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Rien ne pourrait être plus loin de la vérité

12/12/2013 11:24 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Dans une vidéo qui circule largement sur le web, et qui a été tirée d'une conférence que j'ai prononcée à Berkeley il y a plusieurs années, je fais état d'une stratégie à laquelle des médecins de la ville américaine de Seattle (et subséquemment de plusieurs villes italiennes) se sont livrée afin de tenter de minimiser les effets dévastateurs de l'infibulation pratiquée auprès de jeunes filles par des communautés somaliennes récemment arrivées aux États-Unis. Le «Seattle Compromise» consistait à effectuer en clinique un marquage génital auprès de ces filles, afin de leur éviter la mutilation anatomique et les infections occasionnées par la pratique plus radicale qui leur était imposée dans leurs communautés.

Ces médecins ont agi en désespoir de cause, voyant arriver dans leurs cliniques des fillettes dans des états de santé souvent critiques. Doutant de la capacité des autorités à éradiquer la pratique, ils ont agi afin de minimiser les torts causés par cette pratique (et non afin de proposer un «accommodement raisonnable» à ces communautés).

En dépit de ces considérations, je m'oppose à ce compromis, comme l'a fait la American Paediatric Association. Même dans sa version modérée, cette pratique reconduit des valeurs patriarcales selon lesquelles la sexualité de la femme doit être contrôlée comme condition de son éligibilité au mariage, valeurs contre lesquelles les démocraties libérales doivent se dresser. Et sur le plan plus pragmatique, des sociologues américains ont réussi à organiser des «cérémonies d'abandon» auprès de certaines communautés concernées qui ont mené dans ces communautés à la disparition durable de la pratique de l'infibulation. Je fais état de cette stratégie dans plusieurs de mes textes récents. Son succès donne espoir qu'il existe des modes d'intervention efficaces qui donneront lieu à la disparition de cette pratique.

Je tenais à apporter cette précision, puisque j'apprends qu'un texte circule selon lequel j'aurais apporté mon aval au «Seattle Compromise», et que par surcroît je l'aurais fait au nom de l'«accommodement raisonnable». Il s'agit tout simplement d'une erreur quant à ma position. Je choisis de faire l'hypothèse que cette erreur a été commise de bonne foi par le blogueur du Huffington Post Québec, plutôt que, par exemple, dans la volonté de me discréditer comme contributeur au débat sur la Charte.

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