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Pourquoi ne pas abolir l'Assemblée législative de la Saskatchewan?

12/07/2013 06:00 EDT | Actualisé 11/09/2013 05:12 EDT

J'ai récemment appris que, à la suite du scandale des dépenses des sénateurs, le premier ministre de la Saskatchewan, M. Brad Wall, soutient le mouvement pour l'abolition du Sénat. Il affirme qu'une « réforme servant à créer un Sénat élu, efficace et égal... ne va jamais aboutir » (Saskatchewan Party News, 8 Juillet 2013). Par conséquent, il croit que le Sénat doit être aboli. En outre, le premier ministre Wall dit que le Sénat « n'a pas la crédibilité qu'il devrait avoir » (The StarPhoenix, 9 Juillet 2013). Je dois admettre que je trouve ces déclarations assez ironiques de sa part.

Dois-je rappeler au premier ministre Wall que le plus grand scandale politique de l'histoire de la Saskatchewan a eu lieu sous le gouvernement du premier ministre Grant Devine au sein duquel des ministres éminents avaient été accusés d'avoir fraudé les contribuables pour plus de 837 000 $ ? Ou encore dois-je rappeler le scandale plus récent montrant le premier ministre Wall lui-même dans une vidéo fâcheuse, en compagnie de Tom Lukiwski, actuel député conservateur, et d'Eric Berntson, ex-vice-premier ministre du gouvernement Devine et sénateur déchu, qui, tous trois, se moquent de l'ancien premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow, avec un accent ukrainien.

Si le premier ministre Wall croit réellement qu'il est nécessaire d'abolir le Sénat en raison du récent scandale impliquant seulement quelques sénateurs - dont la majorité a été nommée sur les conseils de son ami le premier ministre Stephen Harper - peut-être devrait-il emboîter le pas et suivre la même logique avec sa propre assemblée législative.

Je me dois également d'informer le premier ministre Wall sur la fonction du Sénat au Parlement puisqu'il semble avoir un malentendu lorsqu'il affirme que l'objet initial du Sénat est de « représenter les régions et les provinces » (Saskatchewan Party News, 8 Juillet 2013). Le Sénat joue historiquement quatre rôles, tous complémentaires et essentiels pour les fonctions de la Chambre des communes. En effet, le Sénat a un rôle de révision de la législation, un rôle d'enquête, un rôle de représentation régional et un rôle de protection des langues et des minorités.

Comme exemple récent du rôle du Sénat je peux évoquer l'étude du projet de loi C-377, Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu (exigences applicables aux organisations du travail). En tant que vice-présidente du comité où ce projet de loi a été renvoyé pour examen, je peux dire avec confiance que le Sénat a consacré beaucoup de temps et d'efforts à cette étude. Contrairement au comité permanent des finances de la Chambre des communes qui n'a consacré que trois séances au projet de loi C-377 et n'a seulement entendu qu'une poignée de témoins, le comité sénatorial permanent des Banques et du commerce a, lui, entendu pas moins de 44 témoins au cours de sept sessions. Sans l'intervention de la Chambre haute, ce projet de loi anticonstitutionnel et inique aurait aisément été entériné par la Chambre des communes en raison de la majorité conservatrice. En l'amendant, le Sénat a ainsi rempli son rôle fondamental de fournir un second examen objectif du projet de loi C-377.