Claude Malaison

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Claude Malaison
 

Capital humain: n'en mettez plus, la cour est pleine!

Publication: 21/11/2013 01:04

C'est un statut sur Twitter provenant de l'Institut de gouvernance numérique, mais repris par Bruno Boutot, qui a mis le feu aux poudres.

J'ai déjà fait une sortie sur les administrateurs d'entreprises, les consultants en réingénierie des processus et tous les spécialistes en gestion des ressources humaines qui prennent leurs employés comme du bétail, du «capital» comme ils disent. Je n'en peux tout simplement plus de les entendre parler de «capital humain» et des employés comme une «ressource stratégique» ou des «capitaux importants».

Avant, c'était Daniel Lebègue, président de l'Institut français des administrateurs et de l'Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises. Ce dernier était venu s'épancher dans un article paru dans la Tribune.fr.

Tiens, ça vaut la peine que je rapporte ses propos rapportés sur le site :

« L'ex-directeur général de la CDC estime que le conseil d'administration d'une entreprise ne devrait pas se préoccuper seulement de la préservation et du développement du capital financier, mais aussi, et surtout, de l'actif humain. Un actif qui constitue, selon lui, la véritable richesse de l'entreprise. Il souligne que la bonne gouvernance d'une société, particulièrement en des temps troublés, se traduisant par des pertes de repères, passe par la prise en compte de l'ensemble des parties prenantes et, en particulier, les salariés. Il place ainsi le facteur humain au coeur de toute démarche visant à améliorer la performance de l'entreprise.»


Beau discours, mais on en rajoute quand même... En plus de parler de capital et de ressources, on y ajoute l'actif. C'est ce discours 1.0 qui me purge littéralement et qui a mené les organisations au bord du gouffre de la récente récession. Allez, messieurs et mesdames des CA: pressez sur le citron de la ressource comme pour le bois, l'eau, les mines ou que sais-je encore, et venez ensuite prétendre que vos employés sont le centre de l'univers de l'entreprise. Ce sont plutôt vos actionnaires...

Les employés ou collaborateurs ne sont pas des ressources! Pas plus que des actifs ou du capital. Ce sont des êtres humains qui interagissent, qui communiquent, qui travaillent, qui collaborent et surtout qui créent. Ce sont eux qui forment l'entreprise et, contrairement à ce que prétend Claude Super sur son blogue, ils ne constituent pas le maillon faible. Tant que les bombardés spécialistes et les administrateurs les prendront de haut dans leurs bureaux de verre et officines feutrées, il n'y aura pas de vrai changement au sein des organisations. Et on ne verra pas d'entreprises dites 2.0 ou sociales...

Le changement et le passage à l'entreprise collaborative, horizontale (donc moins hiérarchique, mais pas nécessairement plus sociale), ne se fera qu'à la condition que l'organisation change ses valeurs, son attitude et sa relation au pouvoir et à la hiérarchie. Pour cela, il ne faut guère compter sur la génération actuelle de dirigeants, ni sur la prochaine.

Il faudra attendre l'arrivée de la génération Y aux postes de décision, mais surtout de celles qui suivront. Celles dont les représentante(e)s sont identifiés par Marc Prensky comme étant les natifs du numérique. Ces derniers forment déjà, et formeront de plus en plus, des tribus, ce qui changera du tout au tout la structure de pouvoir de la société et des entreprises, mais aussi ses valeurs.

Que disait Patrick McGoohan dans l'émission-culte Le Prisonnier? «Je ne suis pas un numéro...»

Pour lire la suite : www.emergenceweb.com


VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Loading Slideshow...
  • Identifier le workaholisme

    C'est possible grâce à un questionnaire d'autoévaluation. Plusieurs auteurs en ont développé, à l'image du Work addiction risk test, aussi appelé test Wart. Mis au point pas les psychologues B.E. Robinson et B. Philips en 1995, il est considéré comme fiable en analysant 5 dimensions: les tendances compulsives, le contrôle, le défaut de communication/auto-absorption, l'incapacité à déléguer, l'amour propre. Vous en trouverez un exemple dans l'ouvrage (voir fin du diaporama) ou sur Internet.

  • Gérer le stress

    "Si le stress est pris en charge, cela peut influer sur les symptômes de l'addiction," écrivent Laurent Karila et Annabel Benhaiem. N'hésitez pas à vous procurer un ouvrage de gestion du stress. Relaxation, contrôle respiratoire, gestion émotionnelle, vous y trouverez de nombreux exercices pour vous aider.

  • Faites une thérapie

    Rien de tel pour mieux appréhender les sentiments d'infériorité, la peur de l'échec ou de l'inutilité qui sont à l'origine de la relation pathologique au travail des workaholics.

  • Une thérapie seul... ou en famille

    "La famille joue souvent un rôle important dans l'apparition du workaholisme mais également dans sa rémission," écrivent les auteurs. Les familles ont elles aussi besoin d'assistance pour découvrir et comprendre les raisons qui poussent le workaholic à se consacrer totalement au travail, au détriment de la famille.

  • Les workaholics anonymes

    Présents en Europe, les <a href="http://workanonymes.free.fr/" target="_blank">Work Aholics Anonymes</a> proposent un programme en douze étapes inspiré de celui des Alcooliques anonymes.

  • Dépister et traiter les maladies associées

    Le workaholisme peut provoquer la dépression, mais aussi aggraver des troubles anxieux (trouble panique, trouble anxieux généralisé...) L'échelle HAD (Hospital Anxiety Depression scale) est un anto-questionnaire permettant de dépister les troubles dépressifs ou anxieux. On en trouve un dans l'ouvrage. L'usage de drogues ou de substances doit aussi être identifié.

  • Le rôle des entreprises

    Certaines entreprises favorisent l'apparition de comportements workaholics. Les managers doivent être capable de les identifier et de les aider à retrouver un mode de vie équilibré.

  • Pour aller plus loin


Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.



 

Suivre Claude Malaison sur Twitter: www.twitter.com/Emergent007

Suivre Le HuffPost Québec