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Pourquoi pas des écoles et des hôpitaux privés?

02/11/2014 08:13 EST | Actualisé 02/01/2015 05:12 EST

Le modèle de la Suède : public-privé. Je me suis tapé plusieurs lectures sur l'expérience de la Suède, citée favorablement pour son orientation sociale-démocrate, notamment plusieurs rapports d'études réalisées au Québec, ainsi que le livre sur les fonctionnaires. Pour en arriver à la conclusion suivante. Pourquoi ne pas régler le contentieux privé et public qui échauffe tant les esprits, en rendant égales toutes les écoles...privées et publiques ? Avec une gestion autonome pour chacune d'elles.

La Suède finance à 100% les écoles privées et publiques en préconisant la coexistence de ces deux systèmes. De 90 écoles privées en 91-92, ils sont passés à 900 écoles pour les élèves de 6 à 19 ans en 2006-07, soit dix fois plus. Pas mal pour un pays à préséance socialiste. Ce système a complètement métamorphosé le paysage scolaire suédois, donné vie à des programmes et des méthodes très variées, dont une réponse convaincante à l'accueil des étudiants difficiles. En accordant au chaque école une très grande liberté de gestion et de méthodes pédagogiques, l'État leur a permis d'aménager avec succès des programmes scolaires novateurs. La gratuité du privé a même favorisé l'essor de nouvelles écoles plus dynamiques dans des quartiers défavorisés. Tous ces résultats étaient imprévisibles. Ils sont l'œuvre d'audace et d'expériences originales. Je cite ici des constats de spécialistes.

L'État s'engage à financer la scolarité de chaque enfant dispensée par un établissement privé ou public, selon son programme : « CHÈQUE ÉDUCATION ». Le choix de l'école appartient aux parents qui choisiront la meilleure école pour leurs enfants et leurs attentes. Privées ou publiques, les écoles sont incitées à s'adapter à cette concurrence, car ceux qui attirent le plus d'élèves reçoivent le plus de financement, le financement se distribuant par tête d'étudiant. En retour, aucune école ne peut demander des droits de scolarité en supplément. Elles sont toutefois autorisées à recevoir des donations privées.

Cette orientation démontre que les services à la population y gagnent à être desservis grâce à une structure allégée faisant appel à la concurrence. Si une école (publique, privée ou autre) réussit une belle performance financière, elle conserve ses profits ou suppléments qu'elle pourra affecter aux meilleurs services de son choix. Chaque institution embauche ses professeurs et élabore avec ceux-ci des objectifs de résultats et des moyens de contrôle.

En somme, la fonction publique doit se retirer du service direct à la population, comme les écoles, et confier celui-ci à l'entreprise privée-publique, avec ou sans but lucratif. Que chacun opère dans la fonction où il excelle. Ce serait là une cure d'amaigrissement pour la fonction publique tout en incitant les entreprises individuelles à répondre aux attentes de l'État et des citoyens. Un État fort et des services allégés ! Et assurer un futur vivable !

Dans la poursuite du même objectif que le scolaire, ne serait-ce pas équitable que tous nos hôpitaux soient aussi autonomes et individuellement de propriétés privées ou publiques ? Avec des balises précises et des contrats de rendements, le patient, actuellement une source de dépenses, devient plutôt une fontaine de revenus. Le mode de budgétisation actuel n'incite pas les hôpitaux et les CSSS à soigner davantage et mieux les patients. Comme en éducation, il faut laisser opérer les avantages de la concurrence entre les établissements qui les incite à s'améliorer en qualité et en coût. La Suède et l'Allemagne sont deux pays qui font partie, entre autres, de mes références en matière de services privés et publics. Je vous transmets ci-après une information pertinente concernant l'Allemagne.

« Selon un organisme international, l'Allemagne se situe au 2e rang pour la meilleure performance du système de santé. Tandis que le Canada se classe au 25e rang en y affectant le même argent soit 12%. Trois structures hospitalières germaniques y caractérisent le fonctionnement. Soit le privé sans but lucratif, le privé avec but lucratif et le public pour l'autre moitié. Les hôpitaux se concurrencent pour attirer des patients. Ils sont rémunérés par tête de patients. Seule une meilleure qualité de soins attire plus de patients, donc plus de profits. Les périodes d'attentes des patients sont si minimes qu'on n'en parle même pas. L'inspection des soins a relevé 9% plus de problèmes dans les hôpitaux publics que dans le privé, sans sélection de clientèle. »

L'assurance-maladie de l'État a déjà démontré sa pertinence dans la surveillance de la qualité des soins et du meilleur rendement avant de payer.

Au diable les super structures gouvernementales ! Ne sommes-nous pas devant le seul moyen d'éliminer la tutelle des hôpitaux et des écoles par la monstrueuse bureaucratie de la machine gouvernementale ?

Quand on sait qu'en dix ans, le gouvernement du Québec a investi, soit ajouté $ 5 milliards dans le réseau de la santé pour soi-disant désengorger les salles d'attente. Le résultat décevant est connu de vous tous : les attentes subsistent toujours et le nombre d'employés-cadres au Ministère de la Santé est passé de 7,000 à 14,000, soit le double. Il y a plus d'employés derrière des bureaux à pousser des crayons que d'employés au service des patients. Pour les décideurs de la fonction publique, les solutions passent toujours par une bureaucratie plus lourde. Peu importe si les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous, il sera impensable de faire machine arrière puisque tout le nouveau personnel aura déjà acquis la permanence d'emploi à vie.

Le gouvernement a versé un autre 5$ milliards pour payer les médecins en 2011 et 310 millions $ de plus en 2012. Les spécialistes et les médecins de famille veulent tous la parité de leurs revenus avec tout le reste du Canada. Sans en comparer les performances. Tous veulent enfouir leurs mains dans le tiroir des billets de banque. Curieux tout de même que la santé soit une mamelle d'enrichissement outrancier pour ses artisans. Du pharmacien aux fabricants de médicaments, du dentiste au vétérinaire, du radiologiste à l'orthopédiste, du radiologiste au cardiologue, etc. Un affrontement est prévisible ! Depuis ce temps, la Santé est devenue une manufacture à millionnaires.

Toutes les études que j'ai lues démontrent la nécessité de s'inspirer ailleurs que chez soi, comme la Suède, la Norvège, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, en somme 20 pays, où la Santé est en meilleure santé et où on s'inspire du privé. L'informatisation est au cœur de la solution. 13% des médecins de famille en Ontario le sont, 33% en Alberta, 81% en Suède et 99 % au Danemark. Ce dernier pays conclut qu'il a fait une économie d'un milliard de $ annuellement en ce faisant. Nous, même si on attend encore, on est mieux que les autres semblent affirmer nos mandarins de la fonction publique.

En y incluant le remboursement annuel de la dette de l'État, les dépenses de la Santé et de l'Éducation englobent 75,4 % des dépenses totales du gouvernement. Il n'en reste que 25 % pour tout le reste. Selon le Conference Board du Canada, en 2007, le ministère de la Santé à lui seul englobait 38,8% de ce budget total. Trois ans plus tard, ce fut 8,7% de plus, soit 47,5%. Près de la moitié des dépenses de l'État. Des milliards de dollars qui entretiennent une bureaucratie démentielle au point que celle-ci constitue, elle-même, la grande part du problème. Il ne reste plus grand espace pour assainir les finances publiques après que les mieux nantis se sont servis. Nous croulons sous cette structure.

Les impératifs imposent à l'État de s'alléger. Pourquoi ne pas user des mêmes procédés que je cite plus haut pour le ministère de l'Éducation et de la Santé. Soit de confier à la philosophie de l'entreprise privée toute la portion du service de l'État envers le public. Des hôpitaux privés concurrentiels. La solution ne résiderait-elle pas dans un partenariat innové, inventif basé sur une nouvelle relation du public et du privé, telle que le propose Jean Laliberté, dans son livre sur les fonctionnaires ? Au grand dam des syndicats bien sûr ! Qui cherchent à exclure le privé et privilégier le socialisme. Alors qu'ils pourraient devenir au mieux des agents de changements et des partenaires.

Ce texte est extrait du livre de Claude Bérubé « À 72 ans, moi aussi, j'ai un mot à dire » Les éditions Québec-Livres. 247 pages. Disponible dans toutes les librairies.

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