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Le vivre-ensemble et le vivre côte à côte

Le « vivre côte à côte » se marie avec le multiculturalisme tandis que le « vivre ensemble » se définit davantage comme l'interculturalisme.

11/08/2017 18:39 EDT | Actualisé 16/08/2017 13:42 EDT
Getty Images/iStockphoto
Toutes ces nations se côtoient « côte à côte » et côtoient la nation prédominante.

Depuis la tragédie survenue à la mosquée de Québec et depuis l'histoire du cimetière pour des musulmans de St-Apollinaire et l'acquisition d'un terrain par des musulmans pour un cimetière à Québec, on n'a jamais entendu autant parler du « vivre ensemble » par le maire de Québec, par le premier du Québec et par le maire de Montréal et par la majorité des commentateurs.

Il me semble que la notion du « vivre ensemble » est peu réfléchie et ressemble à une grande boîte où on rassemble toutes les définitions disparates qui donnent bonne conscience à chacun. Cette notion, pourtant, se heurte à celle du « vivre côte à côte ». Il me semble pertinent d'aborder cette question à ce moment pour définir chacune de ces deux théories.

Le « vivre côte à côte » se marie avec le multiculturalisme tandis que le « vivre ensemble » se définit davantage comme l'interculturalisme.

Le « vivre côte à côte » se marie avec le multiculturalisme tandis que le « vivre ensemble » se définit davantage comme l'interculturalisme. Deux notions distinctes qui bâtiront deux sociétés différentes dans lesquelles devront vivre nos enfants.

Faisons suite à mon premier paragraphe pour servir d'exemple. Quand les musulmans de la mosquée de Québec ont réclamé un cimetière exclusif pour eux, il s'agit d'un accommodement du «vivre côte à côte ». Comme disaient certains objecteurs de St-Apollinaire, si nous voulons « vivre ensemble » pourquoi ne pas mourir ensemble ? Et on mentionnait le mot « œcuménisme ». Cette histoire aurait pu être tout autre.

L'interculturalisme suppose l'intégration. Quand le maire Labeaume a vendu un terrain à ces musulmans, il a proclamé le « vivre ensemble » alors qu'il venait de poser un geste de « vivre côte à côte » soit de multiculturalisme. Devant une exigence venant d'une confession.

La suprématie du catholicisme dans notre Histoire a créé bien des distorsions dans notre société. L'exclusivité des catholiques a privé les autres confessions, comme les juifs, qui n'ont pas eu d'autres choix que d'avoir des cimetières exclusifs. Tout comme les protestants, etc. Ceci a créé des droits acquis qui perdurent, mais qu'il vaudrait mieux ne pas perpétuer. Nous avons bien déconfessionnalisé nos commissions scolaires, pourquoi ne pas le faire avec les cimetières? Nous avons modifié bien des institutions depuis 50 ans. Accepterons-nous de perpétuer les acquis où chaque religion aura son cimetière ? Multiculturalisme versus interculturalisme.

Comme la ville de Montréal qui loge de nombreux quartiers ethniques soit le quartier chinois, le quartier grec, le quartier portugais, le quartier chinois, la petite Italie et l'est de Montréal qui devient très haïtien, les néo- Québécois d'origine juive se regroupent comme les Arméniens et les Jamaïquains, etc.

Chaque quartier est un minuscule ghetto où il y a une vie nationale et où on parle la langue et le dialecte du pays d'origine et où on perpétue les traditions du pays natal. Toutes ces nations se côtoient « côte à côte » et côtoient la nation prédominante. Les musulmans feront sûrement de même. Ce qu'on y réclame c'est que chacun puisse y évoluer dans sa culture sans contrainte. La population immigrante est à la hausse (certaines nations plus que d'autres) et dépassera la principale population qui ne sera plus prédominante. Qui la deviendra?

Chacune de ces nationalités et confessions souhaite que la majorité les comprenne et les accepte comme telles avec leur culture intégrale et avec respect sous le vocable erroné de « vivre ensemble ». C'est leur concept de l'intégration.

Mais l'inverse existe-t-il ? Il y a en pourtant beaucoup, parmi les néo-Québécois, qui s'intègrent déjà autant dans les manifestations, les loisirs, les sports, qui suivent le théâtre et les spectacles du Québec et s'intéressent au passé du Québec. Voilà le « vivre ensemble. Prendre et donner de la culture.

Grâce à l'intégration, au métissage et au "vivre ensemble", soit à l'interculturalisme, nous pouvons aspirer à bâtir une nouvelle nation et une langue modifiée aux multiples couleurs. Ce qui me semble difficile à atteindre avec la courtepointe du multiculturalisme, soit le 'vivre côte à côte ».

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com