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Automéducation médicale

20/05/2013 08:32 EDT | Actualisé 20/07/2013 05:12 EDT
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Il y a deux ans, jour pour jour, je recevais ma confirmation d'acceptation en médecine. Si seulement je savais.

J'ai eu la chance de présenter mon programme lors de la fin de semaine d'entrevues. De voir des centaines de jeunes, assis dans une même salle, des cœurs battant à mille à l'heure, animés par le stress et l'incertitude, ça m'a rappelé pourquoi j'avais opté pour la médecine. Mais aussi, à quel point je vivais entourée de légèreté, d'insouciance. Je n'avais aucune idée de ce qui allait m'attendre une fois dans le programme. Peut-être bien heureusement.

Des études en médecine, c'est une aventure folle qu'on commence très jeune. C'est une sur-stimulation continuelle, une quantité inimaginable de matière à ingérer dans des laps de temps limités. C'est incroyablement excitant, mais par moment épuisant. On pourrait facilement penser que ça laisse peu de place à autre chose. Faux.

Un peu étrangement, en l'espace de quelques mois seulement, j'ai découvert une passion pour la santé beaucoup plus importante que pour la médecine elle-même. J'ai avalé des rapports de santé publique, des articles sur les politiques internationales de développement: je me suis créée un programme d'apprentissage parallèle, entouré de collègues aussi passionnés que moi par des enjeux que le curriculum extra chargé ne peut pas offrir. Je me suis automéduquée.

Le problème dans toute cette histoire, c'est que j'ai réappris à voir la société, dans ses forces comme ses faiblesses. Et j'ai le goût plus que jamais de partir à la découverte de ce monde qui m'entoure. De le comprendre dans toutes ses subtilités. Malheureusement, cela ne se fait pas les salles de classe, ni à l'hôpital. Ça se fait à l'extérieur de l'enceinte universitaire.

L'éducation médicale, c'est notre outil le plus puissant pour transformer des futurs professionnels de la santé en agents de changement. C'est elle qui peut nous faire comprendre ce que ça signifie d'orner son nom des lettres MD. C'est elle qui peut nous faire voir à quel point nous avons le pouvoir de changer le cours des choses, pour le mieux, au nom de la santé de nos patients. Mais lorsqu'on considère que notre patient, c'est une ville, un pays, un monde, cette définition prend d'autant plus importance.

Deux ans plus, ai-je pris la bonne décision? Oui. Même si je déroge peut-être un peu de l'étudiante typique en médecine, je ne regrette aucun des choix que j'ai faits jusqu'à présent, des nuits passées mettre en place des projets, des heures investies à tenter de comprendre des enjeux de santé mondiale, des fins de semaine passées à l'extérieur pour des conférences et congrès de toute sorte. Sans oublier que j'ai fait les plus belles découvertes.

Je peux vous le confirmer: vos futurs médecins sont exceptionnels. Il faut passer une semaine, un mois, avec ce groupe un peu hétéroclite de 240 étudiants pour comprendre ce qui les motive, ce qui les passionne. Eh oui, ils savent parler d'autre chose que de la médecine. Ils sont talentueux, ouverts d'esprit, allumés.

Est-ce que je veux être médecin? Oui. Est-ce que je veux pratiquer la médecine? Je préférerais faire de la santé ma pratique courante. On s'en reparlera dans 3 ou 4 ans.

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