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Maladies mentales, dépression, suicide: au-delà des slogans

15/08/2014 12:15 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

D'abord, vous comprendrez que ce texte n'est pas étranger au suicide de Robin Williams. Aussi, le titre n'est pas un coup contre les organismes de prévention du suicide. Ceci dit, j'en ai un peu assez d'entendre que «le suicide est une solution permanente à un problème temporaire». C'est bien beau et c'est certainement vrai, mais ça ne fait rien de concret pour personne. Au contraire, ça devient un slogan vide, aseptisé qui n'aidera pas les gens qui en sont rendus à considérer le suicide comme une solution.

Pour comprendre comment une personne atteinte de maladie mentale pense, raisonne et réfléchit, il faut être passé par là soit personnellement ou à travers un proche. Autrement, le réflexe que nous avons tous est de nous fier à nos propres expériences, nos propres raisonnements, notre propre façon de penser et de voir la vie. Mais ça ne fonctionne pas ainsi.

Une maladie mentale est un filtre à travers lequel notre cerveau fonctionne. Ce filtre modifie la façon dont nous réagirons, pensons, vivons, etc. Par exemple, quelqu'un qui souffre de dépression verra tout comme étant une montagne insurmontable malgré la petitesse de la situation ou encore se croira indigne de vivre. Une autre personne aux prises avec un trouble anxieux comme le trouble obsessif compulsif, le trouble anxieux généralisé, etc., vivra constamment en mode défense contre des dangers qui n'existent pas ou qui sont rarissimes. Tandis que l'individu en crise de schizophrénie entendra des voix et verra des choses qui ne sont pas là. Et ainsi de suite.

Mais toutes les maladies mentales ont un point commun : le cerveau qui ne fonctionne pas correctement, car sa chimie diffère de ce qui est considéré comme la norme. Il devient donc extrêmement difficile, voire parfois impossible, de voir les choses comme les autres. C'est pour cette raison qu'un dépressif ne verra pas d'issues à son problème. Ce n'est pas seulement une question «de se botter le cul». Même chose pour quelqu'un souffrant par exemple d'un trouble obsessif compulsif. Cette personne exécutera sa compulsion parce qu'elle est convaincue que si elle ne le fait pas, elle sera en danger. Dans tous les cas, les chances sont minces que vous convainquiez ces gens que leurs problèmes n'existent pas ou qu'il ne se règle qu'avec de la volonté.

Alors, quoi faire pour aider quelqu'un qui en souffre?

D'abord et avant tout, nous devons reconnaitre, en tant que société, que tous ceux qui ont un cerveau peuvent être touchés un jour par une affection psychologique. Il n'existe pas d'« eux » et de « nous » comme il n'en existe pas avec le rhume, la gastro ou même le cancer. Tout le monde est concerné et tout le monde peut en souffrir. Oui, même vous et moi.

À partir du moment où nous admettrons ce fait, nous serons en mesure de démontrer un sentiment essentiel pour aider quelqu'un : l'empathie. Il faut traiter cette personne comme nous traiterions n'importe quel autre malade : avec compréhension, douceur et amour. Nous ne pouvons pas brusquer les gens qui souffrent d'une maladie mentale comme on ne peut dire à quelqu'un qui souffre d'un cancer de juste se lever et guérir. Ces gens n'aiment pas souffrir, mais n'y peuvent rien. C'est pour ça qu'ils en arrivent parfois au suicide, parce qu'ils veulent se libérer de cette souffrance.

Ensuite, il faut aller chercher de l'aide professionnelle. Au Québec, on ne peut pas hospitaliser quelqu'un contre son gré. Dans un cas de maladie mentale, c'est un problème, car le consentement du malade est filtré par sa maladie de la même façon que le reste. Il ne se croira donc souvent pas malade, mais croira plutôt la petite voix dans sa tête. C'est une façon de parler évidemment, il n'y a pas nécessairement littéralement une voix dans sa tête. Nous devons donc nous tourner vers les divers organismes comme les CLSC, les hôpitaux, etc. (voir les coordonnées dans le bas). Mais il faut réagir aussitôt que nous constatons que quelqu'un souffre comme nous réagirions si nous voyions quelqu'un de blessé physiquement.

Enfin, il ne faut pas juger. De ne pas comprendre les symptômes ou les actions qui nous semblent irrationnelles est une chose, mais de juger, mépriser, ostraciser quelqu'un qui souffre d'une maladie mentale ne fait qu'empirer les choses. Nous devons donc être humbles et nous souvenir que nous aurons nous-mêmes peut-être besoin de l'aide des autres un jour.

Et si c'est vous, chers lecteurs, qui avez besoin d'aide, les mêmes points s'appliquent. N'hésitez pas à aller chercher de l'aide avant de ne plus en avoir la capacité. N'ayez pas honte, n'ayez pas peur et ne vous jugez pas. Vous en valez la peine.

Pour de l'aide ou des renseignements :

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