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On ne nait pas Québécois, on le devient

«Il y a 1001 façons d’être Québécois, il suffit simplement de trouver la sienne.»

26/08/2017 18:04 EDT | Actualisé 26/08/2017 18:05 EDT
oscarcalero via Getty Images

Si la loi 101 a eu un certain succès à franciser les Néo-Québécois ainsi que leur descendance, celle-ci s'est heurtée à un tout autre défi... celui de faire d'eux des individus qui s'identifient comme Québécois. Évidemment, il ne faut pas généraliser non plus, puisque bon nombre de nouveaux arrivants ainsi que leur descendance se disent Québécois. Pour en revenir à ceux qui sont réticents à se dire Québécois, il faut reconnaître que nous, les Québécois, avons nous-mêmes une part importante du blâme. Essentiellement, celle de ne pas avoir mis en place des conditions qui favorisent les nouveaux arrivants à s'identifier à la culture qui les a adoptés. Cela implique donc de repenser ce qui fait d'un Québécois un Québécois.

Repenser le fait québécois

L'image populaire, et stéréotypée surtout, du Québécois se résume à celle-ci : être blanc et parler un français du Québec sans accent. Toutefois, cela peut être facilement remis en question puisque le français québécois est lui-même un accent de la lingua franca et ce même accent connaît divers accents de région en région. Ensuite, il ne suffit pas d'avoir une telle couleur de peau pour parler une telle langue, puisque nous ne choisissons pas la couleur de notre derme... à moins d'être Michael Jackson.

L'identité québécoise est somme toute, une affaire de construit, c'est-à-dire une identité qui se développe avec le temps. Vous pourriez très bien être nés de parents québécois, mais ayant grandi en France. Vous auriez donc une mentalité française, puisque nous sommes façonnés par notre environnement, et ce, de façon inconsciente.

Je paraphrase ici un de mes professeurs que j'ai eu alors que j'étais au baccalauréat en psychologie : « On bâtit notre identité soit par imitation, soit par opposition aux autres ». Ainsi dit, faisons en sorte de mettre en place des conditions qui feront en sorte que nos futurs concitoyens québécois s'identifient comme Québécois en les imitant. Cela implique donc de s'opposer à cette pensée traditionaliste qu'un Québécois est « blanc et qu'il parle un français sans accent », mais qu'il a plutôt un parcours de vie qui a fait de lui un Québécois à sa façon.

Un dernier mot d'honneur

À vous les nouveaux arrivants, à vous les enfants de nouveaux arrivants [dont moi], envoyez promener ceux qui disent que vous n'êtes pas Québécois. Dites-leur que vous avez votre propre façon d'être Québécois. Si l'on vous demande d'où vous venez, dites-leur vos origines et comment elles ont contribué à faire de vous un Québécois.

À vous qui pensez qu'être Québécois c'est d'être « blanc et de parler un français joual sans accent » parce que si cela est votre cas, sachez que je fais le doigt d'honneur à votre façon de penser, puisque c'est cette façon de penser qui fait que plusieurs nouveaux arrivants de même que leurs enfants sont réticents à se dire Québécois. Le concept du « Québécois de souche » n'est qu'un concept subjectif qui vient en contradiction avec l'évolution. Faites le test d'ADN, et vous verrez que vos ancêtres ont parcouru toute une planète avant de s'établir ici. Ils ont commencé par l'Afrique pour se diriger vers le Moyen-Orient, ensuite vers l'Europe et l'Asie pour aboutir enfin vers l'Amérique. Aucun dieu ni aucune force n'ont magiquement fait apparaître vos ancêtres au Québec. Niez cette science tant que vous le voulez, mais elle reste véridique.

À vous les nouveaux arrivants, à vous les enfants de nouveaux arrivants [dont moi], envoyez promener ceux qui disent que vous n'êtes pas Québécois. Dites-leur que vous avez votre propre façon d'être Québécois. Si l'on vous demande d'où vous venez, dites-leur vos origines et comment elles ont contribué à faire de vous un Québécois. Dites-leur où vous vous dirigez. Demandez-leur de l'aide à devenir Québécois, puisque vous aspirez à le devenir. Ne vous faites pas avoir par cette pensée qu'être Québécois, c'est d'être « blanc et de parler joual sans accent », car en adhérant à cette vision, vous la renforcez. Opposez-vous à cette vision en adoptant une qui vous convient à vous, cela implique donc que vous soyez indépendant de celle-ci. Dites à cette vision : « Je suis Québécois à ma façon, et si cela te dérange, je te fais le doigt d'honneur, parce que je n'ai pas de leçon à recevoir de toi ».

Aux autres, ayez l'audace de présenter la culture du Québec aux nouveaux arrivants, demandez-leur ce que vous pouvez faire pour les aider à se dire Québécois. Si vous êtes un Néo-Québécois, aidez les nouveaux arrivants à devenir Québécois comme ceux qui vous ont aidé à devenir Québécois.

Être Québécois, ce ne n'est pas un concept superficiel et unique qui repose sur la couleur de la peau et de l'accent, mais d'un long parcours de vie en continu nous rendant uniques. Il y a 1001 façons d'être Québécois, il suffit simplement de trouver la sienne.

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