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Donner au suivant, no way

Comment se fait-il que notre école publique accepte de publiciser des compagnies, des émissions et des conférenciers?

25/09/2017 11:40 EDT | Actualisé 25/09/2017 11:40 EDT
weerapatkiatdumrong via Getty Images
Faire attention aux autres, rendre service, venir en aide aux plus démunis, aux plus jeunes, aux ainés, à sa famille, aux plus pauvres, c’est une mentalité qui s’instaure, ce n’est pas quelque chose qui s’acquiert en promettant de passer à la télévision ou en s’en vantant sur Facebook.

Dernièrement, je recevais de l'école de ma fille, une feuille rose avec la photo de Chantal Lacroix, suivi d'un courriel de l'école qui disait, entre autres, ceci:

Pour débuter l'année 2017-2018, Mme Pacifique nous a lancé le défi de poser des gestes de bonté. Pour nous aider à relever son défi, nous avons inscrit l'école à la semaine de bonté, lancée par Mme Chantal Lacroix, qui se déroulera du 25 septembre au 1er octobre 2017.

Dès lundi, les jeunes seront appelés à poser de petits et de grands gestes de bonté. L'école où sera posé le plus grand nombre de bonnes actions aura droit à une journée mémorable le 16 octobre 2017 en plus d'être mise en lumière lors d'une émission Donnez au suivant qui lui sera entièrement consacrée.

En gros, on explique que sous le même système que « Les cubes Énergie de Pierre Lavoie » les élèves vont amasser des cœurs de bonté et comme pour les cubes, l'école gagnante aura un privilège.

Là, comprenez bien que je n'ai rien contre la bonté.

Par contre, je suis contre l'école qui devient un endroit ou on publicise des compagnies privées à nos enfants. Parce que sachez-le, Donnez au suivant est un concept d'émission qui passe à Canal Vie, avec Chantal Lacroix, qui elle, fait son argent avec l'émission et les conférences. Comme Pierre Lavoie le fait avec les cubes, la Fondation en moins.

Sachez que Donnez au suivant est une émission de télé, pour laquelle un diffuseur paie et pour laquelle des milliers de dollars vont à l'animatrice et au détenteur du concept.

Sachez aussi qu'il est interdit, au Québec, de faire de la publicité qui vise les enfants.

Comment se fait-il que notre école publique accepte de publiciser des compagnies, des émissions et des conférenciers?

Comment se fait-il que notre école publique accepte de publiciser des compagnies, des émissions et des conférenciers?

Vous trouvez ça normal?

Si une semaine de la bonté voulait être instaurée, pourquoi ne pas la mettre sur pied avec les gens du Ministère de L'Éducation? Pourquoi faire de la publicité auprès des enfants en leur disant que leur école va peut-être passer à la télé?

Et voulez-vous bien me dire depuis quand on motive les enfants à faire de bonnes actions pour le crier sur tous les toits?

Parce que le vrai plaisir des bonnes actions, c'est de les faire en silence.

Comme femme, comme citoyenne, comme mère, je fais plein de bonnes actions, dont je ne parle jamais. Même mes enfants ne sont pas au courant. Parce que le vrai plaisir des bonnes actions, c'est de les faire en silence.

Comme mère, j'influence mes enfants et je leur apprends à faire de bonnes actions sans s'en vanter. Pourquoi? Parce que les vraies bonnes actions, on ne s'en vante pas, on le fait par bonté et par bienveillance, par souci pour les autres. On ne le fait surtout pas pour s'en vanter, comme l'encouragent l'école et le programme Donner au suivant.

La bonté et la bienveillance sont des qualités qui vont avec l'humilité et la discrétion.

Pire, pour moi, s'en vanter annule la bonne action. On ne retire pas de « Bravo » d'une bonne action, on retire le bonheur de donner, sans rien en retour. La bonté et la bienveillance sont des qualités qui vont avec l'humilité et la discrétion.

Faire attention aux autres, rendre service, venir en aide aux plus démunis, aux plus jeunes, aux ainés, à sa famille, aux plus pauvres, c'est une mentalité qui s'instaure, ce n'est pas quelque chose qui s'acquiert en promettant de passer à la télévision ou en s'en vantant sur Facebook.

Parce que oui, on invite les parents à vanter les bonnes actions de leur enfant sur la page Facebook de Donner au suivant.

Quel genre d'enfant ferons-nous? Des enfants qui agissent bien pour s'en vanter sur les médias sociaux?

Ce n'est pas justement ce qu'on tente d'éviter avec nos jeunes, d'en faire des vantards de médias sociaux?

Ce n'est pas justement ce qu'on tente d'éviter avec nos jeunes, d'en faire des vantards de médias sociaux?

Excusez-moi, chère école, mais je vais éduquer mes enfants sans programme où on doit tenter de gagner des prix pour avoir eu un de bons comportements ou avoir fait du sport.

Parce que chez moi, quand tu es un enfant, bouger, faire attention aux autres et savoir-vivre, ça va de soi.

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