Claude Bérubé

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Impossible pour un vieux de 70 ans de penser comme un jeune de 20 ans

Publication: 22/01/2013 14:36

Lors des manifestations bruyantes des étudiants en 2012, j'ai regardé à la télévision ce qui me semblait un grand party d'étudiants. Des démonstrations dans la rue qui me rappelaient les grandes marches et les grands rassemblements des années 60 et 70. En consultant leur manifeste, je relisais les manifestes de l'époque de la révolution tranquille et même bien avant comme le Refus global, l'Option souveraineté-association, celui du FLQ et de tant d'autres, même sur la scène internationale. Et je me suis dit : rien de nouveau sous le soleil.

Que de clichés on ne peut plus semblables à ceux véhiculés dans les années soixante par nos étudiants et aussi dans l'Europe de l'Est. Le communisme en est issu avec les écrits de Karl Marx et autres. Il n'y a que des travailleurs, des travailleuses et des exploiteurs au cœur de ces manifestes. Il y en a que pour le prolétariat, quoi !

Maintenant la différence découle avec la présence des médias sociaux et médias généralistes. La facilité des contacts des réseaux et l'accession facile à la visibilité et la notoriété (pour ne pas dire vedettariat), qu'apportent les médias donne une importance outrancière aux événements et à leurs figures de proue. Et le prolétaire de la rue est aujourd'hui un universitaire.

Puis, à l'écran de mon téléviseur, au milieu des protestataires, apparait un homme à la crinière blanche, tout comme moi, qui claironne haut et fort être du côté des étudiants et d'accord avec leurs revendications puisqu'il pense comme eux. Quelle foutaise ! Récupérer les doléances des jeunes de vingt ans pour valider sa propre jeunesse regrettée me rend sa vieillesse bien triste. Il est impossible pour un vieux de 70 ans de penser comme les jeunes de vingt ans. Impossible, je le répète. Car, cela signifie de renier, d'effacer, de rayer 50 ans de vie féconde. Comme si toute une vie adulte ne lui avait pas apporté des connaissances, des expériences de vie et un savoir précieux sur les aspirations sociales et les comportements complexes des individus. Si ces 50 années n'apportent pas un éclairage différent et supplémentaire, cela signifie que nous avons passé à côté de la vie et que, à leur tour, les jeunes passeront à côté.

Je souhaite que les étudiants s'extériorisent comme on l'a toujours fait depuis des siècles. Je serais plus inquiet s'ils ne le faisaient pas.

Mais, les vieux auront toujours une vision différente. Cela est juste. C'est pourquoi un vieux dicton dit : SI JEUNESSE SAVAIT ET SI VIEILLESSE POUVAIT. N'est-ce pas là les éléments de base pour un partenariat complémentaire ?

Faut-il croire que la jeunesse n'a pas changé depuis l'Antiquité et les vieux non plus ? L'Homme n'a jamais changé, seulement son environnement. C'était mieux dans mon temps ! N'est-ce pas toujours la même ritournelle familière qui se radote de siècle en siècle, surtout quand elle vient d'un p'tit vieux. Mes parents ont dit des choses semblables à l'égard de ma génération. Pour eux, Elvis Presley et les Beatles, c'était le diable. Ce n'était pas de la musique. La déchéance nous attendait. Parce que nous imitions les cowboys avec nos fusils à pétards, nous étions de la graine à meurtriers.

Je sais aussi que la jeunesse va inventer et construire une société différente à cause de leur recherche constante, imaginative et de leurs caractéristiques pertinentes. Avec succès et insuccès et toutes les imperfections habituelles ! Comme nous l'avons fait ! Comme l'ont fait toutes les générations qui nous ont précédés et qui, elles aussi, ont été décriées par les vieux. Il faut reconnaître qu'il m'est impossible de juger avec les yeux de la jeune génération. Ma vision est pleine d'expérience. Je doute que la jeunesse tienne compte de mes avis. Ils referont les mêmes erreurs que nous avons faites parce que nous n'avons pas tenu compte des avis de nos aînés. Une chose dont je suis certain: ce sont nos jeunes qui trouveront les solutions aux problèmes climatiques et écologiques, qui inventeront de nouvelles formules de vie familiale. La technologie envahissante actuelle se dénichera une place créatrice au sein des solutions du développement futur. Bien sûr, il sera imparfait. Peut-être sommes-nous à l'heure d'une civilisation orale ? Avec le langage primaire des textos, Twitter et des écrans tactiles, je soupçonne moins l'utilité d'une langue écrite complète. On pressera sur des idéogrammes et les mots ne seront que des onomatopées. Ce ne sera pas nouveau. Les langues ont bien souvent changé et évolué au cours de l'Histoire. Pour le mieux ou le pire. Pourquoi pas cette fois-ci encore ? Car ce n'est que l'environnement de l'homme qui change ; lui, sera toujours le même.

Le jeune homme d'aujourd'hui dans la rue avec sa casserole deviendra l'homme qui déblatérera les mêmes doléances que moi à l'égard de la jeunesse quand il sera vieux à son tour et qu'il aura vécu 50 ans de plus.

Découvrez le blogue de Claude Bérubé, Les insolences d'un p'tit vieux, en cliquant ici.

 
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Lors des manifestations bruyantes des étudiants en 2012, j'ai regardé à la télévision ce qui me semblait un grand party d'étudiants. Des démonstrations dans la rue qui me rappelaient les grand...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
20:34 sur 23/01/2013
J'ai déjà expliqué à mon fils que la différence entre un homme de 20 ans et un autre de 40 ans est que les hormones du second travaillent moins fort ce qui lui donne plus de temps pour réfléchir avant de dire ou faire quelque chose.
10:19 sur 23/01/2013
J'aime beaucoup votre vision du monde qui nous entoure. Sincèrement merci pour ce billet bien écrit !
08:48 sur 23/01/2013
Je ne sais pas si vous parlez d'Armand Vaillancourt, mais si oui, il est connu mondialement et a été nommé chevalier de l'Ordre national du Québec. Je ne crois pas qu'on peut parler d'un homme qui a «passé à côté de sa vie». Ça ne l'empêche pads d'être un militant très actif et engagé, et présent dans toutes lesa manifs, même s'il est né avant la crise de 29.

Je crois que plutôt que «si jeunesse savait», il vaut mieux voir les choses sous l'angle de «la jeunesse a tout à gagner et rien perdre» et «pour la vieillesse, c'est l'inverse». Du moins dans les perceptions, et pour moi, c'est ce qui explique le conservatisme généralisé chez les vieux.

Il existe des politiques, des idées, des priorités et des valeurs concrètes, qui ont des définitions dans le dictionnaire, des définitions qui ne changent pas en fonction de l'âge de la personne qui lit.

J'ai bien l'impression que derrière ce que vous appelez «expérience», il se cache en fait un peu de regrets, de remords, de déceptions, de renoncement, de désillusions, et peut-être, de peur (peur de perdre ce qu'on a, peur d'être chamboulé). La vraie expérience est celle qui donne des moyens de remporter des combats, pas de les abandonner.
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musael
Ad majorem consciencia
01:33 sur 23/01/2013
Est-il nécessaire d'être gâcheux quand on est vieux? D'abord pourquoi en faire une question de génération? Ce faisant, vous vous excluez du débat. Surprenant pour quelqu'un qui, dans son premier billet déplorait justement être pris, à son corps défendant, dans le ghetto de l'âgisme. Vous dites qu'à soixante dix ans on ne peut penser comme à vingt ans. Sans doute, mais les idées défendues par les étudiants ont-elles vraiment un âge? Ne correspondent-elles pas plutôt à une vision d'un monde égalitaire. L'Égalité, monsieur, ça devrait rejoindre tout le monde, non? Quand les femmes revendiquaient le droit de vote, était-ce une question de génération? Quand la lutte des droits civiles battait son plein aux USA, était-ce une question de génération? Quand l'accès à l'éducation primaire et secondaire pour tous fut voté, était-ce une question de génération?
Michel Chartrand est mort à l'âge vénérable de 94 ans et il faisait la promotion de revenu minimum garanti. Vous allez me dire qu'il retournait en enfance peut-être?

À lire votre commentaire sur les mouvements sociaux des soixantes dernières années on sent la suffisance du parvenu qui a tout vu et qui est revenu de tout; vous parlez comme si votre vécu vous donnait une supériorité certaine.
09:53 sur 23/01/2013
De quel côté du lit vous êtes-vous levé pour attaquer de pareille sorte quelqu'un qui s'exprime et qui le fait bien ? Est-ce que vous pensez que réagir ainsi et sans raison vous donne une supériorité certaine ?? :)
Bonne journée !
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
musael
Ad majorem consciencia
11:54 sur 23/01/2013
Sans raison, vraiment? Il me semble que je soulève d'excellentes objections à ses affirmations qui n'ont d'autres fondements que sa conception étriquée de l'action des jeunes. Car si vous le lisez bien, ce qu'il dit au fond c'est que ce n'était qu'une crise d'ados et que ça leurs passera avec l'âge. Bref, du pur Martineau juste un peu mieux écrit. Quand aux grands principes, au débat de fond, pas un mot.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
20:31 sur 23/01/2013
musael : « Est-il nécessaire d'être gâcheux quand on est vieux? »

Non. Ce qui ne t'empêche pas d'être .. comment tu dis ça, donc ??

GÂCHEUX , EUSE adj.
Détrempé d'eau, bourbeux. Chemin gâcheux. Terres gâcheuses.
http://dvlf.uchicago.edu/mot/g%C3%A2cheux
00:03 sur 23/01/2013
Quand je vois ces jeunes, je me revois à mes 20 ans et me surprend à penser comme eux.
21:09 sur 22/01/2013
Je fait confiance aux jeunes,il finiront bien par trouver leur chemin les nécessités de la vie vont s'en charger,mais ils sont capable de faire un choix parce que au fond ça se résume à ca,quelwues un vont rester contestataires toute leur vie,d'autres vont faire le choix de se fondre dans la masse,enfin ils vont faire leur vie comme nous l'avons fait.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Slash22
Quot homines, tot sententiae.
20:49 sur 22/01/2013
« La conscience est la dernière et la plus tardive évolution de la vie organique, et par conséquent ce qu'il y a de moins accompli et de plus fragile en elle. » Friedrich Nietzsche
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
15:57 sur 22/01/2013
Je prendrai le titre à l'envers, bien des jeunes aujourd'hui sont incapables de réfléchir d'eux mêmes avec ce qu'il y a entre leurs 2 oreilles.
Le sentiment d'appartenance à un groupe, même s'ils se jettent en bas d'un ravin, est plus fort que la simple réflexion du situationnel grotesque dans lequel ils se placent souvent, faute de recul.
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Slash22
Quot homines, tot sententiae.
20:43 sur 22/01/2013
Votre commentaire vient de confirmer à 100% la thèse de M. Bérubé à savoir « Il faut reconnaître qu'il m'est impossible de juger avec les yeux de la jeune génération. Ma vision est pleine d'expérience. Je doute que la jeunesse tienne compte de mes avis. Ils referont les mêmes erreurs que nous avons faites parce que nous n'avons pas tenu compte des avis de nos aînés.»
Changez de disque ou de CD, R01... Il n`y a pas que le titre que vous avez pris à l`envers, on dirait !
15:49 sur 22/01/2013
Très bonne chronique et je suis tout à fait d'accord avec vous... Avez-vous une adresse twitter?
@liseroy213
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Blogueur du Huffington Post
Claude Bérubé
17:37 sur 23/01/2013
Réponse de CLAUDE BÉRUBÉ
Je ne suis pas tellement twittomane. Mais esssayons le courriel
les insolences@leptitvieux.com

Leptitvieux.com est l'adresse de mon blogue personnel
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Blogueur du Huffington Post
Claude Bérubé
00:51 sur 24/01/2013
Essayer plutôt
allo.picasso@hotmail.com