Christine E. Laprade

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Ma soirée chez les effeuilleuses

Publication: 08/11/2012 13:49

Je serai totalement honnête avec vous.
Oui, je connais le mythique club de danseurs « Le 281 ». Oui, j'y ai passé une soirée.
(Toussotements) Plus d'une fois.


L'occasion?
Célébrer mon passage à l'âge adulte dans le summum de la décadence et du bon goût, et celui d'une dizaine de mes copines par la suite... Mais je m'égare.
La vérité toute crue : je n'ai jamais aimé l'idée que mes conjoints soient à quelques mètres ou sur un podium avec des femmes complètement nues stimulant des actes sexuels ou les touchant de façon suggestive (croyez-moi j'ai toujours fait de mon mieux pour éclipser ces sacrées effeuilleuses). Sur mon échelle d'inquiétude, rien n'arrivait à la cheville d'un enterrement de vie de garçon (une espèce de quatrième dimension du sexe d'après les ouï-dire).
C'est simple, je me suis toujours méfiée des infâmes «club de danseuses». La raison? J'ai vu et ces images sont gravées dans mon esprit, des femmes, créatures ma foi un brin trop extraverties et enthousiastes lorsque alcool et copines s'unissent, se d-é-c-h-a-i-n-e-r telles des créatures en réclusion depuis la préhistoire, en présence d'hommes virils, nus, dansants, accessibles. Je ne vous en dirai pas plus. Je prendrais bien un cachet d'acétaminophène juste d'y repenser.
Qu'en était-il des véritables bars miteux, licencieux et moins médiatiques, me suis-je toujours demandé.

J'ai déjà eu une copine effeuilleuse, mais son récit ne m'était que bien peu convainquant et pas du tout rassurant car en vérité, « L'image alerte, l'écrit persuade » (dixit Nicolas Hulot). Je devais voir par moi-même de quoi il retourne exactement.

J'ai eu l'honneur de célébrer mon baptême « libidineux »en grandes pompes il y a quelques jours au Café Cléopâtra, figure centrale du nightlife Montréalais. Un club où le prolétariat exerce ironiquement son pouvoir économique avec une pratique qui remonte au début des temps, soit où la femme et l'homme nous ramènent directement à notre instinct primal...
Pour les néophytes, le Café Cléopatra est situé au coin du Boulevard Saint-Laurent et rue Sainte-Catherine est. On est à des milles à la ronde du cliché joueur de hockey, glamour et champagne. Ici, pas de fioriture.

Mes constatations? Très peu d'implants mammaires. Pas de chirurgie esthétique flagrante. Rarissimes rouquines et surprenament, peu de blondes aussi. Mais ce qui m'a frappé ici c'est à quel point les femmes sont charnues! Pas de panique : il y a deux standards : ce qu'on voit en feuilletant un magazine féminin ou sur les passerelles (milieu qui m'est familier) et le reste.

Ces dernières étaient de vraies femmes. Avec de la chair, des courbes et une assurance de béton. Ces corps, qui se dandinaient, avec leurs imperfections, la confiance en-soi et le sex-appeal indéniables qui émanaient de ces femmes... Rafraîchissant! Les hommes eux, pendant ce temps? Hypnotisés. Notre groupe de femmes était confus. Voir des femmes, jugées imparfaites selon les standards de mes consœurs, (« elle n'a pas abdominaux », « elle a un petit ventre! », « j'ai les jambes plus musclées », « j'ai cru apercevoir un peu de cellulite! ») s'assumer pleinement et commander l'attention d'une salle remplie de 100 hommes? Quelle bonne leçon de vie pour toute femme qui a du mal avec l'acceptation de son propre corps.

AU FINAL? Rien ne m'a choqué (sinon comment possiblement être à l'aise nue devant une centaine de personnes), j'ai rigolé (une effeuilleuse avait le même soutif que moi), la musique était au mieux discutable, mes copines sont reparti avec une bien meilleure acceptation corporelle d'elles-mêmes et je suis beaucoup plus détendue par rapport à ce type de bar : mon imaginaire était mille fois pire.
J'ai même eu droit à un tuyau pour des talons aiguilles dont je me suis entichée. Merci Ana!

 
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