Badiona Bazin

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Quelle fin de règne!

Publication: 22/05/2012 10:35

Un Premier Ministre qui n'a pas respecté son principal engagement électoral en neuf ans de pouvoir ... et un député paniqué.

Je me souviens comme si c'était hier. Cet autre printemps québécois, celui de 2003. Je planifiais ma préretraite de la fonction publique du Québec pour embrasser ma carrière politique. C'était le printemps de la réingénierie québécoise, bruyamment annoncée par le PM Charest fraîchement élu. Il avait promis de tout révolutionner : Le système de santé, les finances publiques, l'éducation, la culture, le transport, tout.

Quatre ans plus tard, il a si mal géré sa réingénierie que l'ADQ a failli renverser le gouvernement, en remportant un nombre impressionnant de sièges à l'Assemblée nationale. Se retrouvant minoritaire à la suite des élections de 2007, il appelle à nouveau le peuple aux urnes, en décembre 2008. Reléguant la réingénierie aux oubliettes, après un constat d'échec, il demande cette fois d'avoir les deux mains sur le volant, afin d'éviter les chicanes avec les deux copilotes Pauline Marois et Mario Dumont. Car, le chemin menant vers le Nord, en vue de la réalisation du Plan est parsemé d'embûches, cahoteux, sinueux et très glissant. Il est impérieux de ne pas se laisser distraire et d'être seul chauffeur à bord.

Les Québécoises et Québécois, conciliants et généreux, ont effectivement écarté les deux autres mains du volant. Et le voilà seul. Seul au volant... faisant route vers le Nord, comme si tout allait pour le mieux dans le Sud, Madame la Marquise.

Que s'est-il passé? Le chauffeur, fatigué, s'est endormi au volant. Trop de crises, trop de scandales à gérer au Sud. Dès 2010, la cote d'impopularité du gouvernement a atteint un sommet inégalé, lorsque les premiers scandales de favoritisme, de collusion, de trafics d'influence, de corruption ont fait surface. On se souvient du duel épique, de l'épopée Charest/Bellemare, qui a coûté très cher aux contribuables québécois!

Aujourd'hui, les Québécoises et Québécois font face à un gouvernement usé qui n'est plus en contrôle de rien. Au lieu de s'en remettre au peuple, il préfère s'entêter comme il l'avait fait avant de se résigner à mettre sur pied une vraie commission d'enquête sur le crime organisé. Et qu'arrive-t-il lorsqu'on est si entêté? On lance des propos qui dépassent notre pensée. Les étudiants contestataires se sont vu offrir un emploi au nord du Nord.

Quelle fin de règne pour un gouvernement libéral qui se cherche!

Le député de Laurier-Dorion ne s'est guère mieux comporté ces derniers temps. Une simple citation d'un citoyen a suffi pour qu'il brandisse le spectre de la crise d'octobre de 1970, craignant un Printemps québécois ensanglanté qui forcerait le premier ministre à déclencher des élections.

Monsieur le Député, j'ai vécu cette crise d'octobre 1970. Et l'armée dans les rues de Montréal, je n'avais pas trouvé ça drôle. Pour ma part, je crois fermement que les Québécois et Québécoises ont la capacité, la maturité politique et économique nécessaire pour continuer à faire valoir leurs revendications de justice sociale sans recourir à la dialectique des armes.

Monsieur le Député, il y aurait lieu de ne pas céder à cette panique qui caractérise une fin de règne. Les résidants de Laurier-Dorion, tout comme le reste du Québec attendent de leurs élus, des projets de société. Une gouvernance propre, loin de la corruption. Et non de telles réminiscences qui nous ramènent à cette période sombre de l'histoire du Québec.

Soutenu par une équipe solide, aguerrie, je suis plus que jamais prêt et très déterminé à représenter les citoyens et citoyennes de Laurier-Dorion, en leur offrant mon expérience et mon dynamisme comme solution à l'immobilisme du gouvernement libéral.

 
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