Au fil des ans, le Québec a acquis la réputation d'être hostile aux entreprises en raison de la promulgation constante de politiques anti-entreprises. En conséquence, Montréal a connu un déclin en tant que pôle d'attraction pour les sièges sociaux des grandes entreprises. Une concentration amoindrie d'importants sièges sociaux entraîne la perte de nombreux avantages économiques pour la ville.
Les villes hôtes d'une grande concentration d'importants sièges sociaux jouissent de nombreux avantages. L'économie locale bénéficie d'une augmentation des emplois bien rémunérés. Elle bénéficie aussi des retombées positives de l'attraction de professionnels -- comme les avocats, les comptables ou les consultants -- ainsi que d'autres services dont profitent les entreprises. De plus, les emplois bien rémunérés ont le potentiel d'accroître les recettes publiques, contribuant ainsi au financement de programmes publics essentiels.
On peut dresser un tableau du déclin des sièges sociaux de grandes sociétés à Montréal en se basant simplement sur leur nombre total: des 500 premières entreprises canadiennes, soit celles qui génèrent le plus de recettes brutes, 96 avaient leur siège à Montréal en 1990, alors qu'en 2011 (dernière année pour laquelle des données sont disponibles), on n'en dénombrait plus que 75, ce qui représente un déclin de 21,9 %. La part montréalaise de ces importants sièges sociaux a ainsi chuté de 19,2 % en 1990 à 15 % en 2011.
On peut aussi ajuster les chiffres en fonction de la population. Cette méthode permet de connaître la concentration de sièges sociaux dans une ville donnée et offre un meilleur aperçu des retombées qu'on peut en espérer pour l'économie locale. Ajustée en fonction de la population, la part des 500 premières entreprises canadiennes qui avaient leur siège à Montréal en 1990 était de 2,9 par 100 000 habitants. Et au cours des 21 années subséquentes, cette concentration a chuté de 31,0 %, pour atteindre 2,0 par 100 000 habitants en 2011.
Les chiffres précédents pourraient refléter différents états de fait, incluant l'exode d'entreprises ou une diminution du volume d'affaires d'entreprises sises à Montréal entraînant leur retrait de la liste des 500 premières entreprises. Dans un cas comme dans l'autre, ces chiffres démontrent que le statut de plaque tournante du Montréal des affaires est en déclin.
Le déclin du Montréal des affaires a coïncidé avec la détérioration du climat des affaires résultant de politiques provinciales adverses. Dans un rapport intitulé Canadian Provincial Investment Climate, l'Institut Fraser a périodiquement mesuré le climat des affaires en se basant sur des enquêtes menées auprès de gestionnaires de fonds influents invités à indiquer les politiques et autres facteurs qu'ils jugeaient importants pour l'établissement et le maintien d'un climat propice à l'investissement. Cette recherche a révélé que le Québec accuse un recul par rapport à la plupart des autres provinces. Dans l'édition de 2010 du rapport, le Québec se classait ainsi au septième rang, sur dix.
Les gestionnaires de fonds consultés ont indiqué que la prudence financière des gouvernements, le fardeau réglementaire général (incluant paperasserie et autres contraintes administratives), la réglementation du marché du travail et les infrastructures de transport jouent un rôle important dans leurs décisions en matière d'investissement. Ils ont toutefois souligné que l'impôt sur le revenu des sociétés ainsi que l'impôt sur le revenu des particuliers constituent des facteurs particulièrement déterminants. Lorsque nous considérons le régime d'imposition québécois, nous pouvons mieux comprendre l'origine du déclin du Montréal des affaires.
Au Québec, le taux d'imposition sur le revenu des sociétés est actuellement de 11,9 %, dépassant les taux des principaux gouvernements provinciaux qui font concurrence à Montréal pour accueillir les sièges sociaux d'entreprises canadiennes : Calgary (10,0 %), Vancouver (10,0 %), et Toronto (11,5 %). Au cours des dernières années, alors que le gouvernement québécois rendait Montréal moins concurrentielle en haussant l'impôt sur le revenu des sociétés, les gouvernements provinciaux des villes concurrentes le réduisaient afin de rendre leurs climats d'affaires respectifs plus favorables à l'investissement et à l'activité économique.
Au Québec, les taux élevés d'impôt sur le revenu des particuliers ont également contribué au recul concurrentiel de Montréal à titre d'emplacement de choix pour l'établissement de sièges sociaux. En 2012, les Montréalais qui ont perçu les revenus les plus élevés ont dû payer un taux combiné d'impôts fédéral et provincial s'élevant à 48,22 %. Ce qui, encore une fois, se compare défavorablement avec les taux combinés en vigueur à Calgary (39,00 %), à Vancouver (43,70 %), et même à Toronto (47,97 %). Le lourd fardeau fiscal des Québécois ayant des revenus élevés désavantage les entreprises soucieuses d'attirer et de retenir des travailleurs compétents. De plus, cet important fardeau fiscal les rend plus hésitantes à établir leurs sièges sociaux dans la province.
Ce désavantage ne pourra que s'accentuer cette année, puisque le Québec haussera le taux le plus élevé d'imposition de 1,75 point de pourcentage. Et, tout aussi troublant, ce nouveau taux plus élevé s'appliquera au revenu relativement bas de 100 000 $. Ce bas seuil affectera de nombreux professionnels qualifiés et viendra s'ajouter aux difficultés que les entreprises québécoises doivent déjà surmonter pour attirer et retenir des travailleurs.
Le gouvernement du Québec devrait prendre au sérieux l'impact qu'aura, à long terme, le déclin de Montréal en tant que pôle économique majeur. La hausse constante de l'impôt sur le revenu des sociétés et des particuliers a rendu le climat des affaires de Montréal non concurrentiel, comparé à celui des autres grandes villes canadiennes. Rendre le régime fiscal plus concurrentiel marquerait une étape importante vers la reprise et le maintien de la position enviable de Montréal parmi les grands centres d'affaires canadiens.
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.. et ça vient nous faire la leçon.
- Baissons le taux d'imposition des entreprises
- simplifions leur fiscalité pour qu'elles ne puissent échapper à leur devoir (ESSENTIEL)
- et augmentons l'impôt des «fiscalement riches» à 57% (c'était plus que ça à l'époque d'expansion de la Suède).
Quelle farce !
Prenons l'exemple des subventions aux pétrolières qui gonflent le nombre de sièges sociaux en Alberta et ceci à même les revenus des impôts prélevés par le fédéral.
Ce qui vient court-cicuiter toute mesure fiscale provinciale ou municipale
- Dette du Haut-Canada
- deux voies ferrées et une autoroute transnationales
- subventions aux producteurs de blé de l'Ouest
- développement de l'industrie des sables bitumineux (60 milliards depuis 1979 et deux milliards et demi par année aujourd'hui)
- développement de l'industrie de l'auto
- développement du nucléaire
- développement de l'industrie du charbon
- Voie Maritime du St-Laurent
- contrats militaires
- sauvetage financier des banques anglos
etc.
Ceci est la réponse aux transferts des sièges sociaux vers l'Alberta.
On peut lui donner d'autres exemples.
Si j'avais été son professeur de finances, je lui aurais remis sa copie pour la recommencer parce qu'elle manque de rigueur et pue la propagande
«L'Institut Fraser, fondé en 1974, est un groupe de recherche néoconservateur canadien»
Bonyeu qu'y en a des instituts de propagande de droite.
Qui paie pour ça? Les clients des compagnies, les cies qui ne paient pas d'impôt, en plus des paumés qui défendent gratos les riches.
Monsieur Lamman, votre analyse est d'une superficialité qui tient presque du simple préjugé. Toute mesure sociale pour vous et les habitants de votre planète est-elle une "mesure anti-entreprise"?
--> Le Québec a une des fiscalités les plus hospitalières pour les entreprises. Des indices sérieux ont montré que Montréal se plaçait plutôt bien comme ville d'attrait pour les affaires. Dites plutôt que la «réputation» provient de groupes de pression tels que le vôtre ou l'IEDM, de chroniqueurs et d'animateurs radio qui font du dénigrement par partisanerie.
«tableau du déclin des sièges sociaux de grandes sociétés à Montréal en se basant simplement sur leur nombre total»
--> entre 1990 et aujourd'hui, bien des choses se sont passées et le centre de gravité économique s'est déplacé vers l'Ouest non seulement au Canada mais dans toutes l'Amérique du nord. S'il y a une part du déclin des grands sièges sociaux à Montréal qui est due aux politiques du Québec, il faudrait commencer par voir le protocole qui peut permettre d'en estimer la teneur.
«Dans un cas comme dans l'autre, ces chiffres démontrent que le statut de plaque tournante du Montréal des affaires est en déclin.»
--> On dirait que vous parlez davantage de déclin relatif que de déclin absolu. Il serait intéressant de savoir. Si le voisin surperforme en raison de facteurs extérieurs à notre contrôle (ex: proximité de méga-marchés émergeants, développement débridé et subventionné de ressources fossiles), il serait hâtif (ou malhonnête?) d'en porter le blâme sur nos propres politiques.
Monsieur Wallman ne fait que nous taper dessus comme si tout ça était de notre faute..
Qui était au pouvoir à Québec? Un gauchiste? Charest et ses sbires des gauchistes?
Non tous des experts en collusion et corruption. Deux maux qui font plus tort à une ville, à un pays que tous les gauchistes que nous pourrions avoir.
du mythe à la réalité.
Analyse socio-‐économique de 2009 à 2011 des plus grandes entreprises canadiennes.
www.unites.uqam.ca/cese/pdf/rec_12_impot_entreprises_cnd.pdf
Étant donné que des études de ce genre sont disponibles et facilement accessibles sur le web, il serait peut-être bon pour vous et vos semblables de corriger le tir et de cesser de nous prendre pour des valises.
Le but de ces multiples instituts est de nous noyer sous la propagande dans l'espoir que de guerre lasse on ne répondra plus.
Le silence pourra passer comme un consentement tacite.