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PKP: un impulsif et un gaffeur

24/03/2015 09:20 EDT | Actualisé 24/05/2015 05:12 EDT

Le prétendu sauveur du Parti québécois n'en finit plus d'essayer de corriger le tir lorsqu'il fait une sortie publique ou quand il participe à un débat avec les autres candidats à la succession de Pauline Marois.

Pire que Parizeau

La semaine dernière à l'université Laval, PKP a fait une sortie maladroite à l'égard des immigrants c'es le moins qu'on puisse dire! «On n'a pas 25 ans devant nous», a déclaré le député de Saint-Jérôme lors d'un échange portant sur le thème de la souveraineté.

«Avec la démographie, avec l'immigration, c'est certain qu'on perd un comté à chaque année. On aimerait pouvoir mieux la contrôler, mais on ne se fait pas d'illusions. Qui prend en charge les immigrés qui viennent s'installer ici? C'est le gouvernement fédéral. Certes, nous avons une compétence partagée, mais on prête serment à la reine.»

Encore le vieux démon de l'immigration qu'avait soulevé Jacques Parizeau le soir de la défaite lors du référendum de 1995, en déclarant: «C'est vrai, c'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi? Par l'argent, puis des votes ethniques, essentiellement.»

Encore cette idée, bien ancrée chez beaucoup de souverainistes, que seuls les Québécois de souche peuvent appuyer l'idée d'indépendance du Québec. Que tous les autres sont au mieux des adversaires, au pire, d'irréductibles ennemis politiques. Ses collègues dans la course à la direction du PQ se sont empressés de dénoncer ces propos en insistant sur la volonté d'inclure tous les Québécois, peu importe leurs origines, mais, à mon avis, le mal est fait... encore une fois!

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Ou il ne dit rien ou il est mal cité

Bien sûr, ce que monsieur Péladeau voulait dire n'est pas ce que tout le monde a entendu. Non, l'aspirant-chef a précisé qu'il n'avait aucune intention de présenter les immigrants comme une menace pour le projet indépendantiste.

«Le Québec s'est enrichi de la diversité des gens qui sont venus s'y installer. Et jamais, d'aucune façon, nous n'allons cesser cet enrichissement lié à l'augmentation de la diversité.»

Dur à suivre, vous ne trouvez pas? Si j'étais venu d'ailleurs m'installer au Québec, pas sûr que j'aurais le goût de fréquenter ce monsieur et le parti qu'il veut diriger.

Depuis des mois, l'homme ne dit presque rien des principaux enjeux qui intéressent les Québécois. Il se méfie des journalistes qui, à l'occasion, le harcèlent, dit-il, ceux de La Presse en particulier, à propos des appuis financiers qu'il recueille, entre autres, dans les milieux financiers.

Il préfère le sens unique de son compte Facebook aux échanges ponctués de questions et de réponses. Pourtant, on serait tenté de croire que PKP se ferait un devoir de jouer le jeu puisqu'il demeure l'actionnaire de contrôle de l'un des plus grands groupes de presse au Québec. Mais non...

Les règles ne s'appliquent pas à lui

Péladeau croit qu'il a le droit de définir les règles comme bon lui semble. Souvenez-vous lorsqu'il a décidé de cesser de contribuer au fonds des médias (et qu'il s'est fait traiter de voyou) parce que TVA ne recevait pas sa «juste part».

Même attitude quand TVA a décidé de ne plus participer aux Gémeaux et lorsqu'il a décidé de retirer son réseau de télévision et ses journaux du Conseil de presse et qu'il a même menacé le conseil de poursuites si celui-ci continuait à traiter des plaintes portées contre Québécor.

Par exemple, lorsqu'il a dit que les syndicats nuisaient aux entreprises du Québec et qu'on devrait abolir la formule Rand. Lorsque pendant la campagne électorale, Québecor a émis un communiqué pour dire que s'il était élu, PKP vendrait ses actions et qu'ensuite PKP a déclaré que c'était un communiqué de Québecor, pas de lui...

Un contenu bien mince

Vous voyez le genre: franc-tireur, à gauche, à droite, surtout à droite et, s'il le faut après, il corrige le tir. Trop peu, trop tard? Pas grave, il pense gagner en surfant sur la vague de popularité qui le porte.

Et tant pis pour les débats de fond et pour le renouveau des idées. Quand je pense qu'on accuse le gouvernement Couillard d'imposer des mesures d'austérité qui n'étaient pas à son programme électoral, je me demande bien ce qu'il faudra penser d'un Parti québécois dirigé par Pierre Karl Péladeau qui, les généralités mises à part, est incapable de détailler une feuille de route crédible pour l'avenir du Québec.

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