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Le Bloc aux soins intensifs

16/06/2014 02:24 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

En élisant Mario Beaulieu à la tête de ses maigres troupes samedi dernier, le Bloc québécois a commis un acte suicidaire. Comme s'il en avait vraiment besoin après la terrible défaite qu'il avait encaissée en 2011. Comme si l'option de l'indépendance du Québec, sortie fort amochée, elle aussi (c'est le moins qu'on puisse dire), du dernier scrutin provincial, pouvait se permettre un autre choc de cette nature.

Un parti moribond, qui n'est plus que l'ombre de la grande formation politique des Bouchard et Duceppe (celui des premières années, en tout cas), a choisi d'abréger ses jours en élisant un indépendantiste pur et dur à peu près inconnu en dehors des cercles plutôt restreints des mouvements nationalistes, particulièrement ceux qui gravitent autour de la SSJB. Pas la meilleure façon de relancer une formation politique, on en conviendra.

À moins que le BQ ait décidé de défendre l'idée, plutôt que le véhicule, en pensant pouvoir prendre de vitesse le PQ ou toute autre formation politique québécoise de niveau provincial désireuse de se positionner en défenseur de la souveraineté du Québec sans artifices, sans fioritures, sans conditions préalables. Si tel est le cas, le Bloc s'est gouré comme il n'est pas permis. Pourquoi? Simplement parce que, quoi qu'en pensent ceux qui l'ont élu, particulièrement les jeunes, Mario Beaulieu n'a ni l'envergure d'un chef, ni le leadership rassembleur, ni même les contacts nécessaires pour rebâtir un parti, dénicher des candidats qui soient autre chose que des poteaux, ramasser les fonds pour espérer le début du commencement de ce qui pourrait ressembler à un semblant de retour politique en 2015 pour le parti dont il est maintenant le chef.

Et c'est tant mieux. Parce que le Bloc n'a plus rien à faire à Ottawa. Depuis très longtemps. Je ne doute pas qu'il ait déjà eu un rôle à y jouer. Il y a très longtemps, avec de véritables leaders, dans des temps différents, avec des enjeux différents. Ces temps-là sont finis. Enterrés. Les Québécois y ont vu et l'ont rappelé aux élus du Bloc en 2011 : rentrez chez-vous, votre travail est terminé. Merci pour tout, nous on passe à autre chose. Et si la notion de souveraineté doit encore être défendue, c'est à partir du PQ ou d'un autre parti du niveau provincial qu'elle le sera.

Je suis de ceux qui croient que l'option de la souveraineté pleine et entière du Québec mérite d'être défendue et débattue sur la place publique. Comme toute autre idée, comme toute autre philosophie, comme toute autre option politique. Je crois aussi qu'elle doit être combattue visière levée, vigoureusement, mais démocratiquement. D'abord et surtout, pour ne pas dire presque exclusivement sur la scène politique québécoise. Bref, par les partis politiques provinciaux. Le rôle de monsieur Mario Beaulieu ne saurait être autre chose que celui d'un figurant, d'un militant actif, tout au plus, d'un activiste passionné de la cause. Pas celui d'un chef de parti.

Le flambeau de la souveraineté du Québec, de l'indépendance flamboyante, je l'écris sans mépris, sera repris et défendu rapidement au Québec après avoir fait l'objet, on n'en doute pas, d'âpres débats tant au PQ que dans d'autres formations politiques. Assisterons-nous à la naissance d'un nouveau parti politique issu du PQ, d'un PQ renouvelé et remodelé autour d'un nouveau leader souverainiste (qui pourrait être PKP à droite ou quelqu'un d'autre plus à gauche), d'une CAQ morcelée à son tour? Il est évidemment trop tôt pour le dire. Une chose est cependant certaine : le rôle du BQ y sera heureusement marginal.

Avec monsieur Mario Beaulieu à leur tête, les bloquistes ont amorcé l'opération en fin de semaine en s'admettant eux-mêmes aux soins intensifs. Que ceux qui restent y reposent en paix.

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