Catherine Maisonneuve

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Combien ça coûte, bien manger?

Publication: 10/09/2012 16:14

Avant que vous ne me jetiez des pierres, je l'avoue d'emblée.. Je n'ai pas à me plaindre, car à travailler pour un groupe de restaurants gastronomiques à Montréal, je me retrouve plus souvent qu'autrement assise au bar de ces mêmes restos, midi et soir. Donc, non, je n'ai pas à me plaindre côté budget restos. C'est d'ailleurs probablement cette routine qui a alimenté le débat. C'est peut-être aussi à force d'entendre, encore et encore, des gens se plaindre que les restos étaient hors de prix, qu'ils aimeraient bien y aller mais que leur budget ne leur permettait pas, que j'ai choisi de me pencher sur le sujet.


Combien ça coûte, bien manger ?

C'est une question sur laquelle je choisis de m'attarder, parce que, j'ai découvert que, bien malheureusement, encore aujourd'hui, les restaurants avec chefs de renom en cuisine, qui s'efforcent de toujours offrir les produits les plus frais et une carte de vins travaillée, qui tentent jour après jour de suivre la cadence et de se dépasser en terme d'offres & de menus, sont invariablement associés au qualificatif, hors de prix. Alors qu'en pratique, ce n'est pas tout à fait vrai.

La restauration est un domaine sans pitié, et pour survivre dans cette guerre de concurrence, il faut, en plus d'offrir de la top qualité sur tous les niveaux, être abordable. Et à Montréal, plusieurs restaurateurs l'ont compris et y parviennent. Il suffit, en tant que consommateur, de savoir le reconnaître.

Voici quelques exemples de situations trop souvent rencontrées. Un ami veut une suggestion de resto pour un anniversaire. Pourquoi pas le 400 coups? Sacré meilleur restaurant en Amérique du Nord par le Magazine En Route et piloté par une équipe de professionnels de l'industrie. Sans même aller voir le site web, et consulter le menu et les prix, l'ami en question rejete l'idée: "Mais c'est hors de prix !" et finit par réserver dans une chaîne...


Petit exercice de chiffres : estimé du prix par personne pour un souper, au Houston par exemple. Beignets de crabe : 14$ en entrée, le classique contre-filet : 30$, la sauce : 4$ , accompagnement: entre 2-15$ , et les desserts : environ 8$. Vous vous retrouverez avec une facture moyenne de 62$ sans le vin.

Même exercice, aux 400 coups: entrée d'haricots du Québec : 12$, plat de Morue de l'Atlantique: 26$, Dessert de Patrice Demers : 10$. Moyenne sans le vin : 48$. Le plat le plus cher aux 400 coups coûte 30$. Bien sûr , si vous prenez une bouteille de Barolo 2005, la facture peut vite monter, mais est-ce vraiment moins cher manger dans une chaîne quand on s'est fait les bons choix de plats? Absolument pas !

Autre exemple. À la Bottega, qui est, à mon avis, la meilleure pizzeria à Montréal, on peut manger pour environ 28$ par personne avec un prix moyen de 15$ la pizza. On est au coeur de la petite Italie, le service est impeccable et les authentiques pizzas napolitaines sont faites au four à bois. À titre comparatif, le prix moyen d'une pizza chez Mikes est supérieur à celle à la Bottega.

Oui, il y a, à Montréal, des restaurants chers. Des restaurants qu'on ne s'offre que pour des occasions spéciales. Mais ils ne sont pas la norme. La très forte majorité des restaurants à Montréal offrent sensiblement la même gamme de prix ; avec des plats principaux oscillants autour d'une vingtaine de dollars. Les avantages d'une chaîne sont plutôt de pouvoir accomoder plus facilement de plus gros groupes, surtout les familles avec de jeunes enfants, de ne pas toujours nécessiter de réservation, d'être plus "casual" et d'offrir des menus pour enfants, ce que les plus petits restaurants plus gastronomiques n'offrent pas toujours . Mais côté prix, on est plus ou moins dans la même gamme, donc ce n'est pas la bonne excuse.

 
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