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Pourquoi les colères de mon enfant me rendent si vulnérable

16/01/2017 08:12 EST | Actualisé 16/01/2017 08:12 EST

Lorsque ma grande avait deux ans, j'ai eu une prise de conscience magistrale ! Elle faisait beaucoup de crises très spectaculaires, violentes et malgré mon énergie, ma volonté et tout mon amour, je n'arrivais jamais à revenir au calme sans rancune, comme si ma peine n'était qu'un puits sans fond, lors de ces moments chaotiques.

Un jour, elle m'a regardée dans les yeux en refusant de collaborer. Je croyais voir de l'insolence, de l'ingratitude et tellement de culot, de me confronter ainsi... Et j'ai compris, tout est devenu très limpide. Au fond, dans ses yeux je voyais la chance que je n'avais pas eue, je voyais sa liberté insouciante, je voyais son désir de s'exprimer et se détacher pour ÊTRE !!

Et moi, je n'étais plus une adulte, mais une petite fille qui criait à l'injustice, de ne pas avoir pu m'exprimer ainsi, de ne pas avoir pu dire sans craindre de baisser les yeux. Je lui en voulais de ne pas être reconnaissante de ce qu'elle avait et surtout, consciente de ce que je lui offrais. Je lui en voulais de ne pas considérer mes nombreux efforts pour faire différemment, pour lui permettre une enfance plus légère, plus égalitaire... Une éducation fondamentalement différente.

J'ai donc décidé de prendre soin de moi, de me donner beaucoup d'amour et de tendresse. J'ai aussi décidé de pardonner parce que ce qui m'a tant manqué n'a pas été fait exprès, mais c'était une autre époque, d'autres méthodes, et il y avait aussi des blessures enfouies que je ne connais pas.

En m'accordant cette indulgence, j'ai pu reprendre mon rôle d'adulte, et ne plus me sentir en concurrence directe avec ma si petite, petite amour innocente au cerveau neuf, spontanée et en apprentissage. Je lui ai redonné sa place, j'ai pu panser mes blessures en intervenant autrement et en continuant ma mission avec conviction : permettre à mes enfants d'être des enfants, de s'épanouir sans attente, d'être eux sans inquiétude.

Un jour, ils me reprocheront peut-être ce que je n'ai pas été ou ce que j'aurai du faire, mais j'y suis préparée j'aurai pour ma part donné le maximum pour ne pas leur transmettre mes propres blessures et leur avoir permis de tisser leur histoire personnelle, même si elle reste teintée par le trans-générationnel. Je suis imparfaite, mais ce qui me fait vibrer est de modifier ce qui m'a tant heurtée, et prolonger ce que j'ai tant aimé, transmettre.

Elle avait deux ans, et moi tout autant, cette journée où à son âge j'aurai été envoyée dans ma chambre pour réfléchir à ma mauvaise conduite. Mais lorsque je suis redevenue sa maman, mes angoisses, ma rancœur et mes peurs sont parties, car je savais que je pourrai à nouveau être un guide stable et solide, plutôt qu'une enfant blessée.

Et c'est alors que je n'ai plus jamais trouvé qu'elle avait plus de chance que moi, je me suis réjouis pour elle, je me suis alors dit qu'elle aurait ses propres défis à relever et que je serai toujours son alliée pour la guider !

Découvrez d'autres textes de Chloé Boehme sur son site web chloeboehme.com ainsi que sur sa page Facebook.

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