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La passion de vivre

11/05/2014 09:16 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

La passion de vivre. Cette passion qui nous consume afin de poursuivre la vie malgré les curieux hasards de la nature.

Pourquoi se soumettre avec souffrance aux traitements pour le cancer, si ce n'est que pour prolonger cette vie et en bannir la souffrance ? Pourquoi se bat-on pour vivre quand il nous manque les deux mains et les deux jambes ? Pourquoi se colleter avec la vie quand les maux du corps nous diminuent ; quand les souvenirs disparaissent peu à peu ; quand quelques maladies dégénératives limitent les mouvements du vieux qui s'exclame malgré tout que la vie est belle ? Pourquoi attendre que la mort ne survienne avec sa faucille pour mettre fin à cette panoplie de blessures de la vie ? Pourquoi le suicide n'est-il pas une avenue choisie par la majorité ? Parce qu'il existe une indescriptible passion de vivre. Un instinct qui nous colle à la carcasse,

Je me souviens de cette jeune fille qui ne faisait que rire avec sa bouche toute croche. Cet alcoolique et drogué qui parcourait les rues pour un gite, une bouffe ou une «puff» de plus, qui gelait les nuits d'hiver pour endurer son itinérance. Pourquoi vivre dans ces conditions ? Sinon une certaine passion qui surgit au fond de soi-même comme au fond d'un volcan prêt à exploser.

Et tous ces réfugiés qui vivent sans manger dans des conditions inhumaines. Ils sont des millions sur cette planète. Quand l'être humain est couché sur un grabat tordu sous les souffrances les plus atroces, pourquoi crie-t-il de lui sauver la vie. Pourquoi ces millions d'indigents font-ils malgré tout des enfants pour donner la vie ? Pour que l'humanité continue d'exister. N'est-ce pas la passion pour la vie? La suite des choses.

Cet instinct enfoui au plus profond de notre être nous hurle de durer. Et pourtant, il y a ce désespéré qui n'entend pas ce cri. Il ne croit plus en la vie et souhaite en finir. Pour celui pour qui le suicide est la seule porte de sortie, qu'il soit croyant ou pas, qu'il y ait une suite ou pas ? Pourquoi la passion a-t-elle fui son âme et son corps ? Le suicide assisté ou autre façon de faire font émerger en nous toute une réflexion, un débat sur l'euthanasie, sur la mort médicalement provoquée et les soins de fin de vie. Pourquoi ne pas choisir dignement de partir quand bon nous semble ? Et la passion ! Cet instinct de vivre dont je parle depuis le début de ce texte, où niche-t-il ?

Je suis sidéré par cette volonté de vivre d'un côté et le désir d'en finir maintenant de l'autre. D'un côté, on veut vivre malgré la souffrance et de l'autre la souffrance justifie d'y mettre fin. J'ai de la compassion pour les deux êtres opposés. Pourquoi l'un est-il habité par une passion de vivre pendant que l'autre réclame à grand cri de mettre fin à ses souffrances, même dans la dignité ?

Vivre, donner la vie, recevoir des attentions nourrit toutes les races de la planète. La vie coule autour du globe comme un ruisseau, une rivière à laquelle tous peuvent s'abreuver. Facile à écrire. Il y a l'autre, assoiffé, qui s'éloigne de la mare d'eau. Aucun désir d'y tremper ses lèvres, un seul souhait...en finir ! Pourquoi la passion de vivre, l'a-t-elle quitté ? Pourquoi?

Lisez d'autres textes de Claude Bérubé en visitant son blogue Leptitvieux.com

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