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Où sont passés les dirigeants du réseau français de Radio-Canada?

06/11/2014 09:18 EST | Actualisé 07/01/2015 05:12 EST

Ils se nomment Louis Lalande et Michel Cormier. Ils sont respectivement vice-président principal des services français et directeur-général de l'information. C'est normal que vous ne les connaissiez pas, ils ne parlent pratiquement jamais publiquement! C'est sous leur gouverne que Radio-Canada effectue son travail. Leur attitude est totalement à l'opposé de celle de plusieurs de leurs prédécesseurs.

À leur époque, les Raymond David et Marc Thibault ou, encore, Michèle Fortin et Claude Saint-Laurent agissaient en leaders déterminés à faire avancer Radio-Canada, tout en conservant le maximum d'acquis. On ne peut pas en dire autant de ces deux-là qui, à défaut de s'exprimer, avalisent par leur silence la lente descente aux enfers d'une grande institution d'information et de culture. Réveillez-vous messieurs. Défendez-vous et défendez-nous. Je veux bien croire que vous agissez en douce à l'interne, mais on ne peut pas dire que ça paraît!

J'ai travaillé 30 ans dans la boîte du boulevard René-Lévesque. De 1977 à 2007, avec un intermède de quatre ans où j'ai côtoyé mes collègues de CBC, à Toronto, comme correspondant national du réseau français. Je connais bien les deux univers culturels, médiatiques et organisationnels et je peux vous jurer qu'il existe beaucoup plus de différences entre Radio-Canada et CBC qu'il y a de similitudes. Alors, quand le patron de Lalande et Cormier, Hubert T. Lacroix, parle de CBC/Radio-Canada comme d'une seule entité, d'une seule compagnie, d'une business comme les autres, je m'étouffe dans ma lecture.

Il n'y a pas si longtemps, les gouvernements qui ont précédé les conservateurs s'en sont pris eux aussi aux deux réseaux. Pour accuser Radio-Canada d'être un nid de séparatistes. Pour reprocher à CBC une obstruction politique systématique.

À Radio-Canada, nos patrons nous ont toujours défendus avec vigueur. Les vagues de coupures? Claude Saint-Laurent s'arrangeait toujours pour mettre du bois dans le poêle au bon moment, pour avoir des projets «porteurs», comme disent les économistes. C'est comme ça qu'est né RDI. Le service venait avec une nouvelle source de revenus, générés par la câblodistribution. On appelle ça avoir du flair, agir en bâtisseur plutôt qu'en démolisseur. Et je suis pal mal certain qu'aujourd'hui, sans cette manne, le service de l'information serait encore plus mal en point.

Depuis ce temps, les assauts répétés du fédéral ont laissé des traces. Sous le slogan Un espace pour nous tous, la direction de Radio-Canada fonce droit devant avec pelles mécaniques et marteaux-piqueurs pour libérer le terrain.

On dira que je suis mélancolique, que je m'ennuie d'une époque révolue, que l'avenir est au numérique, que les jeunes s'informent désormais sur leurs tablettes. Foutaise! Ce sont ces mêmes jeunes qui font les frais des coupures parmi le personnel. Et les moins jeunes, les plus aguerris, les protège-t-on vraiment? Pas sûr quand on voit la caricature minable qu'on a autorisé Chapleau à faire de Céline Galipeau, dans son émission Ici Laflaque.

J'ai connu une époque où mes patrons n'auraient jamais laissé passer pareille vulgarité. Ce doit être un signe des temps!

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