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Les défis des partis fédéraux

08/09/2015 10:16 EDT | Actualisé 08/09/2016 05:12 EDT

Maintenant que l'automne s'installe petit à petit, les gens commencent à suivre les élections fédérales, qui sont jusqu'à maintenant, soyons francs, soporifiques. En route vers le scrutin du 19 octobre, voici donc un bref portrait des partis et de leurs priorités s'ils veulent convaincre les Canadiens.

Parti conservateur : l'usure

Le plus grand défi pour le gouvernement sortant sera de prouver à l'électorat qu'il est le meilleur pour faire face aux perturbations économiques. Même s'il a su gérer adéquatement les finances publiques et baisser le fardeau fiscal au cours des années précédentes, c'est souvent ce qui se passe en fin de mandat qui fait pencher la balance. La «récession technique» arrive au mauvais moment. Et il faut dire que les promesses n'ont rien d'étincelant jusqu'à maintenant.

De plus, le scandale des dépenses des sénateurs et la ferme opposition des centrales syndicales n'ont rien pour les aider. La politique étrangère est aussi vertement critiquée.

Un gouvernement minoritaire serait plus qu'espéré. Seule une division de la gauche peut lui permettre de se faufiler.

NPD : consolider la tendance

L'opposition officielle est généralement le parti qui incarne le changement. Le NPD n'y fait pas exception. Il est en très bonne posture en Colombie-Britannique et il pourrait faire quelques gains en Alberta et dans les Prairies.

Quant au Québec, si tout se passe bien, le parti de Thomas Mulcair pourrait y faire main rase. On parlerait d'un tsunami orange.

Par contre, une donnée doit préoccuper les stratèges: il parvient difficilement à s'imposer en Ontario, qui représente plus du tiers des sièges. Au mieux, les sondages l'ont montré à égalité avec les autres partis principaux.

Un autre défi de taille: il est difficile de franchir la ligne d'arrivée quand on amorce des élections en tête des intentions de vote. Surtout si c'est un marathon.

Parti libéral : se faufiler au centre

Il y a 10 ans, le Parti libéral aurait été seul dans la course pour renverser le gouvernement Harper. Or, la situation est toute autre avec la force du NPD.

Justin Trudeau doit se démarquer en recentrant son discours. Ainsi, il ira chercher les électeurs qui craignent des budgets déficitaires et une hausse de taxes.

L'utilisation à profusion de l'expression «classe moyenne» et les promesses d'investissements dans les infrastructures sont à peu près ce qui a filtré jusqu'à maintenant des promesses.

Le Parti libéral doit concentrer ses efforts sur l'Ontario et faire quelques gains au Québec. Ces deux provinces du centre du Canada lui ont permis de se maintenir longtemps au pouvoir.

Bloc québécois : la survie

Le défi de Gilles Duceppe est assez simple: éviter la disparition et un deuxième échec lamentable. Il faut quand même souligner son courage de revenir en politique alors qu'il s'en va à l'abattoir. S'il ne récolte pas 20% du suffrage au Québec, le Bloc pourrait se faire rayer de la carte.

Contrairement aux élections précédentes, le chef ne peut pas avancer l'argument qu'il peut bloquer le gouvernement conservateur, car le NPD est mieux placé que lui pour le renverser. De plus, les positions des deux partis de gauche sont presque une copie carbone, sauf dans le cas du pipeline Énergie-Est de Transcanada.

Parti vert : une progression

Le Parti vert espère ravir un deuxième siège en Colombie-Britannique, où il frôle les 10% dans les intentions de vote. Certains rêvent même à trois représentants du parti à la Chambre des communes. Toutefois, la force du NPD dans cette province peut lui tirer dans le pied. Dans les autres provinces, ce parti est presque inexistant.

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