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«La Noirceur» de François Lévesque: fantastique roman!

13/09/2015 08:50 EDT | Actualisé 13/09/2016 05:12 EDT

Comme c'est encore l'été, je me permets une courte infidélité au polar pour aborder un roman fantastique de François Lévesque, La Noirceur. Un petit frisson rafraichissant!

Guillaume vit une grande perturbation. Il emménage dans la maison de son enfance, près de Sorel, suite au décès de son papa. Son épouse l'a abandonné, lui et leur fille adolescente. Il n'a jamais évoqué ses parents: sa mère internée en psychiatrie, ce père qui vivait en ermite, ainsi qu'une sœur jumelle portée disparue depuis trente ans. Il doit des explications à sa fille Daphnée, qui, tout à sa crise d'adolescence, a tourné son incompréhension et sa colère contre lui. Comme si tout n'allait pas assez mal, Guillaume ne peut se douter que la maison hantée par les souvenirs leur réserve d'atroces surprises.

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À travers un roman fantastique, François Lévesque en profite pour examiner avec doigté la complexe relation père-fille dans un contexte de crise et, par extension, la psyché adolescente à l'ère 2.0. L'évolution de cette relation se fait petit à petit, parallèlement aux manifestations fantastiques qui parsèment leur quotidien. La maison dissimule de nombreux secrets qui vont être révélés l'un à la suite de l'autre, sans violence inutile, tels une ombre qui se déplace, une illusion d'optique, un bruit, une porte qui s'ouvre, un marteau animiste qui refuse de rester sur l'établi.

Cette mise en place permet de suggérer une indicible menace plutôt que de la montrer. Graduellement, la peur s'installe alors que les protagonistes n'ont aucune conscience des étranges événements autour d'eux. Le mystère qui s'insinue par le biais d'infimes détails crée une tension d'une grande efficacité.

On saura ici gré à l'auteur d'avoir su éviter les pièges cinématographiques qui attirent un personnage ou l'autre («cherchez la femme») exactement à l'emplacement où le spectateur sait qu'il ne doit pas aller! Pas de ça, ici. Il n'y a pas de scène absurde, pas de tête arrachée, ni de membre déchiqueté. On pourrait presque dire dans ce contexte qu'il s'agit d'un fantastique ordinaire, mené avec intelligence.

La Noirceur de François Lévesque est un roman d'effroi efficace, construit avec une narration qui va à l'essentiel et ponctué de nombreux dialogues qui sonnent juste. Un subtil mélange de psychologie et d'horreur sans la sempiternelle violence du genre.

François Lévesque, La Noirceur, Éditions Alire, août 2015, 256 pages.

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