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<em>Malphas 4 - Grande liquidation</em>, de Patrick Senécal: l'aventure prend fin

05/10/2014 08:04 EDT | Actualisé 05/12/2014 05:12 EST

L'invitation est trop belle. Quelques heures en compagnie des personnages excentriques de la série Malphas, la tétralogie de Patrick Senécal. Cette fois, place à Grande liquidation. Un dernier tour de piste au village de Saint-Trailouin et puis s'en vont. Attention à ne pas être emporté dans cette gigantesque tourmente.

style="float: Tous ces milliers de lecteurs qui ont suivi la série ne voudront pas manquer cet ultime épisode. Une virée définitive avec le professeur Julien Sarkozy, Simon Gracq, et tous les autres, bons comme mauvais. Lors de la dernière aventure, Sarkozy était contraint de quitter Saint-Trailouin, son fils étant menacé de mort. Profitant du départ de celui-ci pour la France, l'ex-professeur parvient à convaincre Gracq, entretemps devenu une loque, de reprendre la route pour aller jusqu'au bout du mystère et mettre à jour tous les secrets qui croupissent dans la cave du cégep.

Bien évidemment, tout ne se déroule pas comme prévu, mais je ne vous dirai ni comment ni pourquoi! Sachez seulement que l'aboutissement de cette fascinante série est une sorte d'apothéose grotesque qui ressemble, à certains points de vue, à la scène de la fuite dans La Cage aux folles. Une finale sur fond d'affrontement entre les forces de l'ordre, les carrés rouges et les étudiants, sous l'œil de témoins impuissants et de corbeaux monstrueux. Un véritable désordre hérétique!

S'il est vrai que Malphas 4 -- Grande liquidation résout toutes les énigmes posées d'un roman à l'autre, il reste cependant une vague impression que la faconde créatrice, drolatique et délirante des personnages a atteint son terme. Les envolées lyriques d'un Gracq, cette enfilade de phrases torturées, hachées de synonymes, viennent à lasser, de même que le coulis de venin d'un Sarkozy, toujours prêt à comparer les pires situations, prises de position et idioties à une quelconque zézette québécoise.

Grande liquidation arrive à élucider l'impossible, mais aurait été mieux servi par un roman un peu moins touffu. L'inventivité des trois premiers épisodes est tout aussi présente, mais ne suscite plus autant de surprises malgré ses scènes extravagantes. Le créateur halluciné est devenu un comptable délirant qui s'acharne à relier les fils pour dénouer les énigmes et les mystères laissés pendants dans les autres tomes.

La folle imagination de l'auteur est au rendez-vous alors qu'il parvient à débrouiller certaines situations inextricables, parfois à coups de baguette magique. Puisque la série Malphas amalgame humour, horreur et fantastique, il n'y a pas lieu de se priver. Je soupçonne d'ailleurs fortement que l'auteur a toujours su comment l'aventure se finissait et que toutes les tribulations précédentes étaient une déconstruction à partir de la finale.

Malphas est terminé. Place à l'après-Malphas. Le brillant romancier est allé se ressourcer dans l'humour et le délire. Souhaitons que la suite de son œuvre soit aussi relevée et enlevante!

Patrick Senécal, Malphas 4. Grande liquidation, Éditions Alire. Septembre 2014. 587 pages. Livre et Ebook.

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