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Ces fêtes qui font le bonheur de tous

04/10/2014 09:26 EDT | Actualisé 04/12/2014 05:12 EST

L'Aïd Al-Adha, ou fête du sacrifice (Aïd Al-Kébir au Maghreb ou Tabaski en Afrique subsaharienne...), a lieu le 10 du mois de dhou al-hijja, le dernier mois du calendrier musulman et rappelle chaque année la soumission d'Ibrahim (Abraham dans la tradition juive) à Dieu en acceptant de sacrifier son fils Ismaïl. Allah envoie l'archange Gabriel qui substitue au dernier moment l'enfant par un mouton qui servira d'offrande sacrificielle.

Cette année, cette fête tombera le samedi 4 octobre 2014 pour une majorité de musulmans du Québec. Une partie de ceux originaires de l'Asie du sud le fêteront le dimanche 5 octobre, à cause de différences dans les méthodes d'observation de la lune.

Aïd Al-Adha est un des principaux rituels du Hajj, un des cinq piliers de l'Islam, et marque ainsi la fin de ce dernier.

Le mouton fait aussi partie des repas préparés à l'occasion d'autres fêtes religieuses, y compris la pâque juive et celle des chrétiens orthodoxes.

Côté marché de consommation, selon un sondage réalisé par MarkEthnik en 2013 et 2014, à peu près 4 ménages sur 10 sacrifient une bête à l'occasion d'Aïd Al-Adha. Ceux qui ne le font pas, évoquent des raisons logistiques de commodité (42% contre 27% en 2013) ou économiques (23% contre 18% en 2013).

Une moyenne de 8000 moutons sont vendus en encan ou directement aux consommateurs pour un prix variant de 180 à 240$. Les catégories les plus prisées à cette occasion sont celles de 90 à 120 livres. Les intermédiaires réaliseraient une marge bénéficiaire de 30 à 40%. Ainsi le prix de vente moyen au consommateur oscillera entre 300$ et 400$. Ce qui explique la perception de la cherté par les consommateurs. En effet, 66% des répondants trouvent que le prix d'achat d'un mouton est cher ou très cher contre 43% l'an dernier.

Ce marché représente une valeur marchande moyenne de 2.500.000$ en consommation directe.

Pour des raisons économiques ou diététiques, certaines familles optent pour des vaux et partagent la carcasse entre sept personnes (7% selon le sondage de 2013).

Le coût de la consommation d'autres produits alimentaires constitue une autre composante du budget de cette fête, en plus d'autres services tels que les communications, les voyages pour fêter dans le pays d'origine ou encore le transfert d'argent à des familles pauvres qui vivent ailleurs.

Il est à noter que le nombre de moutons sacrifiés n'a cessé de diminuer durant les 4 dernières années selon la Fédération des producteurs d'agneaux et moutons du Québec (FPAMQ).

Côté logistique, une vingtaine d'abattoirs sont autorisés à faire l'abatage rituel et sont sous inspection permanente des autorités compétentes telles que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ).

Dans le but de mieux organiser l'opération de sacrifice, les différentes parties prenantes, en particulier MAPAQ et FPAMQ, mènent des actions de sensibilisation et d'organisation logistique. Le nombre de plaintes et de rapports d'infraction émis par le MAPAQ ne cesse de diminuer depuis 3 ans. Néanmoins, ces actions demeurent en deçà des attentes des consommateurs musulmans et du potentiel du marché; ce qui explique l'importance de la proportion des personnes qui préfèrent envoyer l'argent dans le pays d'origine pour faire ce rituel par procuration.

En attendant des jours meilleurs, joyeuse fête à tous les musulmans du Québec.

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