Catherine Maisonneuve

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La génération Y et le cubicule (la suite): pourquoi est-ce si compliqué?

Publication: 26/02/2013 11:45

Dans un récent article , Le Y et le cubicule, j'ai tenté de démontrer que le Y et le cubicule était un mariage quasi impossible, voire une relation houleuse, après avoir fait l'analyse du pourquoi du comment. Au delà d'une prédisposition à l'ennui et d'un gout prononcé pour l'instantanéité, sans oublier des attentes trop élevées dans toutes les sphères de sa vie, le Y se butera à plusieurs obstacles au cours de son ascension professionnelle. Tant d'obstacles qui l' empêcheront d'accéder au poste de ses rêves, au poste qu'il croyait naïvement pouvoir occuper une fois ses études terminées.

Les postes intéressants, les « gros postes » sont comblés. Et les boomers, adeptes du « job à vie », ne sont pas du genre à bouger une fois installés professionnellement. On peut donc bien attendre 10 ans avant d'accéder à ce poste... et on n'est vraiment pas seuls sur la liste d'attente.
Pour illustrer ce déséquilibre dans le milieu professionnel, l'auteur Alain Samson a publié un livre controversé intitulé « Les boomers finiront bien par crever : guide destiné aux jeunes qui devront payer les pots cassés » (Éditions Transcontinental 2005). Dans cet ouvrage, il raconte avoir donné une formation en 2009 sur la gestion du temps et des priorités à une soixantaine de fonctionnaires d'une société d'État, tous des baby-boomers et de leur avoir demandé : «Que se passe-t-il lorsque vous gérez mal votre temps au travail et que vous n'accomplissez pas vos tâches dans les délais prescrits?». Réponse de l'auditoire : «C'est sans conséquence : nous avons des postes permanents et une sécurité d'emploi en béton.»

Pourquoi donc est-ce si compliqué pour un Y de faire sa place sur le marché du travail ? Parce que nos attentes sont trop élevées dans un marché où les postes intéressants sont déjà comblés. Et ce n'est pas près de bouger. On se heurtera donc contre un mur pendant notre recherche d'emploi. Les postes disponibles nous sembleront tous « plus ou moins intéressants », mais surtout pas assez payants ni assez stimulants. Et, une fois en poste, on va trouver que ... ça ne va pas assez vite à notre goût !

Toujours selon l'auteur Alain Samson, cette instabilité du milieu professionnel aurait pu être évitée «Si les boomers avaient payé plus d'impôts, s'ils avaient accepté d'être rémunérés à la performance plutôt qu'à l'ancienneté, et si les syndicats ne s'étaient pas négocié des salaires aussi élevés et des conventions collectives aussi rigides, les nouvelles générations auraient pu intégrer le marché du travail de façon plus naturelle.»

Les Y, 27% de la population selon Statistiques Canada en 2011, (note de bas de page pour ta référence) sont majoritairement issus de parents professionnels. Ils ont étudiés, ont voyagés, ils n'aiment ni la routine, ni la hiérarchie. Ils sont exigeants et surtout conscients de leur valeur. Ils jugent les gens en fonction de leurs compétences et non de façon hiérarchique, et encore moins selon l'ancienneté. Ils n'ont pas de sentiment d'appartenance à leur milieu de travail comme les générations précédentes, et cherchent toujours « la meilleure option » possible, sans nécessairement sentir qu'ils doivent rester fidèles à une entreprise ou à une autre. Leur bonheur est ce qui compte le plus.

La réalité est donc qu'il nous faudra prendre notre mal en patience et réduire nos attentes à un niveau réaliste. Nous aurons probablement à cumuler les contrats, les emplois temporaires, à temps partiel, sous-payés, ou pour lesquels on est surqualifiés pendant plusieurs années avant d'arriver à un niveau qui nous comble. Mais, soyons réalistes, nous ne serons jamais complètement satisfaits de notre emploi... nous sommes d'éternels insatiables.

 

Suivre Catherine Maisonneuve sur Twitter: www.twitter.com/cathmaison

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Dans un récent article , Le Y et le cubicule, j'ai tenté de démontrer que le Y et le cubicule était un mariage quasi impossible, voire une relation houleuse, après avoir fait l'analyse du pourqu...
Dans un récent article , Le Y et le cubicule, j'ai tenté de démontrer que le Y et le cubicule était un mariage quasi impossible, voire une relation houleuse, après avoir fait l'analyse du pourqu...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
12:54 sur 27/02/2013
Que la génération Y soit consciente de sa valeur est une chose, que cette valeur soit avérée en est une autre. Autant je suis d'accord avec vous que certains dinosaures empêchent parfois l'avancée des choses, autant j'ai rencontré des tonnes de ces "jeunes loups" convaincus de tout savoir parce qu’on les avait "dressés" à penser qu'ils étaient la 8ème merveille du monde dans leur école du commerce et qu'ils avaient l'impression n'avoir rien à apprendre par l'expérience de la vraie vie. Je ne veux pas faire le vieux con (même si ça y ressemble pas mal :-)) mais il y aussi de la vertu à la patience et à l'ouverture d'esprit.
13:28 sur 04/03/2013
Je suis tout à fait d'accord. On a des attentes très élevées à notre arrivée sur le marché du travail et on "frappe un mur". Par contre c'est bénéfique comme "apprentissage". Il faut prendre cet article avec un grain de sel ;)
13:38 sur 04/03/2013
Tout à fait d'accord. Justement, je tente d'illustrer qu'on a souvent de trop grandes attentes envers le marché du travail et qu'on va frapper un mur ... pas nécessairement une mauvaise chose, c'est juste souvent ce qui arrive. Mais il faut prendre cet article avec un grain de sel ;)
17:10 sur 04/03/2013
Damn, en tant que français, être passé à côté de l'ironie et du second degré c'est presque une faute professionnelle :-)
Merci pour l'article très intéressant et également de prendre le temps de répondre aux commentaires :-)
11:39 sur 27/02/2013
Les boomers ont entre 50 et 75 ans. Une bonne partie d'entre eux ont déjà pris leur retraite. Il y a quelques années c'était peut être LA raison du peu de place que prennent les Y, mais c'est de moins en moins vrai. Il va falloir trouver d'autres excuses, des fois j'ai l'impression que le podium passe directement de nos parents à nos enfants...

Je trouve qu'on est pas une génération revendicatrice. On fait des efforts mais pas collectivement, juste individuellement. On est une génération silencieuse.
13:40 sur 04/03/2013
C'est vrai que c'est une excuse qui est souvent utilisée. La retraite est prise de plus en plus tard par contre ... maintenant c'est souvent à 65 ans.