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<em>Le Journal d'Anne Frank</em> au TNM: la puissance d'un crayon

19/01/2015 02:48 EST | Actualisé 21/03/2015 05:12 EDT

En mars, cela fera 70 ans qu'Anne Frank est morte au camp de Bergen-Belsen. La voix de cette adolescente, symbole de la résilience juive, n'a jamais cessé de se faire entendre depuis la publication de son journal personnel en 1947, traduit en 70 langues et vendu à plus de 20 millions d'exemplaires.

Cet hiver au Québec, on peut entendre la parole d'Anne Frank au théâtre. Le Théâtre du Nouveau monde présente une pièce qu'Éric-Emmanuel Schmitt a créée en 2012 à Paris d'après Le Journal d'Anne Frank. Après les supplémentaires montréalaises, la production du TNM partira en tournée québécoise du 25 février au 19 avril.

DansLe Journal d'Anne Frank, l'auteur reconstruit pour nous l'histoire incroyable de cette jeune fille qui, pendant deux ans (1942-1944), vit enfermée avec sept autres personnes pour échapper aux camps de concentration nazis. À partir du récit qu'elle a fait de cette vie de confinement, Schmitt a écrit un texte qui rappelle les horreurs commises pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais qui célèbre aussi la formidable capacité de l'être humain de vivre d'espoir.

Malgré la promiscuité, la faim et l'enfermement, Anne Frank réussit à trouver des qualités à la vie et un espace pour s'affirmer.

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«Le Journal d'Anne Frank» au TNM

Mylène St-Sauveur incarne à merveille la fougue de cette adolescente qui, à la fois, voue un culte à son père Otto, conteste l'autorité de sa mère Édith, se moque de la bêtise de Mme Augusta Van Pels, cloîtrée avec sa famille. Si cette fille en fleur est un ouragan pour ceux qui partagent sa geôle, elle se transforme en philosophe lorsqu'elle s'épanche dans son cahier.

Malgré son jeune âge, elle a en effet légué à l'humanité des réflexions d'une grande sagesse et le TNM a mis tout son savoir-faire habituel pour qu'elles soient de nouveau entendues, ressenties et partagées.

Ça commence par une distribution solide. Outre Mylène St-Sauveur, notons la performance de Paul Doucet, dans le rôle du père d'Anne, et de Marie-Hélène Thibault, celle par qui le rire advient, car,oui, Éric-Emmanuel Schmitt a fait de la place à l'humour malgré le tragique destin de ses personnages.

La scénographie de Danièle Lévesque rend bien l'univers claustrophobe qu'Anne Frank a décrit dans son journal. L'ingénieux décor sur deux niveaux permet notamment d'accueillir sur ses différentes surfaces des films d'archives de cette période sinistre. L'immense structure métallique nous réserve des surprises jusqu'à la poignante scène finale. Assis dans notre fauteuil, on ressent l'horreur nazie et on ne peut s'empêcher de faire le lien avec notre temps sombre d'aujourd'hui.

Heureusement Le Journal d'Anne Frank du TNM est une autre démonstration du pouvoir du crayon sur ceux qui veulent tuer la liberté et l'expression.

Extraits, Mylène St-Sauveur dans Le Journal d'Anne Frank from Théâtre du Nouveau Monde on Vimeo.

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