Cedric Lizotte

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Le Sri Lanka se fait une beauté

Publication: 04/04/2013 14:37

Le Sri Lanka est un pays où, il y a encore trois ans à peine, les touristes étaient accueillis par des soldats et des policiers, kalachnikovs bien en vue, à l'aéroport, un peu partout dans Colombo, et à plusieurs checkpoints parsemés sur l'île. C'est un endroit où les troubles étaient, jusqu'en 2010, constamment imminents et pouvaient surprendre et piéger des innocents.

Il s'agit d'une région, comme la majorité des pays de cette partie du globe - l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Népal, les Émirats arabes unis, Oman - qui ont été très troublés par le passé. Cependant, au Sri Lanka au moins, ce temps semble bien révolu.

Colombo

À Colombo, le Galle Face Hotel, « plus ancien hôtel à l'est du Suez », comme le clame la direction, se dresse au sud du Galle Face, ce parc faisant face à l'océan indien. Le luxe côtoie les touristes et les habitants de Colombo: à l'hôtel, des gardes habillés en uniformes venant d'une autre époque et des majestueuses salles de bal entourent une terrasse en bord de mer; plus loin dans le parc, de jeunes sportifs jouent au cricket sur la plage; des touristes indiens et arabes prennent une marche et mangent une crème glacée; des gens moins fortunés venant des campagnes avoisinantes tentent d'attirer les touristes avec des chimpanzés ou des serpents domestiqués.

Encore une fois - et c'est un thème récurrent dans cette chronique - les gens qui se trouvent dans les quartiers ouvriers donnent le vrai pouls de cette ville. Dans un quartier près du port, dans un petit bar, au milieu de l'après-midi, quelques hommes sont attablés avec une bière et regardent l'écran d'une télé qui fait environ douze pouces. Un film de Bollywood sous-titré passe à la télé et le barman, assis derrière une cage de fer forgé, affiche un immense sourire lorsqu'on commande deux grosses bières.

Cet enthousiasme semble contagieux lorsqu'on trouve, au bout d'une petite ruelle, un restaurant où les gens - tous des hommes ici aussi - mangent du riz avec différents currys, des samossas aux patates et au manioc et des petites crêpes de riz avec un œuf cuit au milieu. Tous sont heureux de nous voir, nous demandent de prendre des photos avec eux et disent espérer nous revoir bientôt.

Dans un coin plus pauvre de la métropole, dans une ruelle, les gens qui travaillent dans des boucheries à ciel ouvert et sans réfrigération nous exhortent de venir jaser avec eux, les rencontrer. « Nous ne sommes pas hindous, nous avons du bœuf à vendre », m'affirme fièrement l'un d'eux.

Le billet de Cédric Lizotte se poursuit après la galerie

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Galle

Si Colombo est une métropole dans tous les sens du terme, Galle, elle, est une petite ville qui attire les touristes de partout dans le monde.

De Colombo, la manière la plus agréable de s'y rendre, c'est en train. La gare de Colombo a été construite par l'ancienne puissance coloniale, l'Angleterre, en 1917, et semble ne pas avoir été rénovée depuis. Malgré sa désuétude, elle est absolument charmante. Le chemin de fer longe la côte de l'île et les vues sur l'océan sont imprenables. La brise marine constante vient contrer la chaleur et le train pourtant ancien devient surprenamment confortable.

Une fois arrivé à Galle, une ségrégation complète entre touristes et habitants locaux s'observe : à l'extérieur du fort vers le nord, « la vraie vie »; à l'intérieur du fort, les touristes. Un peu comme à Kochi, en Inde, dans le fort, des cafés à l'occidentale qui vendent de la bouffe douteuse à des prix astronomiques côtoient des maisons d'hôte, des buildings ancestraux magnifiques et des magasins d'«artisanat» fait en Chine. Et dès qu'on sort du fort, on se retrouve vraiment dans le pays, avec les gens qui y habitent depuis leur naissance. La comparaison avec Kochi ne s'arrête d'ailleurs pas là: dans les années 1600 et 1700, les deux forts ont été contrôlés par la Hollande, autre ancienne puissance coloniale.

Et encore une fois, dès qu'on sort de l'enclave réservée aux blancs, on se retrouve attaqués de toutes parts par un enthousiasme merveilleusement enivrant: les enfants accourent pour nous saluer et essayer de parler anglais; le marché propose des fruits et légumes qui nous sont totalement inconnus; les pêcheurs offrent leur prise du jour tout près de leurs bateaux, amarrés directement sur la plage; sur la côte à l'extérieur de la ville, les paysages donnant sur l'océan sont à couper le souffle.

Si le Sri Lanka a de la difficulté à se libérer de cette mauvaise réputation de pays troublé, ce n'est qu'à cause des médias traditionnels qui refusent toujours de souligner sa beauté nouvellement retrouvée.

 

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