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<em>7 Jours</em> de Deon Meyer: il était une fois une énigme

11/07/2013 12:12 EDT | Actualisé 10/09/2013 05:12 EDT

On ne peut pas tout lire, connaître tous les auteurs, anciens et nouveaux. C'est impossible, hélas! Me voici donc devant un auteur dont j'ai souvent entendu parler, en bien, le Sud-Africain Deon Meyer, que je pratique pour la première fois, que j'étrenne, pour tout dire...

style="float: L'enquête sur le meurtre de l'avocate Hanneke Sloet était abandonnée faute de pistes, lorsque des courriels parviennent à la police les menaçant de descendre un policier tous les jours s'ils ne reprennent pas les investigations et n'arrêtent pas le coupable. Rapidement, un agent est abattu. Les policiers du Cap doivent faire vite. Benny Griessel est chargé de reprendre l'enquête sur le crime non résolu cependant que l'enquêtrice Mbali cherche à dénicher le tireur.

Si vous appréciez le roman policier procédural, 7 jours de Deon Meyer en est le prototype idéal. Une double enquête sur une période définie. Impossible de deviner à l'avance le coupable puisque nous découvrons les indices en même temps que les enquêteurs. Un aspect de ce polar qui est donc très réussi.

Pourquoi donc ne suis-je pas trop emballé?

Je ne sais si la traduction a quelque chose à faire dans mon appréciation de l'écriture de Deon Meyer, aussi, je ne voudrais pas trop m'avancer sinon pour dire que c'est faiblement écrit (ou traduit) avec de nombreuses répétitions des mêmes mots, ce qui devient irritant.

Le polar piétine longuement avant de devenir trépidant. L'histoire est intéressante, certes. Un tireur qui descend des policiers afin de leur forcer la main, qui s'amuse à brouiller les pistes. Les forces de l'ordre soumises au stress de reprendre une enquête et de la mener à terme.

Mais une histoire, aussi bonne soit-elle, ne fait pas un roman.

Ça prend un décor, une couleur locale, une ambiance. Nous sommes en Afrique du Sud, mais ça pourrait se passer n'importe où dans le monde. Le traitement littéraire propose un déroulement linéaire, sans grande surprise.

Mais ça prend surtout des personnages, et Benny Griessel est, disons, à la limite du supportable. Il s'agit d'un vétéran policier handicapé par sa résistance aux changements. Tout ce qui relève des communications technos et des réseaux sociaux lui échappent. Entre l'enquête procédurale et instinctive de Griessel et les réalités technologiques modernes qui lui sont étrangères, il y a une distorsion qui porte l'enquêteur à se tromper de cible. Benny devient insupportablement lourd lorsqu'il se plaint et se victimise. Il est si égocentrique et porté sur l'apitoiement qu'il m'est difficile de croire qu'un tel personnage puisse faire preuve de sensibilité devant une enquête impossible et d'empathie envers les futures victimes du tireur, fussent-ils ses collègues.

Bref, je ne trouve pas 7 jours particulièrement réussi et j'ignore s'il s'agit seulement du pire polar de l'auteur, puisque je n'ai rien lu d'autres, mais mes attentes ne sont pas comblées et, pour le moment, l'engouement international suscité par les romans de Deon Meyer demeure une énigme.

Deon Meyer, 7 Jours, Éditions Seuil. Traduction Estelle Roudet (Seven days, 2012). juin 2013. 475 pages.