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L'imam Chaoui: intégriste radical ou musulman fervent?

02/02/2015 12:20 EST | Actualisé 04/04/2015 05:12 EDT

Le Québec s'est scandalisé de la possible ouverture à Montréal d'un « centre communautaire islamique » dirigé par un imam, Hamza Chaoui, dont les propos sont jugés radicaux et offensants. Pourtant, l'imam Chaoui ne promeut nullement des idées personnelles. Il ne fait que prêcher selon les préceptes de sa religion, l'islam, dont il est un ardent défenseur.

Les opinions que l'imam Chaoui a exprimées publiquement font en effet écho aux textes fondateurs de l'islam que sont le Coran, la Sunna et la Charia. Rappelons que le Coran renferme la révélation divine qu'Allah aurait transmise au prophète Mahomet et que les fidèles de l'islam tiennent pour la vérité absolue, que la Sunna est l'ensemble des « hadiths », c'est-à-dire des paroles et des actions attribuées à Mahomet que les musulmans prennent comme modèle, et enfin que la Charia, issue du Coran et de la Sunna, est considérée comme la loi divine, supérieure à toute loi humaine. Reprenons quelques-uns des propos de l'imam Chaoui pour montrer leur étroite relation avec la religion musulmane.

L'iman Chaoui affirme que la démocratie est incompatible avec l'islam. Comment pourrait-il en être autrement pour quiconque place les lois religieuses au-dessus de toutes les lois humaines ? Dans les pays islamiques, la Charia est la base du droit et elle est immuable précisément en raison de sa nature divine. La plupart des régimes islamiques sont d'ailleurs des théocraties et non des démocraties, le plus bel exemple étant l'Arabie saoudite, berceau de la religion musulmane. Il faut par conséquent saluer l'imam Chaoui pour sa franchise et reconnaître la conformité de son analyse politico-religieuse aux croyances et aux pratiques de l'islam.

Ce fervent croyant précise en outre que la démocratie est incompatible avec l'islam parce qu'elle permettrait l'élection au rang de député « d'un homosexuel ou d'un athée qui affirme l'inexistence d'Allah ». Encore une fois, M. Chaoui est fidèle à sa foi, car l'islam condamne très sévèrement l'homosexualité et l'athéisme. Dans les pays islamiques, ces deux manières d'être sont passibles de peines très sévères : l'emprisonnement, la flagellation, même l'exécution par décapitation ou par projection de la victime du toit d'un immeuble. Citons, pour illustrer l'homophobie de l'islam, un verset très miséricordieux du Coran : «Vous livrez-vous à cet acte abominable que nul parmi les mondes n'a commis avant vous ? Vous assouvissez vos désirs charnels sur les hommes à la place des femmes ! Certes, vous êtes un peuple pervers ! » (Sourate 7, versets 80-81). Mentionnons aussi ce hadith on ne peut plus pacifique : « Si vous voyez des gens en train de faire comme le peuple de Loth [c'est-à-dire s'adonner à des pratiques homosexuelles], tuez-les, tuez celui qui commet l'acte tout comme celui qui le subit. » (rapporté par Abou Dawoud, 4462, et authentifié par Cheikh Albani).

On reproche aussi à l'imam Chaoui de soutenir l'infériorité de la femme et la ségrégation des sexes. Nul n'ignore cependant que les pays musulmans sont foncièrement sexistes, et que la Charia accorde beaucoup moins de droits aux femmes qu'aux hommes. Pourquoi alors se scandaliser du sexisme de M. Chaoui ? Référons-nous encore au saint Coran : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles et à cause des dépenses qu'ils font pour assurer leur entretien. [...] Admonestez celles dont vous craignez la désobéissance, reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les enfin. » (Sourate 4, verset 34). Voici aussi un hadith dont la délicatesse ne manque d'impressionner : « Mahomet a dit : " Lorsqu'une femme renonce une nuit à faire l'amour avec son mari, les anges se mettent à la maudire jusqu'au matin ". » (Sahih Mouslim, 2594).

Enfin, on s'offusque du fait que l'imam Chaoui soutient que l'amputation d'une main ou d'un pied en public est un châtiment propre à dissuader les voleurs de récidiver. En cela, il se réfère une fois de plus aux textes sacrés de l'islam et aux pratiques pénales observées dans bon nombre de pays musulmans. Reportons-nous au saint Coran : « Tranchez les mains du voleur et de la voleuse : ce sera une rétribution pour ce qu'ils ont commis et un châtiment de Dieu. » (Sourate 5, verset 38). Bien des hadiths vont dans le même sens : « Le Prophète a dit : " Couper la main pour un vol dépassant la valeur d'un quart de dinar ou plus. " » (Sahih Bukhari, 8 : 81 : 781).

À l'évidence, l'imam Chaoui est injustement critiqué. Animé d'une piété sincère et d'une profonde conviction, il ne fait que prêcher les enseignements de sa religion. Si on doit adresser des critiques pour les idées qu'il répand, c'est à la religion musulmane elle-même qu'il faut les destiner et ce sont les passages discriminatoires et haineux des textes fondateurs de l'islam qu'il faut condamner. Mais gardons-nous de donner dans l'amalgame, et laissons à Hamza Chaoui son droit inaliénable à la liberté d'expression !

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