Claude Bérubé

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S'enrichir collectivement grâce à nos hôpitaux

Publication: 06/02/2013 12:32

A-t-on si peur de s'enrichir collectivement ? Faut-il imaginer toutes les magouilles inimaginables pour justifier son opposition ? Faut-il faire appel à la démagogie pour soulever l'opinion populaire ? On veut tous les services du gouvernement sans payer en honnissant les façons de faire et tous les projets pour emmagasiner les entrées de dollars. J'ai l'impression parfois que nos connaissances économiques sont nulles ou biaisées. Le capitalisme soulève des crises d'hystérie souvent outrancières. La « simplicité volontaire » ferait-elle un si grand nombre d'adeptes qui la souhaitent pour tous.

Je suis loin d'être un spécialiste. Le doctorat que m'a remis l'Université de la Vie a aiguisé mon sens de l'observation et de la réflexion tout au cours de ces longues années. J'ai appris qu'une économie en santé fait appel à l'entrée de devises étrangères en négociant et monnayant son excellence et en transformant plusieurs fois sa matière première pour réaliser de la valeur ajoutée.

J'ai appris que les employés et les impôts de Bombardier sont payés par l'entrée de devises étrangères soit ce qu'on appelle de l'argent frais. Tout comme les employés du Cirque du Soleil. En somme, l'exportation des produits manufacturés au Québec fait de même. Tout comme le Palais des Congrès en recevant des congrès et des expositions internationales. Les congrès locaux ne font que rouler l'économie sans influx extérieur. À l'image du tourisme local et international. Il nous faut absolument de l'argent frais.

Tous les pays qui exploitent leurs ressources naturelles pour les vendre à l'étranger sont en bonne posture et enrichis, dans les cas d'exploitations honnêtes et civilisées. Le pétrole en est un exemple. Exploitées selon des règles claires, elles doivent enrichir la population locale, le pays et les investisseurs, ce qui est possible. Comment peut-on envisager que des pays qui concèdent leurs métaux précieux soient si pauvres ? Il y a certes du sable dans l'engrenage.

Il ne suffit pas d'extraire les métaux pour l'aluminium. Il faut le transformer. Produire des objets et les vendre de par le monde. On se souvient de l'époque prospère du Québec lors de la transformation des arbres en pâtes et papier. L'exploitation des ressources naturelles et les transformations subséquentes ont toujours généré des salaires élevés, contrairement aux emplois du commerce de détail et des services soit le bout de la ligne.
En ces jours, nous perdons à un rythme effarant des industries aux salaires élevés pour les remplacer par des emplois aux salaires minimes.

Comment aborder l'histoire du CUSM et du traitement privilégié à une dignitaire koweïtienne en échange d'un paiement de 200,000$ en relation avec les propos écrits plus avant ? En somme, pourquoi notre investissement dans la santé ne créerait-il qu'une énorme dépense (48% des dépenses de l'État) sans perspective d'un profit, d'une entrée d'argent frais ? Les études à grands frais de nos médecins et employés de la santé et les sommes importantes assignées à la recherche et au développement médical ne constituent-elles pas un investissement dans notre ressource la plus précieuse : nos cerveaux ? Nous avons un corps médical de premier ordre de niveau international malgré nos lacunes dans l'administration de la richesse. Pourquoi ne pas le rentabiliser pour apporter l'argent nécessaire à la poursuite de l'amélioration de notre structure et de notre service à la population. Le peuple du Québec ne peut qu'en sortir gagnant. À la condition que les choses soient bien faites.

En écoutant, Richard Fahey, le responsable du CUSM à la télévision (24/60), il y avait une salle d'opération et une chambre inoccupées, non financées par le gouvernement. Il y avait d'autre part une riche dignitaire du Koweït souffrant d'une maladie dont le traitement est une spécialité au Québec et non dans son pays. Muni d'une permission du cabinet du ministre, le CUSM a approché l'équipe médicale en la rémunérant à double tarif lors de journées de congé. Il en a coûté 45,000$ pour le médecin et 50,000$ pour tous les services de CUSM. Le ministère réclamant de facturer 3 fois le prix normal du service hospitalier aux usagers étrangers, le 50,000$ est devenu 150,000$ pour un total global de 200,000$ d'argent frais en devises étrangères et profit net de 100,000$ en argent frais pour la santé au Québec. Une valeur ajoutée pour le Québec. Aucun service à la clientèle québécoise n'a été coupé ou altéré. Un scénario idéal si cette version est exacte.

Faire des profits, enrichir les Québécois avec des devises étrangères grâce à notre excellence, permettre d'améliorer notre service de santé sans taxer davantage les Québécois et leurs entreprises.

Il faut cesser de siphonner les payeurs de taxes québécois. Ne passons pas sous silence les milliards que recueillent auprès des plus fortunés les diverses fondations attachées aux hôpitaux dans toutes les régions. Ne laissons pas les toiles d'araignées envahir des salles de chirurgie ou des chambres inoccupées. Ne faisons pas de notre système de santé une autre vache sacrée. Qui nourrit les pires propos démagogiques en ces jours ! Ne fermons pas une porte prometteuse. Prémunissons-nous contre les magouilles. Respectons la rectitude. Un service refusé à tous les Québécois les plus fortunés. Pas de médecine à deux vitesses.

Un acte de rentabilisation possible à répéter pour s'enrichir collectivement grâce à nos hôpitaux.

Et vous qui lisez ce texte, êtes-vous en accord avec l'avenue proposée ci-haut ou en avez-vous une autre à proposer ? Laissez un commentaire.

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