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Transport du pétrole de l'Alberta: le choix doit appartenir aux Québécois

28/07/2014 11:19 EDT | Actualisé 27/09/2014 05:12 EDT

Depuis le 19 juillet, les citoyens de plusieurs municipalités, dont Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Basile-le-Grand, sont témoins du passage de convois de pétrole lourd en provenance des sables bitumineux de l'Alberta le long du chemin de fer traversant la Rive-Sud. Qui plus est, ces mêmes citoyens résident au cœur du tracé du pipeline Montréal-Portland, que le projet de juridiction fédérale Enbridge compte exploiter dans le but d'acheminer le pétrole de l'Ouest jusqu'aux États-Unis. L'énorme tuyau souterrain par lequel transiteront pas moins de 300 000 barils de pétrole brut en plus de passer à moins d'une vingtaine de mètres de résidences de Sainte-Julie, sans compter les quelques pas qui le séparent de l'école secondaire du Grand-Coteau et de l'école primaire du Tourne-Vent, est situé directement sous le parc N.-P. Lapierre où s'amusent quotidiennement les enfants du quartier.

L'an dernier, la tragédie du Lac-Mégantic est venue mettre en lumières le laxisme du gouvernement fédéral en matière de régulation du transport des matières dangereuses. Cette défaillance réglementaire est notamment pointée du doigt en tant que responsable de la catastrophe, selon une étude réalisée par le Centre canadien de politiques alternatives. Cela n'est guère étonnant lorsque l'on sait qu'Ottawa investit annuellement 1,4 milliard de l'argent des contribuables dans les subventions à l'industrie pétrolière, alors qu'un famélique 13 millions de dollars est octroyé à la surveillance du transport des matières dangereuses comme le pétrole, soit près de 108 fois moins.

Dans ce contexte, peut-on faire confiance au gouvernement fédéral pour poursuivre en toute impunité le transport de pétrole en sol québécois? Aux lendemains de la tragédie de Lac-Mégantic, un moratoire comme le réclame l'organisme Alerte Pétrole Rive-Sud s'impose pourtant de toute urgence si l'on souhaite éviter de telles catastrophes dans l'avenir, particulièrement coûteuses, et ce tant aux plans humain que financier. En ce qui concerne ce dernier, rappelons qu'à ce jour, plus de 126 millions de la facture de Lac-Mégantic ont été assumés par Québec, tandis que seulement 25 millions sont venus d'Ottawa. Même si, en théorie, le montant total sera divisé à 50-50% entre Québec et Ottawa (on se rappellera que le fédéral avait trahi son engagement d'aider Québec à grande échelle lors de la crise du verglas en 1998), il devrait être assumé dans son entièreté par le gouvernement canadien puisque la sécurité ferroviaire est à 100% de compétence fédérale. De surcroît, c'est le fédéral qui est le seul responsable de la déréglementation du transport de matières dangereuses ayant eu cours dans les dernières années au Canada. En cas de nouveaux dégâts, gageons que c'est encore Québec qui devra payer pour le laxisme d'Ottawa.

Si le gouvernement fédéral s'empresse à poursuivre le transport de pétrole en sol québécois, la raison est fort simple : la croissance économique de l'Alberta et du même coup, celle du Canada, en dépend. La couleur du gouvernement à Ottawa n'y changera rien, qu'il soit conservateur, libéral ou néo-démocrate, puisqu'il devra toujours agir selon les intérêts du Canada, lesquels diffèrent toutefois de ceux du Québec. En effet, le Québec produit très peu d'énergies fossiles, l'économie québécoise misant davantage sur les énergies renouvelables, telles que l'hydroélectricité et l'éolien. Cela est sans compter les impacts potentiels d'un déversement de pétrole sur la santé des Québécois et l'état de leur environnement.

Certains avanceront que le pétrole de l'Ouest est payant pour le Québec puisqu'il bénéficierait dès lors de la richesse de l'Alberta. Après tout, qui n'a pas déjà entendu que le Québec vit « aux crochets» de l'Ouest canadien? Rien n'est pourtant plus faux. Seuls les taxes et impôts plus élevés au Québec expliquent que les Québécois puissent bénéficier de programmes sociaux plus généreux. Au contraire, malgré les transferts de péréquation, le Québec perd au change en demeurant au sein de la fédération canadienne. S'il reprenait le contrôle de tous ses leviers financiers en devenant un pays indépendant, il gagnerait annuellement plus de 2 milliards de dollars selon les calculs effectués par l'économiste Stéphane Gobeil.

Dans l'arène politique fédérale, seul le Bloc québécois s'oppose aux projets pétroliers proposés par Ottawa sans autorisation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Les députés néo-démocrates de la Rive-Sud, sous l'égide d'un chef appuyant le transport de pétrole issu des sables bitumineux en sol québécois, n'ont rien obtenu de plus que le remplacement de certains wagons de trains.

Il faut aller beaucoup plus loin. Les Québécois doivent avoir le pouvoir de décider si du pétrole albertain transitera à quelques pas de leur domicile. Seul le Bloc québécois propose aux Québécois la liberté de choix que procure un pays à soi. Si je remporte l'investiture du parti dans Montarville, comprenant les villes de Sainte-Julie, Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Basile-le-Grand et la partie est de Saint-Hubert et, ultimement, l'élection fédérale de 2015, les citoyens pourront être assurés que je travaillerai sans relâche en ce sens.

Pour m'appuyer, envoyez-moi un courriel à cette adresse: catherinefournier.bloc@gmail.com

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