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La dynamique économique en Israël

24/05/2015 09:12 EDT | Actualisé 24/05/2016 05:12 EDT

La journée-conférence du 29 avril 2015 organisée par l'Institut canadien de recherche sur le judaïsme a été l'occasion d'échanges des plus enrichissants entre chercheurs, universitaires, industriels et financiers israéliens et canadiens. Les participants ont pu comparer les systèmes éducatifs et les moyens mis à la disposition des chercheurs pour matérialiser et commercialiser leurs inventions. Les présentes lignes présentent une vue d'ensemble des capacités scientifiques et technologiques en Israël.

Les succès de la haute technologie israélienne et les six prix Nobel en sciences confirment l'existence d'un capital intellectuel bien exploité en Israël. Ce pays a la plus haute proportion de scientifiques et d'ingénieurs au monde, soit 145 pour 10 000 habitants. Qui plus est, Israël a le plus grand ratio de startups par habitant, et plus de la moitié de ses exportations dérivent du secteur de la haute technologie.

Le Moyen-Orient est une région instable. Néanmoins, Israël s'y épanouit: chaque année, 3,5 millions de touristes visitent ce pays de 7,5 millions d'habitants. Plus de 350 compagnies étrangères effectuent leur recherche et développement en Israël. Parmi les grandes compagnies qui ont établi des succursales de recherche en Israël, citons Intel, Apple, Motorola, Facebook et Google. Durant la seule année de 2014, 75 acquisitions de savoir-faire israélien par des multinationales ont totalisé près de 15 milliards de dollars.

Ces succès s'expliquent entre autres par la proportion du PIB israélien consacré à la recherche et au développement, qui est la plus élevée au monde: 4,2% (comparé à 1,9 % pour le Canada et 2,2% pour la moyenne des pays de l'OCDE).

Des incubateurs offrent un premier fonds de démarrage aux chercheurs, et les équipes multidisciplinaires sont encouragées. Le nombre de compagnies israéliennes inscrites au NASDAQ est le quatrième en importance après la Chine et le Canada, et leur valeur globale s'élève à 58 milliards de dollars. Les brevets des sept grandes universités du pays génèrent des royautés annuelles de l'ordre de 360 millions de dollars.

La liste des produits israéliens de haute technologie est longue. Citons quelques échantillons parmi les plus connus.

En informatique: les processeurs Pentium et Centrino, la clé USB et les pare-feux informatiques de Checkpoint.

Dans le domaine de la médecine: la caméra Pillcam utilisée pour la gastro-exploration, la tomodensitométrie (CT scan), la coloscopie virtuelle, la mesure et l'injection d'insuline pour les diabétiques, le moniteur respiratoire pour la protection contre le syndrome de mort soudaine du nourrison.

En pharmacologie: remèdes efficaces tels le Levodopa pour ceux qui souffrent de la maladie de Parkinson, Copaxon et Laquinimod pour ceux qui sont affectés par la sclérose en plaques. L'entreprise pharmaceutique Teva, dont le chiffre d'affaires pour l'année 2014 est de 20 milliards de dollars, est le plus important producteur de médicaments génériques.

Israël lance ses propres satellites de surveillance et de communication, ses avions sans pilote, et développe une gamme de systèmes antimissiles révolutionnaires. D'immenses champs d'énergie solaire suppléent au manque de ressources naturelles, mais des découvertes récentes de gisements de gaz assurent enfin une indépendance énergétique, et des accords de distribution ont été conclus avec l'Égypte et la Jordanie. Par ailleurs, les cinq centres de désalinisation de l'eau de mer et le recyclage des eaux usées en agriculture créent des surplus d'eau potable. L'irrigation goutte à goutte a également permis de développer une agriculture florissante en milieu désertique.

Pour revenir au domaine de l'éducation, le modèle du Technion (école d'ingénieurs) israélien est repris à l'île de Roosevelt à New York aux États-Unis, à Skolvoko en Russie et à Shantou en Chine. En outre, les cours à distance se font en hébreu, en anglais et en arabe, et nombreux sont les étudiants du Moyen-Orient qui y sont inscrits. Cette collaboration qui se fait en dépit des relations délicates avec les États de la région constitue peut-être un espoir de collaboration scientifique future à l'image de ce qu'elle fut durant l'âge d'or andalou.

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