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Le budget de l'État québécois

07/02/2016 09:25 EST | Actualisé 07/02/2017 05:12 EST

Si le gouvernement gardait le cap sur ses promesses électorales, 50% des surplus à venir iraient à des baisses d'impôts et 50% à rembourser la dette. Et puis, ce serait le début de la fin de la taxe santé qui devrait disparaître lors de l'élection de 2018.

Le premier ministre Philippe Couillard n'écarte pas l'idée de baisser les impôts des contribuables, mais il ne pense pas le faire immédiatement. Pour l'instant, il mise plutôt sur l'abolition progressive de la taxe santé à compter du 1er janvier 2017. Ce sera un premier pas pour aider la classe moyenne. Comme l'expliquait le chef libéral, cette abolition «représente un allégement fiscal important pour les Québécois». La réalisation de cet engagement privera à terme le gouvernement de recettes estimées à 1G$. C'est énorme. Afin de ne pas aggraver les finances publiques, il faut donc y aller par étapes. Ainsi, la baisse d'impôts risque d'être un cadeau préélectoral pour 2018 ou une promesse que le Parti libéral du Québec remettra dans son prochain programme.

La dette du Québec

Le problème du Québec est son endettement. On le sait, il est au sommet des provinces canadiennes.

Habituellement, la théorie économique - celle du Britannique John Maynard Keynes - veut que lorsqu'arrive un temps de récession on favorise une croissance des dépenses publiques pour stimuler l'activité économique. Et puis, lorsque ça va mieux, on engrange les surplus afin d'avoir les moyens d'intervenir lors d'un prochain ralentissement de l'économique. C'est cette logique que met en action en ce moment le gouvernement fédéral.

Cette manière de faire ne fonctionne plus au Québec. La précédente récession est terminée depuis un bon moment et le potentiel de croissance ne s'active pas. Quel est le problème? Le vieillissement de la population.

Grâce aux libéraux, nous sommes sur la bonne voie pour améliorer notre situation financière. Il faut profiter de la baisse du dollar canadien, des bas taux d'intérêt, de la diminution du prix du pétrole et de la vigueur de l'économie américaine pour mettre nos affaires en ordre.

Il faut bien entendu continuer de tenir le budget serré, c'est-à-dire compresser les dépenses publiques, stabiliser celles des programmes, réviser régulièrement la pertinence de ceux-ci et éviter les déficits. Et puis, il faut surtout s'attaquer sérieusement à la dette publique québécoise.

L'augmentation de 1% du taux d'intérêt sur les emprunts se traduit en une dépense supplémentaire de plus de 220M$ annuellement pour l'État. C'est l'équivalent du budget de fonctionnement de plusieurs services publics.

Pour ce qui est des programmes sociaux, qu'importe ce qu'en pensent plusieurs, j'estime qu'en ce moment il y en a trop. Les Québécois sont gâtés. Leur panier de services publics reste - et de loin - le plus fourni au Canada et en Amérique du Nord.

Pourquoi ne pas faire payer les plus riches? Cet argument ne tient pas la route au Québec. En 2011, à peine 4,8% des payeurs de taxes ont déclaré un revenu total de plus de 100 000$. Il n'y a donc pas tant de riches que ça par ici.

La rigueur budgétaire

Il est à espérer qu'en 2016-2017 on cesse d'avoir des déficits annuels au Québec et qu'on s'attaque sérieusement à la dette. Une dette c'est une dette de trop. Il faut vivre selon ses moyens. C'est ce que pense mon vieux père: vaut mieux ramasser du capital et tenter le plus possible de payer comptant les dépenses.

Un jour, peut être que le Fonds des générations pourra peut-être s'accompagner d'un solide solde annuel en banque, une sorte de compte d'épargne pour payer les éventualités. Je sais que mon ordinateur sera un jour obsolète. Je mets de l'argent de côté pour le remplacer lorsque ce sera le temps. On sait qu'une infrastructure devra un jour être réparée ou remplacée. Pourquoi ne pas prévoir la chose au lieu d'emprunter à chaque fois? Il faut que le Trésor québécois en vienne à avoir «un coussin financier» dans lequel il pourrait piger pour s'emprunter de l'argent à lui-même sans avoir affaire aux banquiers assoiffés par les profits.

Et puis, en poussant la réflexion un peu plus loin, l'État québécois devrait fonder sa propre banque d'État, la Banque du Québec. Le programme électoral de Québec Solidaire faisait la promotion de cela aux dernières élections. Peut-être que les libéraux pourraient récupérer cette idée.

En paroles, Philippe Couillard a déjà dit qu'une fois l'équilibre budgétaire sera acquis, il continuera à s'appliquer.

Le Bureau de révision permanente des programmes, c'est-à-dire ce qu'est devenue la Commission Robillard, est une entité à garder bien vivante. Jusqu'à maintenant ses recommandations permettront au Québec d'économiser. Un programme gouvernemental est là pour suppléer un certain temps à un problème. Par la suite, il devrait disparaître ou être transformé en autre chose.

Les perspectives économiques de 2016

Enfin, le Québec ira mieux en 2016, selon le Conference Board. Le PIB québécois devrait augmenter de 2,1%, comparativement à 1,3% en 2015. Une variation de 1% du PIB a un impact de 550M$ sur les revenus autonomes du gouvernement.

Cette augmentation placerait le Québec au 5e rang des provinces derrière la Colombie- Britannique (3,6%), le Manitoba (2,5%), l'Ontario (2,3%) et la Nouvelle-Écosse (2,3%).

Les exportations vers les États-Unis paraîtront dans l'économie. En 2014, les exportations québécoises vers notre voisin représentaient 70% de celles-ci. Elles ne font qu'augmenter depuis ce temps.

Toujours selon le Conference Board, cette vigueur des exportations passeront d'une croissance de 0,8% en 2015 en un gain de 2,9% cette année.

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