/2012 09:00

À l'issue de sa triple victoire lors des élections primaires de mardi dernier, Mitt Romney est désormais de facto le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine de novembre prochain. En l'emportant au Maryland, à Washington D.C. et, surtout, au Wisconsin, l'ancien gouverneur du Massachusetts a littéralement largué ses adversaires dans son sillage. Il est officiellement passé du statut de grand meneur à celui de l'inévitable nominé.

Dans cette course à la présidence à deux vitesses, qui prend souvent des allures de marathon, Mitt Romney a franchi la première étape: celle d'être choisi par les membres de sa propre formation politique. À l'heure actuelle, les opposants de son propre parti en sont réduits à jouer le rôle de figurants. Ou bien ils seront des trouble-fêtes occasionnels jusqu'à la convention républicaine de la fin août, ou, pire encore, la poursuite d'une course sans espoir les transformera progressivement en politiciens ridicules et revanchards.

Après avoir obtenu de nombreux appuis au sein de l'élite du parti républicain ces dernières semaines, Mitt Romney en accumulera sûrement davantage d'ici la prochaine soirée d'élections primaires qui se tiendra le 24 avril prochain. Lors de cette soirée, il pourrait donner le coup de grâce à Rick Santorum en l'emportant en Pennsylvanie, État dont Santorum était le représentant au Sénat. Déjà largement en avance dans la course aux délégués, Romney n'a même plus à craindre une défaite occasionnelle aux mains du candidat conservateur. Le momentum anti-Romney recule rapidement et c'est peut-être là le changement le plus significatif de cette saison de primaires et de caucus.

Maintenant que le candidat Romney a su stopper et endiguer la vague crée par ses opposants, il doit désormais s'ingénier à rebâtir un large consensus au sein de son parti afin d'avoir les coudées franches face à Barack Obama. Afin de dissiper les doutes sur sa candidature et de ramener au bercail les électeurs les plus conservateurs de son parti, Romney et son équipe n'auront peut-être pas à trimer aussi dur que certains commentateurs politiques le pensent. Les électeurs américains plus à droite sont tellement contre le président qu'ils appuieraient probablement n'importe quel candidat républicain qui se présenterait contre lui.

Sept mois nous séparent de l'élection américaine. Les sondages actuels placent grosso modo Obama et Romney au coude à coude. Au cours des prochains mois, j'aurai l'occasion de suivre cette campagne et de commenter l'actualité américaine en général. J'aurai le plaisir de vous faire part de mes analyses et réflexions. Bonne campagne à tous!