LES BLOGUES

Le deuil d'une mère, le deuil populaire

30/03/2016 12:17 EDT | Actualisé 31/03/2017 05:12 EDT

Jean Lapierre faisait partie de la vie de plusieurs d'entre nous. Que ce soit par la radio, la télé, en personne, car il aimait aller voir le monde, ou de façon personnelle. Il était celui qui pouvait parler de tous les partis politiques sans être sérieusement accusé d'être partisan. En fait, ça arrivait, mais c'est le cas de tous les gens qui commentent la politique.

Son décès génère un sentiment des plus étranges. Juste avant son départ en avion mardi matin, il avait aimé mon tweet de condoléances pour la perte de son père. Il est décédé quelques heures plus tard. C'est comme perdre quelqu'un qu'on ne connait pas directement, mais qu'on connait quand même. Quelqu'un avec qui l'on jase le matin et le soir. Quelqu'un avec qui l'on décortique l'actualité politique et qui pouvait nous expliquer les choses par expérience politique ou en droit.

Je suis un accroc à la politique. J'écoute, j'apprends, j'analyse, etc. Ses interventions ont contribué à cet intérêt et il avait une immense influence, que je sois d'accord ou non avec lui. Ses analyses étaient toujours pertinentes, complètes et parfois même prophétiques.

Ce qui s'est passé le 29 mars 2016 est un drame épouvantable. Outre le coloré commentateur, il y a une famille décimée. Aux Îles-de-la-Madeleine, une femme, récemment faite veuve, attendait ses enfants pour l'épauler dans l'organisation des funérailles de leur père. Mais ils ne se sont jamais rendus. En seulement 5 jours, sans prévenir, cette pauvre femme a non seulement perdu son mari, mais 4 de ses enfants et une de ses brus. Elle aura besoin d'un courage incommensurable pour survivre à cette tragédie. Et n'oublions pas les enfants de chacun des membres de cette famille, comme la journaliste Marie-Anne Lapierre, qui ont perdu un grand-père, mais aussi un père, une mère, un oncle ou une tante.

Ce texte est mal structuré. Ce n'est qu'une constatation de faits épouvantables, une façon de passer un os coincé dans notre gorge. Il n'y a rien qui pourra faire passer cet événement «comme du beurre d'une poêle chaude», comme l'aurait dit Jean. Il était comme le Claude Poirier de la politique. Il n'y en aura jamais un autre comme lui. Avant, je syntonisais religieusement le 98,5 FM de 17h à 17h30 pour l'entendre. C'est la fin d'une époque au Québec.

Je tiens à envoyer mes plus sincères condoléances et pensées aux membres de cette famille, mais, surtout, à Mme Lapierre, la mère de Jean. Perdre un enfant est déjà impossible à imaginer, en perdre 4 d'un coup nécessitera une force que je ne peux imaginer.

Salut salut Jean!

À LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

>Jean Lapierre: le tweet qui n'est jamais venu - Patrick White

>La vie est fragile en crisse - Bianca Longpré

>Jean Lapierre, Monsieur Politique - Donald Charette

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Jean Lapierre

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter