Ban Ki-moon

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La communauté internationale doit combler un déficit de près de 5 milliards de dollars par an

Publication: 25/04/2013 15:49

Depuis l'adoption, en 2000, par les chefs d'État et de gouvernement des Objectifs du Millénaire pour le développement, un vaste partenariat de gouvernements, d'entités des Nations Unies, d'associations philanthropiques et d'entreprises s'est constitué pour protéger des centaines de personnes du paludisme.

L'accroissement du financement international, qui s'est accompagné par un engagement politique de plus en plus marqué dans les pays endémiques, a provoqué la multiplication du nombre d'interventions préventives et ouvert l'accès à des épreuves diagnostiques et à des médicaments salvateurs, ce qui a permis d'éviter plus d'un million de décès.

L'Objectif du Millénaire consistant à arrêter et inverser la progression du paludisme se concrétise, 50 pays étant en voie de réduire d'ici à 2015 la charge de morbidité du paludisme de 75% au moins. Des difficultés majeures subsistent cependant. Le paludisme continue de prélever un très lourd tribut dans les pays les moins avancés - principalement en Afrique - et des millions de personnes n'ont toujours pas accès à des interventions vitales.

En Afrique, un enfant succombe chaque minute au paludisme. Du fait de la faiblesse des systèmes de surveillance, de nombreux cas sont insuffisamment déclarés, et les gouvernements et l'Organisation mondiale de la Santé disposent de trop peu d'informations sur les zones impaludées et l'évolution des tendances, malgré les améliorations enregistrées dans la collecte de données. L'apparition d'une résistance du parasite paludique aux médicaments et celle des moustiques aux insecticides entrave l'action de lutte contre une menace qui pèse en permanence sur les vies et la productivité.

Récemment, le financement mondial de la lutte contre le paludisme est entré dans une phase de stagnation. Malgré l'obtention de la moitié des ressources nécessaires à l'élimination presque totale du nombre de décès imputés au paludisme d'ici à 2015, date limite à laquelle l'objectif doit être atteint, il reste encore à combler un déficit de près de 3 milliards de dollars par an. Cela commence à ralentir les progrès enregistrés au niveau d'interventions majeures en faveur de la lutte contre le paludisme en Afrique et tout particulièrement la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticides de longue durée.

Pour empêcher le paludisme de ressurgir et pour continuer d'alléger les souffrances, surtout dans les 10 pays où la charge de morbidité du paludisme est la plus élevée, la communauté internationale doit fournir le financement nécessaire pour protéger tous les groupes à risque et appuyer la recherche et l'innovation en vue d'élaborer de nouveaux outils. La reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme doit être une priorité.

Le thème de la campagne mondiale de la Journée mondiale du paludisme de cette année est "Investir dans l'avenir et vaincre le paludisme". Des partenaires importants comme le partenariat Faire Reculer le paludisme, Ray Chambers, mon Envoyé Spécial pour le paludisme et les Objectifs du millénaire pour le développement liés à la santé et bien d'autres acteurs de la société civile de part le monde ont unis leurs efforts et font un travail essentiel de plaidoyer afin d'attirer l'attention sur la nécessité  critique d'augmenter les financements. Nous devons travailler à leur cote. Sans les financements nécessaires nous ne parviendrons pas à nos objectifs.

Dans cette lutte, il ne faut pas se contenter d'améliorer la santé humaine, il faut aussi accroître le bien-être social et le développement économique. J'exhorte le monde de la santé à l'échelle planétaire, y compris les dirigeants politiques dans les pays endémiques, à respecter les engagements qu'ils ont souscrits et à fournir un accès universel aux interventions visant à éradiquer le paludisme et les souffrances inutiles occasionnées par cette maladie qui peut être prévenue et traitée.

 
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