Cedric Lizotte

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Cuba commence où Varadero finit (la suite)

Publication: 30/01/2013 15:50

Pour se débarrasser de nos motos et parcourir La Havane à pied, le meilleur endroit, c'est le Capitole. Une fois stationnés, nous plongeons immédiatement dans le tumulte de la grande ville.

Ce billet est la suite d'un premier texte publié par Cédric Lizotte.

Bien que la majorité de la ville ait été construite en suivant les guides de l'architecture art déco ou néobaroque, le Capitole, lui, est une immense construction néo-classique. Ironiquement, le Capitole de La Havane ressemble au Capitole de Washington.

En face du building, il y a plusieurs passants. Le soleil est déjà couché. La quantité de touristes est relativement faible. On se fait interpeller à tous les coins de rue : «¿Quépaís? Where are youfrom?» («D'où venez-vous?»)

Un prétendu étudiant en médecine nous invite à le suivre à un concert gratuit organisé par sa faculté - arnaqueur, évidemment, mais tout de même sympathique.

Barrio Chino

On pénètre, avec notre nouvel amigo, dans le Barrio Chino, le quartier chinois. «C'est un quartier chinois sans Chinois!», rigole le jeune cubain.

On entre dans un bar, puis dans une petite pièce cachée des regards, où l'air climatisé fonctionne à plein régime et où l'odeur de cigarettes brunes domine. Le jeune homme fait signe à la serveuse, qui nous amène des bières, et nous demande de payer immédiatement. 11 pesos pour trois bières? C'est clairement une attrape, ne restons pas ici.

Après être parvenu, tant bien que mal, à nous défaire de l'arnaqueur, on peut enfin déambuler dans le quartier. Et celui-ci est en piètre état. Plusieurs constructions sont abandonnées, des restes de building effondré trainent parfois jusqu'au milieu de la rue. Les rues sont très obscures, il n'y a pratiquement pas de lampadaires d'allumés.

Le soir définitivement tombé, on n'y voit rien, sauf quand une voiture nous illumine avec ses phares. Plus on s'enfonce vers le sud-ouest de la ville, plus les rues sont en mauvais état. L'architecture art déco du quartier est dévastée. L'odeur omniprésente d'huile à moteur, combinée à une température de plus de 30 degrés Celsius, fait lever le cœur.

Au coin de la rue, des adolescents ont trouvé de quoi s'amuser. Une douzaine de jeunes dansent, crient, chantent en s'accompagnant avec des bâtons, des seaux de plastique et une vieille trompette. Deux vieux leur crient d'arrêter : «Cállate!» («Taisez-vous!») Ceux-ci renchérissent, en chœur, en chantant et en tournant en dérision le ton des adultes : «Cállate! Cállate! Cállate!»

Puis, du centre de la ville (Centro Habana), on bifurque vers le quartier touristique (Habana Vieja).

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La Vieille Havane

C'est l'endroit mythique où les Espagnols, puis les Anglais, ont conquis la plus grande île des Caraïbes. C'est également un des endroits les plus visités par les pirates des Caraïbes au 17e siècle.

Maintenant, c'est un des quartiers les plus charmants des Caraïbes.

Contrairement au reste de la ville, les rues sont parfaitement entretenues et les hôtels de luxe jouxtent les grandes places dans une ambiance qui rappelle l'Espagne moderne.

Il y a un groupe de musique cubaine qui joue dans chaque bar et chaque restaurant. Les touristes dansent dans les bars, et les Cubains dansent dans la rue, profitant du bruit qui enveloppe le quartier. L'ambiance festive nous fait oublier toute crainte. Bien que parfois peu reluisante, la ville de la Havane est très sécuritaire.

Après une bière, un rhum brun et quelques pas de danse avec une Russe ou une Albertaine rencontrées dans un bar, le barman nous demande: «Do you want cheap cigars?» («Voulez-vous des cigares pas chers?»)

La contrebande de cigares est très répandue. Après une ou deux journées sur l'île, on doit bien s'en être fait offrir une dizaine de fois. Bien que ces cigares portent les étiquettes et les bagues des grandes compagnies cubaines - Partagas, Romeo y Julieta, Cohiba - ils sont faux. L'extérieur est fait d'une feuille de tabac de qualité, mais ils sont remplis de retailles et de parties rejetées par les vraies compagnies. Pour cette raison, la différence de goût entre un vrai et un faux est notable.

Le Malecón

La soirée tire à sa fin. Mais avant de se trouver un hôtel pour passer la nuit, il faut passer par le Malecón. C'est la route qui longe la mer au nord et la baie à l'est. Puisqu'il fait noir, on ne voit qu'à quelques mètres devant nous. D'un côté, l'atmosphère est à la fête - c'est le quartier touristique; de l'autre côté, c'est le calme de la mer qui nous envahit.

De jeunes pêcheurs sont installés sur le bord de la route et lancent leurs lignes, espérant trouver quelque chose à manger avant d'aller se coucher. Et nous font de même.

Une petite cantine au coin de la rue est toujours ouverte. Et contrairement à ce qu'on offre aux touristes dans les stations balnéaires, on y trouve de la bouffe cubaine: riz, fèves noires, porc effiloché, poulet rôti, les tostones, ces morceaux de plantain écrasés et frits, mais on se déplace pour les fameux médianoches : jambon, porc braisé, fromage et moutarde dans un pain blanc cuit dans un grill à panini. Une dernière Cristal, et le lit nous appelle, doucement, après une longue nuit et des kilomètres, des découvertes et du soleil.

 

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