Caroline Eliacheff

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Ritaline or not ritaline

Publication: 05/06/2013 11:55

Quel est le produit dont la consommation a augmenté de 70% en 5 ans et le nombre de consommateurs de moins de 20 ans de 114%? C'est un psychostimulant qui, paradoxalement, calme les enfants hyperactifs ainsi que l'a révélé une étude du laboratoire Celtipharm portant sur les ventes des pharmacies. Nous sommes bien loin des Etats-Unis où la progression ces six dernières années est de 600%.

Est-ce un bon signe au sens où les enfants seraient mieux soignés ou un mauvais signe au sens où ce psychostimulant plus connu sous le nom de Ritaline serait trop prescrit? La réponse n'est pas simple.

Comme la majorité des troubles du comportement, il n'y a pas de marqueur biologique spécifique. Le diagnostic repose sur le consensus clinique des spécialistes qui peut varier: ce qui apparaît comme pathologique à une époque sera considéré comme normal à une autre.

Le diagnostic a la particularité d'être si facile que tout le monde peut le faire et d'ailleurs tout le monde le fait: un enfant qui ne tient pas en place, parle sans arrêt, papillonne sans jamais se fixer sur une tâche, ne passe pas inaperçu. D'autant qu'il est souvent impulsif et incapable de se concentrer. Il est en revanche beaucoup plus difficile d'appréhender la cause de cette instabilité. La progression des prescriptions médicamenteuses aux USA indique que les Américains privilégient ce que le pédopsychiatre Bernard Golse appelle "la clinique de l'instant" opposée à une "clinique de l'histoire". L'hyperactivité y est considérée comme une anomalie neurobiologique point barre.

En France, la prescription initiale de cette molécule classée comme "stupéfiant" est réservée aux services hospitaliers, précaution censée préserver des indications abusives. Les psychiatres ne sont pas divisés en deux camps irréductibles, les uns tenants d'une origine neurobiologique, les autres d'une origine psychologique car la plupart pratique encore une "clinique de l'histoire" ce qui les amène à distinguer plusieurs formes d'hyperactivité: l'instabilité peut n'être qu'un signe parmi d'autres; tantôt il s'agit d'une maladie psychiatrique ou neurologique, tantôt il s'agit d'un enfant qui n'est soumis à aucune contrainte éducative.

Ailleurs, on retrouve des perturbations importantes des interactions précoces. Mais il arrive aussi que, même en cherchant bien, on ne trouve aucune cause psychique ou environnementale ce qui évoque fortement une cause neurobiologique. Et pour compliquer le tout, facteurs psychiques et neurodéveloppementaux peuvent être intriqués et se potentialiser.

La difficulté pour le thérapeute est de n'exclure aucune hypothèse pour créer un dispositif thérapeutique adapté. La Ritaline y a une place quand elle permet à l'enfant de penser et pas seulement de se tenir tranquille. Encore faut-il que le thérapeute lui même ne s'empêche pas de penser en réduisant l'enfant à un comportement qui ne convient pas aux exigences de la société et que seul un médicament pourrait faire changer.

Retrouvez les chroniques de Caroline Eliacheff sur France Culture.

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  • 1. Rester calme : Les enfants sont nos miroirs; on s’énerve, eux aussi. Il est important d’apprendre à maîtriser ses émotions.

  • 2. Ne pas chercher la paix à tout prix : Il faut savoir dire non même si on est fatigué, occupé et qu’on n’a pas envie de gérer une crise.

  • 3. Oser être autoritaire : Il y a des limites à ne pas transgresser, et des choses non négociables.

  • 4. Ne pas envenimer les choses : Il est parfois mieux de laisser les enfants ou les ados se calmer sans renchérir pour faire retomber la tension.

  • 5. Faire des promesses que l’on peut tenir : On doit éviter les promesses, et aussi les menaces, en l’air.

  • 7. Respecter l’âge : N’ayez pas des demandes irréalistes face aux très jeunes enfants.

  • 6. Permettre, mais avec un cadre : On peut donner une permission spéciale, mais uniquement en échange d’une tâche à faire ou d’un comportement à adopter.

  • 8. Encourager : Un enfant ne se sentira jamais trop aimé, valorisé et encouragé.

  • 9. Compter : La bonne vieille technique du « 1… 2… 3… » fonctionne assez bien, en général. Il n’écoute pas? Une conséquence immédiate, mais pas trop sévère.

  • 10. Isoler : Laisser les enfants seuls dans leur chambre quelques minutes, c’est parfois la meilleure solution lorsqu’ils deviennent incontrôlables.

 
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