LES BLOGUES

La douce Suède en plein tumulte!

11/09/2013 04:06 EDT | Actualisé 10/11/2013 05:12 EST

C'était au mois de mai 2013 ! Depuis plusieurs jours ! Ça saute ! Ça explose ! Ça brule ! Des voitures s'enflamment ! De violents affrontements avec la police ! Des émeutes se lèvent dans plusieurs quartiers de Stockholm, dont celui de Husby. Comme en France en 2005 et en Angleterre en 2011. Concentration de l'immigration, chômage, ségrégation et exclusion, pauvreté. Comment tout cela peut-il survenir dans ce pays, la Suède, considérée comme un, sinon le pays le mieux gouverné de la planète et le plus accueillant pour les immigrants ? La Suède est un pays où les citoyens sont fiers de l'équité de leur état socialiste. Comment cet état peut-il être aux prises avec des accusations de racisme, de brutalité policière, de chômage excessif et d'intolérance ? Au point de tout mettre à feu dans les quartiers d'immigrants.

Depuis ma jeunesse, depuis les années 60, on nous présente ce pays comme celui de la redistribution de la richesse, de la tolérance et de l'ouverture à l'immigration : le fameux modèle suédois qu'on cite pour sa bomme gouvernance. Un pays socialiste qui cohabite avec le libéralisme. Les deux derniers gouvernements ont été de la droite modérée et de la droite extrême. Pourtant, pourquoi nos médias ont-ils tu le malaise grandissant du quartier Rosengaard situé dans la grande ville voisine Malmö de 300 000 habitants ? Il y avait pourtant des signaux avertisseurs. Il s'agit d'un ghetto où 90 % de la population est étrangère et à grande majorité musulmane. Rosengaard est devenu un quartier explosif, dangereux. Le chômage endémique et la criminalité obsédante nourrissent la violence qui y règne en maitre. Ses habitants réclament la Charia pour ce quartier, si ce n'est la ville entière. Déjà, il y a quatre ans un Suédois ne pouvait pénétrer dans ce quartier, les ambulances devaient se faire escorter par des autos patrouilles, par sécurité.

Dans la ville de Malmö, lors du prestigieux concours Eurovision, la délégation israélienne a subi du harcèlement et reçu des menaces de mort. On était assis sur un volcan. Mais l'hospitalité légendaire peut parfois prendre l'allure de l'inaction.

Pendant ce temps, de l'autre côté de la rivière, à Stockholm même, dans le quartier Husby, où l'on compte 30 % de jeunes sans-emplois, il y avait une recrudescence d'immigrants qui profitaient de l'ouverture hospitalière des Suédois. Ajoutons depuis, les quartiers de Rinkeby, Alosjo et Tensta. Je me souviens avoir prédit dans un écrit d'alors que toutes les conditions étaient réunies pour que le couvercle saute. Et il vient de sauter. Je savais que quand un groupe minoritaire regroupé sur un petit territoire, comme un quartier, comme un ghetto, dépasse 10% de la population, les risques de malaise sont éminents. Aujourd'hui, ce groupe a atteint 1 1/2 millions d'habitants soit 15% des 9,5 millions de Suédois. Un chômage de 16% y prévaut quand la moyenne du pays est de 8%. La pauvreté est passée de 4% à 9%.

En 2012, la Suède accueillait 44 000 réfugiés pendant qu'au Québec on en acceptait 50 000.

Voilà que le volcan qui grondait est entré en éruption. Nous verrons comment le fameux modèle suédois résoudra les dégâts. Il nous faut nous méfier des mouvements migratoires et bien les observer. Il nous faut nous méfier des ghettos et de 10% d'immigrants sur un territoire fermé. Surtout quand les cultures s'opposent et n'arrivent pas à s'arrimer.

Stockholm connait l'une des croissances les plus rapides parmi les villes européennes. Son taux d'imposition de 56,6 % est le plus élevé. Y trouverons-nous une piste et un exemple ?

Loin d'adopter une attitude raciste, il en découle qu'une gestion du territoire en matière d'immigration s'impose et qu'un métissage de cultures opposées fait partie de l'intégration essentielle pour mettre un frein à une politique de ghettos. L'intégration réussie n'est pas le fruit du hasard, elle doit relever de cette gestion. Il reste à la Suède à bien gérer ce problème et au Québec à en suivre l'évolution et les résultats pour s'en inspirer. Les adversaires du pouvoir clament que ce sont les mesures d'intégrations des immigrants venant de la droite extrême au pouvoir suédois qui en sont responsables. Cette situation complexe n'est pas unique à la Suède, mais peut constituer un bon baromètre pour le Québec par sa dimension similaire.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.


De quelles religions sont les Québécois?