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«Si tu savais, Elvis. Le lac Saint-Jean est un vrai paradis»

27/09/2015 09:05 EDT | Actualisé 25/09/2016 05:12 EDT

28 août, 7h30. C'est l'heure de notre départ pour Roberval, la cité de Philippe Couillard. Je ne peux m'empêcher de fredonner Love Me Tender, le célèbre classique du grand Elvis. Manon, avec qui je partage le quotidien depuis mai 2007, et que j'ai épousée pour le meilleur en mai 2012, vient de terminer sa nuit au boulot. Heureux de nous retrouver en vacances, on se «love» tendrement. Il est bon de la sentir blottie au creux de mes bras dans un corps accord. Comme à chaque fois, l'affection de ma douce provoque des bulles dans ma tête. Presley aurait de quoi être jaloux.

Voyage méditatif. Manon dort paisiblement à côté de moi sur le siège du passager. Le paysage mauricien, sur la route 155, est splendide. Entre Grande-Pile et La Tuque, le long de la rivière Saint-Maurice, il est impossible de ne pas rendre grâce au créateur. On ne cesse de s'étonner de la beauté qui se présente à nos yeux. Il est vraiment beau, notre pays!

À La Tuque, lieu d'origine de Félix Leclerc, dont la famille fait partie de l'histoire de la municipalité, on arrête faire un pique-nique. On en profite pour changer de chauffeur. À mon tour de faire la sieste. Je n'ai même pas besoin d'une berceuse pour m'endormir... «Merci la vie de me permettre de vivre la merveilleuse expérience de l'existence! Tu me rends heureux!»

À 14h, après cinq petites heures en automobile, ma fille et son chien Spirrow nous accueillent. Au lac Saint-Jean, on a un sens de l'accueil hors du commun. Le plus heureux semble le poilu à quatre pattes... Il s'élance vers nous, saute dans nos bras, nous lèche partout... Une vraie fête! Marie-Hélène a des étincelles dans les yeux.

En fin d'après-midi, nous nous rendons au Carrefour Jeannois. Au centre commercial de Roberval, on trouve toujours des trucs qu'on a de la difficulté à dénicher dans les Basses-Laurentides. À chaque visite, nous repartons avec quelques achats.

Le reste de la journée est consacré aux retrouvailles, à «la jasette», au repos et à admirer le splendide lac Saint-Jean. Pour le souper, Claudia, la conjointe de Marie, se joint à nous.

De chez ma fille et ma bru, la vue sur le lac a quelque chose de céleste. C'est magnifique! Lorsque je vais être vieux, vraiment très vieux, c'est-à-dire à mon centième anniversaire, je souhaite mourir en me berçant devant cette fenêtre ouverte vers l'infini. Je comprends l'auteure française Marie-Bernadette Dupuy d'avoir choisi cette région pour faire évoluer les personnages de plusieurs de ses romans. Elle aussi a été charmée par ce coin de la planète.

Le lendemain, je me réveille à 4h10. Un silence monastique règne dans la maison. L'atmosphère nocturne est propice à la lecture et à l'écoute des nouvelles de Radio Vatican sur la fréquence saguenéenne de Radio Galilée, la radio catholique qui a pignon sur rue à Québec. Radio Vatican offre une information internationale différente et pédagogique.

Aujourd'hui, la journée est consacrée à ma belle-fille Claudia. En après-midi, nous soulignons son 28e anniversaire de naissance, arrivé officiellement deux jours plus tôt.

Pour la petite fête, nous retrouvons ses parents, ses beaux-parents, plusieurs membres de la famille et des amis. Ici, au lac, tout le monde est «ben fin» et bien agréable à jaser. Pour les gens venus de loin, ils sont parfois un peu drôle, parce qu'ici tout est toujours un peu plus grand que nature et il y a toujours bien du «là-là» dans les phrases. Même ma fille, pourtant née à l'ombre d'une cage au zoo de Granby, mais qui vit ici depuis 2007, a attrapé les couleurs du peuple jeannois.

La journée se termine devant un feu de camp au rythme de jeux, d'histoires de toutes sortes et de blagues. C'est bon, la vie ici!

D'un culte à l'autre

Le dimanche 30 septembre, en fin d'après-midi, nous nous retrouvons dans le Vieux-Québec. Nous participons à la messe de 17 heures à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Le prêtre catholique qui préside la liturgie fait un commentaire fort intéressant sur l'évangile. Ma femme, qui n'est pas très religieuse, m'en fait la remarque. Le bonhomme me rappelle le style du Saint-Père Arthur Knobloch de la Société du Verbe-Divin, dans le Granby de mon enfance.

Et puis nous mangeons en tête à tête au Café Buade, où nous arrêtons à chaque visite dans la capitale québécoise, à cause du rapport qualité-prix. Enfin, nous faisons du magasinage à la petite boutique de la cathédrale et à la Librairie Pantoute, où se trouve une grande sélection de livres sur l'histoire, mon département favori.

À 20h, nous arrivons au Capitole pour d'autres dévotions: Elvis nous attend.

Elvis Experience est un spectacle mémorable! Il y a sur scène une trentaine de musiciens et choristes. Je ne suis pas un fan de Presley comme ma douce, mais je ne peux m'empêcher de soupirer de gros «wow!»

Martin Fontaine, au cœur de cette reconstitution d'un spectacle du roi du rock 'n' roll à Las Vegas, est un phénomène rare. Il n'est pas étonnant que Priscilla Beaulieu, la veuve d'Elvis, soit tombée sous le charme du bonhomme et que le spectacle soit maintenant à l'affiche dans la grande ville des casinos.

Fontaine ne sombre pas dans la banale imitation. C'est plutôt en comédien dans la peau d'Elvis Presley qu'il se présente. Et son rôle, il le joue quasi à la perfection.

Un peu après minuit, nous arrêtons le moteur de la voiture sur le bord du quai, à Batiscan. Nous ouvrons les fenêtres. L'air du fleuve est doux. Nous fermons nos yeux. Nous nous laissons bercer par le bruit des vagues. La nuit file jusqu'au petit matin. C'est la béatitude...

L'air du fleuve est tellement apaisant qu'il me fait rêver. Je ne me souviens plus trop bien ce qui s'y passait, mais je m'entretenais avec Presley: «Si tu savais, Elvis. Le lac Saint-Jean est un vrai paradis».

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