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Le PLQ va (beaucoup) trop loin... et on ne doit pas les laisser faire!!

05/11/2014 10:49 EST | Actualisé 05/01/2015 05:12 EST

Je suis désolé. Sincèrement. J'avais la ferme intention, cette fois, de ne pas écrire (encore) sur les coupures effectuées partout, toutes croches et telles un éléphant dans un magasin de porcelaine, par le Parti libéral du Québec. Je comptais écrire un article sur un sujet que je considère essentiel pour l'avenir du Québec, l'Affaire Villanueva et ses suites, où comment allons-nous devenir une réelle société multiculturelle où les gens se côtoient, se respectent et s'apprécient dans le respect des lois existantes. Les leçons à tirer de cette histoire mal gérée seront cruciales pour l'avenir du Québec. Mais j'y reviendrai. Là, il y a (encore) urgence en la matière...

« Après des compressions déjà douloureuses cette année, Québec a demandé aux directions régionales de santé publique de se départir de près d'un employé sur trois pour le 1er avril prochain. C'est tout le volet prévention qui est en péril. » (La santé publique menacée) Les Libéraux demandent des coupures de 30% dans le personnel des directions de santé publique à travers la province. Si vous ne savez pas ce que font les directions de santé publique et les gens qui y travaillent, en voici quelques exemples parmi tant d'autres : abandon du tabac, prévention de l'alcoolisme, du VIH et des maladies chroniques, promotion de l'allaitement maternel, rester en forme après 50 ans, etc. Mais surtout, elles sont responsables de la recherche scientifique sur la santé publique des citoyens, et selon les résultats de ces recherches, elles sont en mesure d'intervenir dans le débat public sur des dossiers litigieux pour éclairer la population sur les impacts potentiels de ces projets sur la santé générale.

Mais voilà justement où la santé publique dérange les bonzes libéraux : « Des interventions sur l'amiante, le casino virtuel, l'échangeur Turcot, allaient à l'encontre des intérêts des gens qui appuient le Parti libéral. Je pense sincèrement qu'il y a un lien, et que ce n'est pas simplement Gaétan Barrette » qui est derrière ces coupes, croit le Dr Bonnier-Viger. » (La santé publique menacée) Cette assertion, en provenance du docteur Bonnier-Viger, candidat de Québec solidaire défait dans Lévis, peut probablement être relativisée étant donnée l'allégeance politique de son auteur. Néanmoins, lorsque regarde certains dossiers émanant d'autres ministères ainsi que la gestion libérale du dossier, force est d'admettre que les évaluations objectives, qu'elles soient environnementales ou de santé publique, font grincer des dents à Québec. Il n'y a qu'à se rappeler des déclarations du ministre de l'Environnement David Heurtel, pour comprendre que si ça peut bloquer un projet jugé rentable par les Libéraux, ça ne doit pas exister (vous vous rappelez, le forage autorisé par le gouvernement en plein dans une pouponnière de bélugas?) Et bien, les Libéraux semblent vouloir donner le même sens aux interventions de la santé publique qu'aux évaluations du Ministère de l'Environnement. On le commande parce que c'est demandé et que ça paraît mieux, mais vous nous dites ce qu'on veut entendre...

Messieurs les libéraux, encore une fois, je me dois de vous corriger, puisque vous semblez tenir plus du cancre d'école que du jeune premier. La santé publique n'est pas l'outil du gouvernement, mais celui de la population. Elle est impartiale, objective, neutre et se base sur des faits avérés, prouvés et généralement observables. Des quantités incroyables de recherches sur tous les aspects de la santé de la population du Québec ont été produites sous sa gouverne, et lorsqu'elle intervient dans le débat public, c'est parce qu'il y a un risque important que le projet/dossier/sujet/peu importe ait des impacts négatifs importants sur la santé générale des Québécois(e)s, comme, justement, dans le cas de l'amiante. Ben oui, on a plein d'amiante au Québec, et on pourrait faire de l'argent avec ça, créer des emplois (pas durables, mais tout de même.) Mais voilà, l'amiante, c'est extrêmement néfaste pour les gens qui s'y exposent :

« Plusieurs instances, par exemple le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'Occupationnal Safety and Health Administration (OSHA) et le National Toxicolgy Program (NTP), s'entendent sur le fait que tous les types d'amiante causent plusieurs types de cancers (cancer pulmonaire, mésothéliome de la plèvre et mésothéliome du péritoine). En 2009, le CIRC a ajouté à cette liste les cancers du larynx et des ovaires, tout en maintenant les liens établis pour les autres maladies depuis 1978. Nous sommes dons face à une substance qui, en plus de causer des maladies chroniques des poumons, telle l'amiantose, provoque aussi des cancers. »

Si vous regardez bien qui a écrit cela, c'est l'Institut national de santé publique, l'INSPQ, un phare en ce qui a trait à la recherche scientifique au Québec et qui, logiquement selon la dernière annonce, devrait être amputé de 30% de ses capacités. Car bien sûr, ils ne font rien, couper 1 membre sur 3 du personnel n'affectera pas la recherche scientifique, etc. Il est évident que l'INSPQ et les directions régionales de santé publique qui osent contester la sagesse millénaire des Libéraux sur la place publique sont des gauchistes finis, un ramassis de marxistes-léninistes dont le but ultime est la fin de la compétitivité québécoise sur le marché international, et qui donc doivent être matés avant de jouer les empêcheurs de profiter en rond...

Trêve de plaisanteries : ce qui vient d'être annoncer est extrêmement inquiétant, possiblement plus encore que tous le reste. C'est un message qui semble très clair : Vous êtes avec nous et vous opinez du chef lorsqu'on vous le demande, ou vous êtes contre nous, et on va vous shot down in flames, comme dirait AC/DC. Et si vous ne l'aviez pas encore remarqué, c'est encore la prévention qui est touchée ici. Voici un tableau extrêmement intéressant publié à même l'article du Devoir exposant les retombées, pour un dollar investi, dans certaines sphères de recherche et d'action de la santé publique :

Développement de la petite enfance : 2 à 16 $

Promotion des saines habitudes de vie : 3 $

Promotion de la santé en milieu de travail : 2,75 à 4 $

Prévention de l'alcoolisme : 4 à 5 $

Port du casque obligatoire à vélo : 30 $

Détection et traitement précoces de la chlamydia et de la gonorrhée : 12 $

Prévention du VIH : 51 $

Éducation à la protection contre les rayons UV : 2 à 4 $

Source: revue de la littérature scientifique, direction générale de la santé publique, MSSS, septembre 2014.

Et après, on veut nous faire croire que l'on coupe pour économiser des millions? Arrêtez de nous faire marcher, les Rouges. On va économiser quelques millions à court terme, et en perdre des centaines à moyen long terme puisque l'état de santé de la population va se dégrader. Encore une fois, je ne lâcherai pas le morceau, ce n'est pas économique, ça n'a aucun lien avec les finances du Québec, c'est I-D-É-O-L-O-G-I-Q-U-E. Et c'est mensonger. La plupart de vos tentatives d'économies seront des fardeaux pour les générations futures. En plus, jamais vous n'avez parlé de tout ça en campagne électorale.

Je commence à penser à partir une pétition pour demander la démission du premier ministre Philippe Couillard, qui comme son prédécesseur Jean Charest, s'attaque au modèle québécois de façon éhontée, par la bande, pour nourrir ses alliés politiques. Vous en pensez quoi???

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