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Je suis un orphelin politique

24/04/2016 09:09 EDT | Actualisé 25/04/2017 05:12 EDT

Mardi 21 avril 2016 : à l'Écomusée du fier monde, sur la rue Amherst à Montréal, un nouveau mouvement vient de naître.

Ils s'appellent les «Orphelins politiques», pour bien démontrer qu'aucun parti politique, sur la scène québécoise, n'obtient leur faveur. Leur chef est Paul Saint-Pierre Plamondon, auteur et avocat, et ils comptent plusieurs personnalités, dont l'ex-député libéral et bâtonnier du Québec Gilles Ouimet, comme sympathisants.

Vous voulez en savoir plus?

Ils étaient environ 300 à assister à la naissance de ce mouvement, qui peut-être deviendra parti politique, ou pas. M. Saint-Pierre Plamondon espère attirer 1 000 personnes à un deuxième lancement, prévu pour septembre.

Je pourrais bien y assister, étant donné que je me considère complètement et totalement comme un orphelin politique, puisque je vote «contre» et non «pour» à chaque maudite élection, et qu'aucun parti politique québécois ne me plaît un tant soit peu. Mais je me pose la question en voyant ce mouvement : je suis un orphelin politique, mais suis-je un «Orphelin politique»?

Bon, avant toute chose, changer les perceptions. Voici un billet de blogue publié dans sur le Huffington Post Québec par Alexandre Leduc, ex-candidat de Québec solidaire dans Hochelaga-Maisonneuve. M. Leduc, collègue blogueur, y affirme que «son analyse de la conjoncture politique est erronée», en parlant de Plamondon. Parce que les «vrais» orphelins politiques, ce sont les fédéralistes de gauche, et le NPD-Québec viendra y remédier sous peu (soit dit en passant, ce serait une excellente nouvelle).

M. Leduc est aussi inquiet de la non-prise de position sur la question nationale par le mouvement, comparant cela à la Coalition Avenir Québec (CAQ) et à son moratoire de 10 ans, mentionnant que cet aspect rattrapera le futur parti.

Finalement :

« (...) M. St-Pierre-Plamondon, si vous voulez vraiment faire œuvre utile en tant que progressiste qui veut battre Philippe Couillard, prenez position sur la question nationale et joignez le parti qui occupe cette place sur l'échiquier politique. Si l'ordre constitutionnel canadien vous convient, vous serez à votre place au NPD-Québec. Si, au contraire, vous pensez que l'indépendance est un combat qu'il faut mener au même titre que celui de la justice sociale, de l'écologie ou du féminisme, Québec solidaire bénéficiera de votre énergie et de votre ambition pour le Québec.»

Commençons par le début : l'analyse de M. Saint-Pierre Plamondon est, au contraire, excellente dans le contexte actuel. De plus en plus de Québécois ne se reconnaissent ni dans le PLQ, cette institution gangrenée par une corruption qui semble endémique, ni dans le PQ, cette lourde machine à tuer les chefs ayant arrêté depuis longtemps la promotion de son projet fondateur, l'indépendance.

Ce qui fait mal à la CAQ, qui avait pourtant un certain vent dans les voiles au départ, c'est son incroyable manque de profondeur et de talent, en grande partie parce qu'ils ont fait l'erreur de ramasser ce qui restait de l'ADQ, et non à cause du flou sur la question référendaire.

Quant à Québec solidaire, si les valeurs sont belles, humanistes, socialistes, et nous permettraient de tendre vers une plus grande redistribution de la richesse, leur absence totale de pragmatisme et leur refus de mettre de l'eau dans le vin de leurs convictions condamnent ce parti à rester dans la marge du Plateau Mont-Royal. Je m'épargne les autres, pour des raisons évidentes.

Bref, M. Leduc, si je suis bien d'accord avec vous sur le fait que les fédéralistes de gauche sont des orphelins politiques, en regardant la liste ci-haut, je me sens orphelin en ta...

M. Leduc, tous ces partis ne me conviennent pas.

J'ai eu beau m'intégrer au PQ à une étape de ma vie, essayer de me rapprocher de QS, rien n'y fait. J'avais même trouvé l'idée de François Legault intéressante, lors de la fondation de la CAQ, avec son moratoire de 10 ans sur la question nationale, pour que les forces progressistes cessent d'être muselées par ce que je considère actuellement comme un «faux débat». Par contre, dès qu'ils ont fusionné avec les restes adéquistes, j'ai vomi et changé de poste. Et plus le temps avance, plus je constate une chose : à l'heure actuelle, je n'ai rien à cirer de l'indépendance du Québec. Par contre, je souhaite ardemment et suis prêt à m'impliquer activement pour un bon gouvernement qui s'occupe de tout le monde. Et ce bon gouvernement, tant que notre mode de scrutin ne changera pas et continuera à favoriser ces mêmes libéraux qui nous tondent d'un côté et nous sourient de l'autre, n'est qu'une vague chimère.

M. Leduc, lorsque j'ai appris l'existence des «Orphelins politiques», je me suis dit que ce mouvement était intéressant. Ce qu'il reste à voir, c'est où il va s'en aller, qui il intéressera, et pourquoi. Il n'y a aucune obligation à le transformer en parti politique distinct, ni à le fusionner avec un parti existant. Et de grâce, cessez de faire comme les journalistes et de seriner à droite et à gauche avec votre prise de position obligatoire sur la souveraineté ; on s'en fout, ce n'est pas dans les plans à court ni à moyen terme. C'est surtout une arme des libéraux pour rester au pouvoir. Faudrait arrêter de leur donner des munitions trop faciles avec un sujet qui n'est pas d'actualité...

Et si ce mouvement, qui deviendra parti ou pas, regroupant des souverainistes, des fédéralistes, des gens de droite, de gauche, du centre, des écologistes et des entrepreneurs, ne faisait que s'engager à faire la promotion d'une chose, une seule, pour changer tout ça, et bien je saute dans le train sans hésiter. S'ils font de la réforme de ce mode de scrutin archaïque et dépassé leur cheval de bataille, j'embarque. Pour le reste, ils se disent «progressistes et démocrates». Je n'en demande pas plus...

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