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La vindicte autour de la Journée internationale des hommes

18/11/2014 11:50 EST | Actualisé 19/01/2015 05:12 EST

Depuis aussi longtemps que mes souvenirs peuvent reculer, mon père faisait des semaines doubles : cinq jours de 7h à 15h au CN, et quatre soirs de 18h à 2h du matin comme barman, pour pouvoir nous amener à Old Orchard l'été. Le 19 novembre, la Journée internationale des hommes célèbre des hommes comme lui et tant d'autres.

Journée conçue en 1999, par Jérôme Teelucksingh, un historien universitaire de Trinidad-Tobago, elle visait à promouvoir, une fois l'an, des modèles d'hommes honnêtes et productifs, mais trop souvent invisibles, dont il convient de souligner l'apport indispensable à la société, la communauté et la famille. Une occasion aussi de réfléchir à l'aide souvent déficiente qu'on leur offre en cas de besoin, et aux préjugés coincés dans l'esprit de certaines lois. Une détente dans les relations entre hommes et femmes de bonne volonté, et la promotion de leur apport complémentaire dans la construction d'un monde où l'on puisse s'épanouir ensemble.

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Soutenue par l'Organisation des Nations-Unies, cette Journée est soulignée dans des pays tels : Trinidad-Tobago, Jamaïque, Australie, Inde, Italie, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Moldavie, Haïti, Singapour, Malte, Afrique du Sud, Ghana, Hongrie, Chine, Royaume-Uni et Canada. Au Québec, avec Movember, on commence à en noter l'existence. Mais il y a un mais.

Une résistance organisée et supérieurement financée perçoit cette Journée internationale comme une concurrence indue à une autre Journée internationale. Ce prosélytisme de pression stratégique utilise des peccadilles aux atrocités d'énergumènes individuels pour éclabousser tous les hommes. Tordu, mais efficace, ce dénigrement routinier de la masculinité est médiatisé et enseigné. L'Histoire ainsi idéologisée devient alors une succession d'iniquités nées de la haine et de l'asservissement des femmes par les hommes, en occultant soigneusement les réussites du couple humain basées sur une division biologique des compétences qui a permis les transitions de la chasse-cueillette à la domestication et l'agriculture, puis de l'industrielle vers une économie de services, où les femmes peuvent prospérer autant et parfois mieux que les hommes.

Pourtant, cette vindicte puissamment subventionnée, médiatisée et bureaucratisée s'acharne à présenter les hommes comme des idiots superflus, des brutes dangereuses ou des rapaces profiteurs. Par bonheur, un nombre croissant de citoyens perçoivent les sophismes à travers ce pétage de broue sectaire, mais subventionné. Malgré cet acharnement contrariant, les hommes de bien - mais plus ou moins invisibles et muets - continueront encore longtemps d'assumer la plupart des tâches sales et dangereuses de construire un monde relativement vivable.

L'universitaire féministe détestée par plusieurs féministes, Camille Paglia, écrivait dans le Time Magazine de décembre 2013, en parlant du monde jusqu'à hier : «L'économie moderne est un récit épique masculin, dans lequel les femmes ont joué un rôle productif, sans en être les auteures». Espérons qu'un jour, on puisse lire du monde à venir : «L'économie d'aujourd'hui est un récit épique dont le couple humain est l'auteur, les rôles y ayant été intelligemment répartis selon ses compétences complémentaires et également productives.» Entre-temps et malgré tout... bonne Journée internationale des hommes à tous les genres de bonne volonté !

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