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Un meurtre difficile à comprendre

13/12/2014 08:04 EST | Actualisé 12/02/2015 05:12 EST

Nous sommes en décembre 2007. Une femme agente d'immeuble est passée de l'autre côté du miroir. Elle a eu le malheur de goûter à la cocaïne. Elle n'en prend que socialement, dit-elle. Mais ce soir-là, elle se sent seule, elle déprime et la coke devrait lui donner un peu de bonheur. Celui des gens seuls.

La dame fait un appel, son revendeur vient faire une livraison. C'est cash! Dans ce domaine, on ne fait que rarement crédit. Une fois le sachet vide, l'agente sentant perdre l'effet bienfaisant, téléphone à nouveau. Un peu d'attente, beaucoup d'anxiété, il lui manque quelques dollars.

Bien sûr, le revendeur rechigne, mais il n'a pas tout perdu. Elle aura une pénalité, c'est un peu comme les banques. Plus question pour elle de rappeler ce soir-là. Quelques heures plus tard, c'est la panique. Elle a envie d'une autre dose. Plus un sou, mais le nom d'un autre fournisseur. Dans ce domaine, il faut savoir prévoir.

Cette fois, il se fait attendre. Et ce n'est que deux heures plus tard qu'il se pointe. Dire qu'elle est colère serait un euphémisme. Une vilaine querelle éclate et le pauvre revendeur qui fait la moitié du poids de sa cliente se retrouve sur le plancher. Faut dire que de recevoir neuf coups de marteau, ça marque un homme.

Il se retrouve à l'état de cadavre, atterrissant dans le bain pour le reste de la nuit. Ce n'est que tard le lendemain matin que la dame réalisera l'étendue de son geste. Là où elle est, on ne vend pas de maison.

L'ironie: le revendeur est mort le jour de sa propre fête. Il avait 36 ans. Mis à la porte de son emploi, il vendait de la coke depuis peu. Il en consommait aussi un peu. Il n'était pas un criminel endurci, juste un gars un peu perdu. Elle n'était pas une criminelle endurcie, juste une femme ayant besoin d'une béquille, mais qui venait de commettre l'irréparable.

La vie est comme ça. Elle n'est ni juste, ni égale. Elle n'est que là.

Aux lecteurs du Huffington Post

Je suis à la recherche de personnes ayant connu Nicola Terranova, le revendeur dont il est question dans ce billet et qui est mort le jour de ses 36 ans. Il demeurait dans St-Michel, sur la 15e avenue.

Je cherche d'anciens amis, des compagnons de classe, des collègues de travail, des voisins qui accepteraient de témoigner dans le cadre d'une émission de télévision. Merci de me contacter.

Dans le même souffle, mon prochain livre, Le Lansquenet solitaire, sortira fin décembre en librairie.

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