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Prendre soin de soi au-delà de l'épilation

14/11/2014 09:11 EST | Actualisé 14/01/2015 05:12 EST

Prendre soin de soi, qu'est-ce que ça veut vraiment dire? Eh bien la plupart d'entre nous répondront quelque chose du genre : voir mon médecin une fois l'an, aller chez le dentiste aux 6 mois, faire de l'exercice. D'autres diront : passer chez le coiffeur, recevoir une pédicure ou encore, se faire bichonner deux heures chez l'esthéticienne. D'autres encore ne jurent que par les spas et les massages...

Ce qui me surprend, c'est de voir à quel point prendre soin de soi fait abstraction des soins psychiques, des soins de l'âme. Le bien-être issu des « soins intérieurs » est difficile d'accès pour plusieurs d'entre nous. Dommage. Parce que les résultats sont beaucoup plus durables et vivant que ceux obtenus d'une manucure!

Mais pourquoi est-ce si ardu de s'intéresser à notre propre cœur ?

D'abord parce que tout (ou presque) dans notre société actuelle nous encourage au contraire ; tout nous happe vers l'extérieur et vers le soin des apparences. Ça, c'est le premier niveau de réponse. Mais en fait, au-delà de cette réponse superficielle, au-delà des raisons et des justifications, du manque de temps, du manque d'argent, il y a la peur, et le manque d'estime et d'amitié envers soi-même.

On préfère se distraire de ce qui est là en nous que de le regarder, parce qu'on sait très bien qu'il y a là des émotions souffrantes. On croit que le fait de les ressentir va être terrible, que le malaise ne finira jamais. Mais c'est faux ! On se fait leurrer par le mental qui nous raconte n'importe quoi. Le pire, c'est qu'on croit ce que nous disent nos peurs, comme on croirait les conseils de personnes mal avisées. Malheureusement, ça ne nous mène pas loin !

C'est vrai que pendant un temps on rencontre surtout le lot de nos émotions refoulées, de nos émotions lourdes, celles qu'on se cache à soi-même depuis si longtemps et qu'on n'a surtout pas envie de visiter. Pourtant, elles sont bien là, enfouies au plus profond de nous-mêmes, énergies latentes ne demandant pas mieux que d'être exprimées. C'est un peu comme si on savait qu'on a une molaire cariée au fond de la bouche, mais comme elle n'est pas visible, on ne s'en occupe pas. La présence de cette dent abîmée se fait quand même sentir.

Aussi curieux que ça puisse nous sembler au départ, autoriser l'expression de nos émotions est soulageant. Ça fait de l'espace en nous-mêmes et ça permet à des niveaux de conscience et de perception nouveaux de surgir. Notre vue est un peu moins obstruée par nos propres difficultés.

Une analogie de ce qu'on vit en thérapie est celle du grenier sombre, rempli d'objets, dont on croit connaître les moindres recoins. Quand on y allume une lampe, on découvre que l'état des lieux n'est pas celui qu'on croyait. Avec cet éclairage nouveau, on trouve des choses qu'on avait complètement oubliées et on voit qu'il y a beaucoup plus de poussière qu'il n'y paraissait dans l'ombre. On ne bouleverse pas tout sur place, on ne fait qu'y mettre de la lumière et découvrir l'état des lieux.

Comme on s'occupe régulièrement du corps physique, on peut s'occuper régulièrement du corps psychique et, graduellement découvrir les trésors cachés dans notre grenier et faire de la place à ces vieilles émotions, gluantes et honteuses qui nous brouillent la vue.

Si on s'occupait de notre monde intérieur et de nos émotions avec autant de soins que nous le faisons pour les poils de notre corps, on pourrait alors rapidement devenir sensible à la personne que nous avons été et à celle que nous sommes devenus. C'est grâce à la rencontre des dimensions de nous-mêmes niées jusque là, que nous pouvons grandir vers le bien-être.

La bonne nouvelle, c'est que chaque heure investie dans notre monde intérieur participe au grand œuvre qu'est la construction de l'estime de soi. Tous ces instants où nous faisons de la place à ce que nous portons en nous-mêmes comptent ! Ils ne sont jamais perdus et ils contribuent à la construction de la personne heureuse que nous voulons devenir.

Ce n'est pas comme l'heure passée au gym à se faire les muscles. Pas que cette heure ne soit pas nécessaire, bien au contraire ! Mais elle est insuffisante. De posséder une belle enveloppe est une chose, sauf que si ce qui est vécu dans l'enveloppe est triste, frustré, malheureux, honteux, etc. Qu'avons-nous réellement réussi ? Surtout que, cette belle enveloppe dans laquelle nous investissons tant, vieillira et s'abîmera, quoi que nous fassions. Occupons-nous donc de ce qui peut s'embellir et durer ! Le cœur de nous-mêmes.

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